17.11.2006
le tison
Les lecteursprésentaient divers symptômes, sensation d'étranglement, sueur, fièvre...Pourtant l'épidémie semblait se propager. L'article fut traduit dans toutes les langues, tous les pays étaient touchés.La parade semblait l'inculture et les analphabêtes se mirent à proliférer. Pourtant le danger n'était pas aussi grand, pour y échapper il suffisait de ne pas lire l'article en entier, le début de l'article connu, il fut facile de lui échapper en ne lisant pas le reste. La malédiction était passée.
Désormais seuls les grands kabalistes utilisaient la formule et l'histoire tomba dans l'oubli. Rénaldi avait hérité d'un don similaire, ce qu'il écrivait se réalisait. Il n'eut jamais besoin de travailler, il lui suffisait de dessiner des billets. Il fut contacté par les kabalistes qui le perfectionnèrent au sommet de son art. A l'aube d'une nouvelle vie, à la fin de sa vieillesse, il consigna son avoir sur un manuscrit qui ne fut jamais retrouvé.
Pierre regardait avec ravissement son enfant qui commençait à apprendre à écrire, ses progrès étaient foudroyants, il s'intérressait déjà à la bibliothèque de ses parents. Il avait voulu qu'on lui achète une vieille malle dans une broquante et il s'amusait à s'y cacher pour écrire. Phénaêl était la prunelle des yeux de Pierre qui l'adorait comme un dieu. En attendant sa belle-mère qui ne saurait tarder, Pierre laissa l'enfant dans sa chambre et se mit à préparer le dinner.
Pendant qu'il cuisinait il sentit un parfum de brioche depuis la chambre de Phénaël. Quand il ouvrit la porte il vit Phénaël se régaler de brioche encore toute chaude. Il fut si surpris qu'il crut que quelqu'un était rentré dans la maison à son insu mais il eut beau tout fouiller il faut avouer qu'iln'avait aucune explication au fait que son fils mange une brioche venue d'on ne sait où. Son fils répondit à sa question en montrant une feuille où il avait écrit "brioche". Pierre lui fit alors écrire "billets" et soudain tout le premier étage de la maison fut rempli de vieux tickets de train usagés. Pierre réalisa alors la portée de sa découverte.
Quelques temps après, au volant d'une belle Mercedes Pierre pavanait avec son fils Phénaël devant sa nouvelle villa tout dernier modèle. Il amenait son fils au fisc qui ne voulait pas le croire, il allait montrer l'incroyable, par delà les siècles le don s'était réalisé, Phénaël allait les éblouir! Derrière le conducteur, Phénaël se concentrait, il allait avoir besoin de toute son énergie. Ils approchaient des bureaux. Phénaël venait de créer une place de parking de toute pièce devant les yeux ébahis des passants. Il avait des carnets attachés à sa ceinture et tout ce qu'il écrivait apparaissait.
Devant les bureaucrates on lui demanda de s'assoir et de bien écouter. Il fallait écrire tout ce qu'on lui dirait.
Geangsen était le Directeur du Service il avait fait un pari sur l'enfant. Si on lui donnait n'mporte quelles lettres dans le désordre avec des chiffres, que produierait le petit? On amena donc un jeu de lettres et de chiffres qu'on mélangea avec soin. Douze lettres furent tirées avec le tiers de chiffres. L'enfant put donc les combiner à sa guise. Malheureusement devant la complexité de la tâche, il se mit à les écrire dans l'ordre où ils se présentaient:
HO2XZ5 L'ion du detronium (ce que tout le monde ignorait) DF4NO2 L'ion du vixolerium qui réagit violemment avec le detronium.
Pierre ne comprit jamais pourquoi l'entretien avait merdé parcequ'il fut le premier à mourir des concéquences de l'explosion.
L'explosion rasa tout le quartier. Le don allait encore se perdre, peut-être pour des siècles. Les gens finirent par oublier l'histoire mais il est passé dans le bon sens commun qu'il ne faut jamais écrire ce qu'on ne comprend pas.
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