21.11.2006

LE TEMPS D'UNE SESSION;

je n'arrive toujours pas à savoir comment j'ai bien pu attérir là, avec ses pingoins autour de moi toutes la journée, ce vent qui me fouette le visage et mon tawky-walky qui grésille à mes oreilles.

"OK! Vas-y!Tu peux dynamiter la banquise, on assure derrière toi!" dit le patron dans le tawlky walky. Herbert était passé maître dans l'art du dynamitage et il commanda prestement l'opération. Les ouvriers d'équipe ne se firent pas prier pour se presser d'autant plus qu'il faisait un froid de canard. Ca faisait déjà quelques temps qu'on bradait les pôles, la banquise était commercialisée sous l'appelation "eau millénaire" et ses vertus étaient parait-il nombreuses. Quand l'explosion secoua l'iceberg Marie, la femme d'Herbert était à Paris. Elle militait contre le pillage des pôles.

                             La rue était remplie de CRS; on entendait cogner les matraques sur les boucliers de plastiques, les manifestants répondaient en tappant leur manche de pioche et cette musique se conjugait aux râles guerriers de l'ensemble des combattants. Quand une grenade fut lancée Marie perdit un doigt mais c'est une il  balle qui l'a tua, elle n'eut que le temps de penser à Herbert sur les glaces.

                            De l'autre côté du monde, Herbert pensait que tout se réversait, les contraires s'attiraient. Il était bien placé sur l'axe de la Terre pour se le prouver. Ce qu'il ne savait pas, c'est que la réversibilité l'avait touché. En contribuant à la mort des glaces éternelles, il avait précipité sa femme dans l'éternel. Quand le tawlky-walky grésilla à ses oreilles, il hurla quand on lui apprit la mort de sa femme.Il hurla tellement fort qu'il n'entendit pas l'avertissement d'un ouvrier qui lui disait de s'éloigner. Quand il sauta avec la glace, une longue stalactite le transperça droit dans le coeur. Il sauta tellement haut qu'il pensa voir Marie à Paris et lui cria ses excuses.