08.03.2007

poupée macabre de Jenna

elle sert son papa dans ses bras, mais le corps est froid et commence à se tétaniser, ce n'est plus drôle quand ça s'arrête! Mouloun' l'a bien cogné tellement le sang éclabousse les murs. Jenna en ai toute recouverte. Il est quelle heure? On oublie le temps dans les caves de ce somptueux chateau. Son père avait mis toute sa vie à l'acheter. Il ne savait pas qu'il y mourrerait.

Mouloun' regarde Jenna. Elle est complétement partie. Avec ce qu'elle se shoote, il peut lui donner une overdose quand il veut. C'est pitoyable . L'amour permet de s'avilir à moindre frais. Il lui pardonne car c'est à cause de lui qu'elle est devenue comme ça. Son pauvre père n'est déjà plus qu'une enveloppe qu'il faudra bientôt enterrer. Il se demande s'il enterrerait bien la fille avec. Quand le citron esgt pressé...

dehors c'est grand vent! Dieu s'est révolté de ce parricide. Jenna commence ses convulsions avec le rythme des éclairs du tonnerre. La     Terre se met à trembler. Jenna se liquéfie dans les pleurs. Dehors les étudiants violent des blanches et lynchent leurs maris surtout si c'est un noir. Des flots de sang coulent dans le caniveau, une odeur de chair brûlée monte du cortège.

La nuit se lève, le jour tombe comme en s'excusant de dévoiler d'aussi terribles horreurs. Mouloun' attache sa cravate et se contemple dans le miroir enjambant Jenna qui baigne dans son vomis. Le père commence à sentir et aujourd'hui le soleil est gai et cruel, bientôt les mouches vont s'y mettre à leur tour pense Mouloun'.Toute cette merde commence à lui courrir, s'il y mettait le feu, la ville le remercierait de ce nettoyage! Il respecte trop la vie pour tuer Jenna, avec ce qu'il lui a fait prendre, iln'est même pas sûr qu'elle retrouvera jamais ses esprits.

Quand il quitte la maison, c'est sans un regret . En tuant de Taylairand, c'est le Patriarche des Békés qu'il a fait disparaître faisant trembler cette dynastie d'exploiteurs du peuple! Sa fille cachée ne vaut guère mieux, si on devait brûler la blancheur, alors c'est sûr qu'elle aussi y passerait avec sa délicate peau lavande. Ce soir il baisera une black, au moins il n'aura pas à se taper le père comme avec Jenna avant qu'il la désintègre. En vérité, il voudrait que le papier soit noir désormais avec un styli blanc.

05.03.2007

session jenna, moulounga , de Tayleirand

J: il fait une chaleur à crever ici, allez j'enlève le hau, on est quant même à la plage.

De T: ma fille crois moi les autochtones n'aiment pas tellement ça. J'en sais quelque chose, les békés c'est un peu pareil. On cultive l'intolérance pour la repentance de nos ancêtres, nous les vengeons par aveuglement. Moi le béké spolié par les métros et toi victime de ta race. J'aimais tellement tamère, elle, une fière négresse et moi un jeune adulte fraîchement dégrossi. Enfin ce sera une belle après-midi, ne voit-on pas là-bas ton amoureux ,c'est Mouloun' ton étudiant chéri. Hé dis-moi? Il a pas un peu foncé, là sur les bords?

M: hello Monsieur de Tayleirand, votre fille vous réchauffe à vos côté? Lde soleil va être jaloux!

de T: salut gamin, en d'autre temps je t'aurai racheté à ton maître! Quel bon vent?

M: je sors d'une réunion, les étudiants sont chauffés, il est temps pour les békés de rendre les terres!

T: tu peux toujours prendre celle des békés, ils ne tarderont pas à te la racheter!

J: et si on arrêtait un peu de parler politique? Tient de T j'ai Maman au téléphone.

De T se retire et laisse seuls les deux amoureux.

M: ma belle, je meurs d'envie de toi! je me sens si seul quand tu n'es pas là!

J: arrête tes conneries! tu faisais moins le prétentieux quand tu me piquais pour la doppe!

M: je t'ai déjà dit de ne jamais parler de ça ici! tu v   vas finir par nous faire prendre!

J: de T le sais très bien. Il en prend lui-même à l'occasion!

M: qu'est-ce que tu fais ce soir? On pourrait dinner chez J.B?

J: non, ce soir je reste avec Papa. Il faut que j'en sâche plus sur ce trésor perdu de la Libération. ce soir, je fouille la bibliothèque de Papa, ça regorge de vieux manuscrits très anciens qui parlent de cette aventure de békés qui épargnent pour s'en sortir, mais qui disparaissent avant d'avoir pu le récupérer...

