27.12.2006
SUEUR
Une grosse goutte de sueur dégouline sur son sourcil contournant l'arcade sourcillière pour mieux atterir dans son oeil qu'il avait délavé comme son jean. Putain! il avait failli avoir un accident! La route de la traversée lui ouvrait son paradis solitaire.Il commença à se mettre à l'aise. Mais qu'est-ce que foutait cet automobiliste à le coller comme un dératé? Les parchocs commençaient à se heurter, il ne maîtrisait presque plus son véhicule qui brinqueballotait sur la route défoncée. Il eut le temps de voir la figure de son voisin dans la voiture folle qui le poussait littéralement avant de sombrer dans le précipice. Un arbre retint sa voiture mais comme il ne portait pas sa ceinture, il fut expulsé au beau milieu de la forêt tropicale.
Quand il se réveilla, la nuit approchait, il se fit un bivouac avec des feuilles de fougère. Il entendait maintenant le bruit des voitures sur la route qui séparait la forêt. Il s'endormit encore et au matin descendit la route qui menait au bourg de Pointe Noire. Il avait échappé aux pompiers mais il avait ses raisons. De toute façon, la voiture était volée comme d'habitude. Chaque commissariat devait avoir sa photo, il était recherché par toutes les polices du monde. Il descendit au Riffifi où il avait ses contacts. Des clients sirotaient leurs petits ponchs et les dominos claquaient sec sur la table. Michaella l'attendait comme toujours accoudée au bar. Elle aurait pu tenir un bar avec tout ce qu'elle avait bu,
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27.11.2006
Terro
Terro était de la taille d'une meule de paille. Sa toison jaune le faisait ressembler à un tableau impressioniste. Il était doué pour la lèche et déjà Jasmine s'initiait. Jasmine avait seize ans à l'époque, lycéenne elle intimidait les profs avec son fauve. Terro, c'était Mister Jekill et Mister Hyde, il pouvait grogner en retroussant les babines d'une façon saisissante, en général, le puplic prenait les jambes à son cou. Malheureusement, elle ne pourrait avoir toujours sa compagnie dans les futurs moments difficiles. Mais pour l'instant, elle donnait à manger à son chien. Il n'avait pas encore trois mois et se blotissait dans ses bras. L'adorable petit toutou. Il mangea tant à Noël que le lendemain il ne faisait que péter, prolongeant la fête de ses pétarades. Outre ses bruits plus ou moins familiers, neutres ou odorants, Terro indiquait sa trace avec de généreux filets de bave.
-Oh un escargot! dit l'enfant qui se penchait sur la moquette de l'appartement de Jasmine.
-Mais non Pierrot, c'est Terro mon chien lui dit Jasmine. Il a faim et vos sandwitchs lui font envie!
-Ze vais lui en donner un p'tit bout fit Pierrot. Mais à peine l'avait-il brandi vers le chien que Terro lui happait la main. De terreur l'enfant piqua une crise de nerf et Jasmine fut bien ennuyée. Elle n'eut pas la force de tapper le chien et coupa les derniers liens qui la reliait aux gens. Non pas que son chien fut impossible, mais elle n'aimait pas déranger. C'était plutôt une contemplative. Avec son chien, elle aimait faire de longues promenades en forêt. Demain, elle appelerait Frédo et ils iraient se promener à Mont Saint-Marc, une jolie petite promenade.
Sanglée dans sa nouvelle combinaison de marche, Justine mettait la dernière touche à son maquillage quand elle apperçut Fredo.
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13.11.2006
Joie et narration.
Un chemin; Un ciel gris,des pas qui résonnent sur le gravier de la route. Raclement, froissements... Il y a un méchant vent qui vous coupe les mains et vous arrache les doigts. Les nuages dessinent une guerre d'Apocalypse. Jack n'est pas très beau avec son oeil au beurre noir. Maman l'avait bien dit, il ne fallait pas jouer avec Raymond, maintenant il est perdu, ces champs se ressemblent tous. Que se cache-t-il derrière l'horizon?Jack regarde ses mains gercées et il pleure. Sa fatigue se lit sur son pas coulant, à la limite de l'inconscience.
