28.09.2006

C'était quoi?

J'avais tellement peur des masques que je passai devant les boutiques qui en vendaient en détournant le regard. Mon enfance n'avait pas intégré les personnages des méchants et certains soir où mes parents me lisaient des histoires s'étaient terminé violemment par des crises de larmes inconsolables. Même les gargouilles des églises de France me convulsait. La peur me faisait me recroquevillier sur moi-même et perdre tous mes moyens. Sachant que les masques avaient ce pouvoir de faire peur, j'avais utilisé cet artifice pour faire de nombreuses blagues à mes collègues mais en les manipulant je prenais bien garde de ne pas regerder les masques. Je les laissai planter sur des pieux aux quatre-chemin. Et ma patience fut récompensée avec son lot d'accident de la route. Des croix marquaient l'endroit où les corps des accidentés étaient enterrés. Je me faisais penser à quelques pirates des Iles des Caraïbes.

Bientôt, je ne pus souffrir ces morts inutiles, mes jeux de masques devenaient dangereux, un disparu au moins à chaque fois. Des cohortes d'assassinés me taraudaient la tête. Mes remords m'empéchaient de dormir. Je ne me supportais plus.Quand j'entra dans ce restaurant, je ne savais pas qu'il allait répondre à mon problème. Au milieu du repas je me dirigeais vers les toilettes au fond du jardin, quand un essain d'abeilles me prit pour cible. Personne ne m'entendit crier et je dus me battre seul.  J'accomplis finalement ce pour quoi j'étais venu et me lave les mains. L'eau coule, abondante et chaude. Je relève les yeux et je me vois en masque dans le miroir. Mon visage est boursoufflé de piqure d'abeilles. Mes yeux ressemblent à ceux des certoons télévisé, je ne peux m'empécher de crier en montant quatre à quatre les marches de l'immeuble par l'escalier de service..

Arrivé sur le toit, ma fureur était passée. J'évitais de me rappeler de moi en tant que masque. Je repérais un entassement d'objets que j'avais rammenés de mes pillages de voitures accidentées. Le frère du défunt qui était mort dans l'accident m'avait jurer de se venger. Je regardais les objet avec septiscisme. Comment le frère saurait-il que c'était moi qui avait provoqué l'accident avec cette mise en scène de masques à un carrefour ?Je trouvais un rétroviseur encore tâché de sang. Je voulais le jetter quand un sinistre réflexe m'y fit jetter un coup d'oeil qui me glaça d'effroi. Mon visage avait triplé de volume, les images des tués de l'accident se superposaient à la mienne. Toute cette agitation me tourna la tête, je voulus m'appuyer mais je ne fis que tomber du toit de l'immeuble en serrant ce rétroviseur. Je me rappelais la dernière phrase que m'avait dite le frère de la victime.

-""Je me vengerai, ce sera la dernière fois que tu accompliras tes méfaits, tu mourras en ayant peur de ton propre visage et en serrant une partie de la voiture que tu as fait se retourner.""

La prédiction se réalisait, on ne peut faire le mal ainsi sans concéquence. Tandis que je tombais ainsi dans le vide, le courant d'air que je sentais me faisait du bien sur la peau. Il faut savoir apprécier l'instant présent.