M: non, tu déconnes, un trésor en Gwada? Quelle histoire, vraiment je me demande où tu vas chercher tout ça?

De T est revenu.

De T: allons les enfants, rhabillons-nous! On s'tire

 

fin de la session... 

 

mOulung?

moulounga regardait Jenna, allongée sur le sofa , elle récupérait de la veille. Ils étaient allé à un symposium contre le néo-colonialisme français. Les étudiants étaient déjà en grève. A l'annonce de la réduction budgétaire sur la banane, les agriculteurs avaient bloqués les routes. Les C.R.S ne savaient plus où donner de la tête, le couvre-feu avait été décrété.

Marsouille taquinait Malonga, c'était son plus jeune frère. Il passait ses vacances en Gwada mais il vivait en France où il étudiait le droit.

- Où en es-tu avec ta belle métisse Jenna?

-Oh celle-là, elle fait tourner les coeurs.  Comme j'ai attaqué en premier, j'ai mes petites pillules miracles.

-Ne me dis pas que tu l'as amené au soirée de J.B?

- Elle était la première à en redemander crois moi!

-Décidément tu ne changeras pas, toujours à dépraver les belles jeunes filles que tu rencontres!

-T'en fais pas Marsouille, tu n'vaux pas mieux avec tes blanches!

Les deux frères vouaient un culte à la clarté de la peau, tous deux foncés, ils voulaient "racheter" la peau, ce qui ne les empéchait pas de militer pour la plus noire négritude. Ils cultivaient la mythomanie de l'Afrique, n'écoutant que de la musique africaine, se parant de boubou et de colliers de perles. Ils aimaient pratiquer le vodou par dessus-tout et ce soir ils avaient rendez-vous avec la "Vieille", elle pouvait tuer quelqu'un à distance et remboursait si mécontent.

 

Ce fut une belle jeune fille qui se présenta pourtant sa mère étant indisposée. Ils firent un grand cercle de cendre et commencèrent à battre le tambour. L'encens commença à se diffuser avec l'ivresse et la magie. Quand la tension fut montée ils commencèrent à poser des questions:

 

 

 -comment l'Egypte? Par le KA c'est l'âme des humains!

-renaître ou mourir? Se développer pour survivre!

-comment les blancs partiront? Ils ne partiront pas et vous changeront.

-comment l'Inde indira? Par le partage et la communion. 

 

 

 

 

 

te 

 

la contemplation de Jenna pour son père

De Tayleirand étaitbien amoché sur son lit d'hôpital, Moulounga ne l'avait pas loupé. Il avait fait trois tonneaux avant de s'écraser sur le toit. T. était pensé de partout. Sa jambe trônait en l'air d'une façon ridicule. Jenna le regardait dormir et se souvenait de son enfance. Il était rarement l, quand il venait sa mère l'envoyait da.ns sa chambre et elle les entendait à travers la cloison. Quand il hahanaient comme des bêtes, elle ne s'inquiètait pas, elle les avait surpris une fois, il faisaient comme les chiens qu'elle voyait copuler dans la rue. Sa mère était morte depuis. Son père l'avait recueillie. Elle avait alors dix-neuf ans. Les tourments de l'adolescence mêlés à se rancoeur lui avait fait prendre des chemins de traverse et elle zs'était mis à fréquenter les extrémistes du G.O.N.G. Certains de ses amis avaient fini en prison, on croyait la branche armée neutralisée quand elle avait recontré Mouloun'.C'était un bel antillais bien membré à la splendide musculation athlétique. Il l'a convertie au Rastafarisme et la fumée de Ganja avait fini de lui obscurcir les esprits. Elle apporta à Mouloun' les cheveux de son père et des vétements qu'il avait porté. La magie noire opéra et maintenant son père s'en sortait après un bon accident qui le laisserait diminué pour le restant de ses jours.

Moulounga décida de continuer cette guerre secrète. Il se jura de faire sauter la Préfecture comme le symbole de la rebellion qui balaierait tout sur son passage. Il imaginait des médecins noirs pour des patients noirs, des préfets noirs comme ses frères, des salles de bain où le noir serait désormais dominant. Il  ne souffrait aucune idée de métissage, sa plus grande peur était de disparaître à force de dilution dans l'autre, le blanc .

 

 

fin de la session. 