Jolie nuque dégagée, Romance hume le parfum des roses que le facteur vient de lui livrer. Sa rencontre avec Léo se poursuit bien. Dommage que Jack ne l'aime pas. Toujours à pinailler pour le retour de son père William, un malfrat sans envergure. William est passé dans la vie de Romance comme un courant d'air. Toujours cinq ou six bureaux ouverts en permanance. Romance le croise toujours au centre commerciale. Il apparait surchargé de couches pour la descendance de ses conquêtes présentes. Romance a vite fui cette ronde implacable où l'issue malheureuse se faisait de plus en plus certaines. Seul Jack peut sauver ce qui peut encore l'être.Elle a l'impression qu'elle le protège trop. Toujours à le surveiller. Maintenant il joue de plus en plus avec Raymond un petit voisin de 11 ans.
Raymond n'en revenait pas. Jack n'était qu'une chiffe molle. C'est William qui allait être content, tous les ordres venaient de lui.
01:04 Publié dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : SHORT
03.10.2006
funambule
Je chante une chanson sur le fil de rasoir, sur le fil de mon histoire, le fil d'Arianne. Tu étais ma conquête et j'étais ton servant. La mélodie trotte dans ma tête comme un rangaine, pas faire trop de vagues, la facilité,la recherche de l'abrutissement, je tiens mon texte. Je file sur internet au rayon blog je me dégotte un p'tit pôème pas trop mal ficelé, je l'adapte et l'enfile à mes notes. A près quelques brûlés, que je jette car non comestibles, je rajoute quelques appogiatures et ornements quand soudain ma tête explose! La chanson bèbète a fait tilter le disque dur de mon crane cabossé. Je sors en titubant et je braille cette chanson à tue-tête tant pis pour les voisins. Je vais voir mon ami Mojo qui m'a commendé cette chanson.
Mojo le Noir a quelque chose de mystérieux, il bande son oeil aveugle ce qui lui donne une allure de corsaire. Des sacrées canons du X bizness adorent squatter chez lui où circulent mille et unes drogues interdites. Les postérieurs de ces dames ondulent en haie d'honneur me menant en douceur jusqu'à Mojo. Il me demande mon texte que je lui donne. Un quartette de jazz se charge de le déchiffrer. Brusquement ça y est, le tempo est exact, le feeling juste, le beat est palpable, nous nous laissons bercer par la rangaine et tout le monde sourit béatement. Une fille se met à poil. Mojo la renvoie d'un geste du doigt, c'est la fin de la chanson, les techniciens applaudissent.
Bientôt la chanson innonde le marché, impossible d'y échapper. La nuit elle sourd des murs comme un immense tam-tam avec une méga-basse qui fait trembler les murs. Les boîtes de nuit l'on adoptée, mon compte en banque se repeuple de billets de banque. Mes beaux-parents commencent à me trouver intérressant. Le texte de la chanson parle de harcellement sexuel."pousse, pousse, sacré facho, le moment donné, je me pousserai et tu tomberas et finiras! Pousse, pousse sacré macho!" Tout le monde l'écoute, elle passe en boucle dans les casernes et les commissariats tandis que le monde des bureau vit sa glasnosk.
Dans un bureau de l'Empire State Bulding, un patron tortionnaire s'apprète à violer son employée quand celle-ci le rejette avec rage. La tête du malfrat tombe sur le cadre de la cheminée. Avant d'aller à l'hôpital la stagiaire prend le soin de lui faire écouter:
"pOUSSE? POUSSE petit macho, je me pousserai et tu tomberas, tu t'effaceras et tu finiras!"
Au moins, ma chanson aura servi à quelque chose. Qui a dit que la musique ne pouvait pas changer la société?
00:35 Publié dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : harcellement