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02.03.2007

Jenna et son père

Jenna était chez son père. C'était toujours là où la ramenaient ses pas. Aimantée par de Tayleirand,Jenna ne pouvait se passer de lui. Elle ne savait pas pour Moulounga et ses intentions.La lutte armée lui était totalement étrangère, du moins le croyait-elle jusqu'à ce qu'elle surprenne Moulounga révolver au poing. C'était au début de leur relation, ils étaient à Paris pour un stage. Perchée dans sa chambre de bonne, Jenna se réveillait quand elle vit Moulounga près de la porte en caleçon, un révolver à la main. Il avait entendu des pas et craignait pour sa sécurité. Les békés avaient déjà fait disparaître plusieurs de ses camarades. Ca se passait toujours au petit jour, ils venaient chez la victime et n'hésitaient pas à forcer les serrures. On retrouvait les corps dans des postures d'esclaves suppliciés avec toute une mise en scène. Le seul suspect arrété s'était suicidé et l'enquête s'était éteinte. Moulounga avait déjà reçu des lettres de menace mais aujourd'hui c'était lui le chasseur et par Jenna, la fille de Tayleirand, il s'était introduit dans la place. Le révolver était démodé, maintenant les marabouts faisaient le boulot à condition de trouver un minimum d'effets de la cible, ainsi que la possibilité d'agir sur elle, de l'intimider et de lui laisser des signes. Moulounga savait que de Tayleirand avait perdu le sommeil, il l'entendait faire craquer les lattes du parquet quand il besognait Jenna dans sa chambre d'enfant qui n'avait jamais changée. Jenna n'habitait pas chez son père mais elle avait toujours sa chambre à disposition. Tayleirand employait sa mère comme Da pour ses enfants. Il l'avit violée dès son arrivée chez lui. Jenna avait appris à l'aimer parmi des sentiments de haine. Elle avait renié son côté blanc et traînait avec des activistes de la branche armée de libération de la Guadeloupe. Moulounga était l'une des têtes pensantes du mouvement. La départementalisation avait fait son temps et il était temps de muscler la lutte pour en finir une bonne fois pour toute!

01.03.2007

L'attente

Il ne connaissais pas d'autre endroit où Jenna, la fille de Tayleirand ait pu aller. Lumbunga entra dans le temple protestant cherchant ses parents du regard. Tout le monde était endimanché. Ce samedi de shabbat le prêcheur était l'organiste de la paroisse. Certains s'endormaient pendant le sermon mais personne ne venait les réveiller. Lumbunga n'avait pas trouvé Jenna. Il restait par paresse.

-Non les vaches  sacrées de l'Inde ne sont que des adorations des Dieux païens!

Maintenant l'organiste convulsé à la chaire plantait ses hallebardes de mépris sur toute l'assemblée. Il finit par un chant guerrier où la victoire était annoncée.La foule soudain refflua guidée par des Anciens à la manière de policiers de la circulation dans une sorte de rite étrange et compassé. Il n'y avait pas de blanc dans cette église, seulement des compagnons invités qui heurtaient un peu l'unité de cette église. Les Tayleirand n'allaient pas ans ce genre d'église. Ils étaient pour Rome et n'en démordaient pas. Mais Jenna était une enfant hors mariage, alors! Son teint de métisse trahissait ses origines mais elle se la jouait africaine et elle essayait de gommer tout l'Occident qui était en elle. Si elle fréquentait les protestants, c'était pour y répandre son idée, son combat: les Békés devaient remettre leur terre en distribution, la disparité des propriétés étaient scandaleuse et le Guadeloupéen de base en souffrait. Pas de terre pour l'agriculture, loyers hors de prix, misère, promiscuité...Lumbunga décida de se rendre à la Kaza. Cet endroit de concert attirait toute la jeunesse guadeloupéenne et on y voyait maintenant de nombreux blancs qui étaient venus s' installer.

 

Lumbunga se dit qu'il était venu le temps des attentats. Le peuple guadeloupéen allait disparaître dans cette acculturation. Les anciennes connaissances disparaissaient remplacées par des recettes d'hyper-marché. Ce qu'on trouvait dehors se vendait à prix d'or après traitement industriel. Il y avait même maintenant, comble de l'horreur, des guadeloupéens qui mangeaient des huitres crues pour les fête de Noël! 

 

Dans la station service le gérant garnissait son révolver de balles, cet été il s'était fait braqué trois fois, cette fois-ci serait la dernière. Il les attendait de pieds fermes ces crackés, il avait du plomb pour les recevoir! A la tombée de la nuit Gosier se réveillait, les voitures roulaient parchoc contre parchoc . La réunion du syndicat avait été reportée en raison de la condamnation d'un de ses leaders. Ce soir, les routes seront bloquées pensaient les gens. Les stations services commençaient déjà à être asphixiées par l'afflux abondant d'automobilistes plus inquiets,que,les,enfans qu'ils transportaient. Certains ne savaient pas encore qu'ils allaient passer le reste de la nuit à attendre vainement la levée des barrages. Le préfet ne faisait rien et les gens commençaient à défiler presque tous les jours pour se plaindre mais dès que ç allait mieux tout rentrait dans l'ordre. Cette fois-ci la grêve fut terrible...

15.02.2007

LUMBUNG

Il était petit, désuet, l'oeil brillant comme un oiseau avec les mêmes gestes saccadés de bête effarouchée. Il émanait de lui un charme félin qui ne rendait pas les femmes insensibles. Ses conquêtes étaient nombreuses mais il aimait les faire souffrir et il ne les gardait pas. Il avait arrété depuis longtemps de payer ses pensions car il travaillait avec la police municipale de Anse-Bertrand. Là_bas se réunissaient les ultras de l'UGTG. La manière forte avait ses émules et plus d'un préfet était passé à deux doigts d'un assassinat. Lumbunga poussa la porte du bouge. Il était près de minuit, il suivait les traces de monsieur de Taylerand. D'ailleur il l'apercevait là_bas parmis l'assistance. Son teint couperousé luisait sous les lumières tamisées des petites lampes rouges posées sur les tables. Une magnifique black, trente ans plus jeune que lui l'accompagnait autour d'un verre de champagne.

 - Mon gros doudou papounet va me promettre de m'achater la dernière voiture à la mode lui sussurait-elle d'un ton langoureux.

Papy Taylerand n'en pouvait plus , il frolait la syncope ce qui n'était pas incongru dans ce grand club de jazz pointoisien.

Quand Taylerand aperçut  Lumbunga, un rictus de haine déforma ses traits. Il se reprit vite en calculant mentalement combien il pourrait donner à la fille. Lumbunga avait été témoin de la mort de sa fille à Paris dans le milieu antillais, il se demandait toujours si Lumbunga avait bien fait tout son possible pour l'aider.

A ,cette époque du voyage, Lumbunga et sa fille étaient étudiants dans la seule université de l'île. Une idylle était née entre eux croyait-il. Un voyage universitaire avait été le berceau du drame. 

lumbunga

Lumbunga de l'UGTG parcourait des yeux son auditoire. On entendait que le bruit du ventilateur, son discours les avait sidéré. Comment effectuer la répartition équitable des terres. Les Békés devront y laisser quelques plumes avait été sa conclusion et s'attaquer au béké c'était prendre risque de magie noire. Chacun avait son exemple sur la magie noire des békés. Tous la redoutait. Un homme se trémoussa dans l'auditoire et se leva pour prendre la parole:

- Si tes prévisions sont bonnes, que faire avec les indiens? Certains ont encore plus que les békés. Leurs ancêtres sont restés à la campagne tandis que les notres s'entassaient misérables dans les villes. Il faudrait remettre à jour les dossiers sur la fin de l'esclavage et son rétablissement.N Certais écrits enflamés dorment encore dans les bobliothèques.

Celui qui parlait s'appelait Freddy. Il était responsable du service action de l'UGTG. Ce qu'il ne savait pas , c'était les résolutions de Lumbunga de tuer monsieur de Taylerand, chef de file des békés. Lumbunba attisait la haine et la rencoeur . Depuis les commémorations de l'Abolition de l'Esclavage, les békés étaient sortis de leur cocon. On les voyait se recueuillir sur la tombe de l'Esclave inconnu le ton compassé et les fesses serrées, engoncés dans leurs vétements qui se tendaient sur leurs rondeurs. C'était un peuple de gros mangeurs de bon appétit. Ils s'épanouissaient littéralement sous les Tropiques se payant le luxe d'entretenir de vagues musiciens passablement ratés.D'autre part le tourisme les faisaient profiter encore des biens acquis par héritage.

 

Sur les quais du port de la Pointe, on déversait encore des tonnes de nourritures sois-disant invendables, un peu cabossées ou délavées et on les aspergeait d'un liquide toxique pour empécher leur consommation. Le même lot 

  de sdf, qu'on voyait roder la journée se réunissait là pour contempler le désastre.

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24.01.2007

vu d'avion

Vue d'avion la Gwada ressemblait à une boît d'allumettes renversée. L'information était passée au dernier journal à minuit passé en France. Tout le monde s'en foutait, comme on s'était foutu de la Louisiane. Des contingeants de soldats étaient venus préter main forte et on se serait cru en pays occupé. Scallas furetait dans la ville à l'affut de moindres trucs à récupérer. Il avait déjà entassé des murs de carrelage arraché dans son jardin. Il songeait à faire enlever les carcasses qui ornait son chez-lui depuis au moins vingt-cinq ans. Parmis les branchages de la clôture, il regardait Joé s'affairer. Il ne comprenait pas ce que Nathalie la belle antillaise pouvait bien lui trouver. Quand il parlait il fallait dresser l'oreille alors que lui Scallas aimait brâmer jusqu'à l'entendre rentrer depuis le bas du lotissement. Son "wouai" cornaqué valait tous les saluts.

Nathalie avait trouvé des os de poulets devant le perron, on dirait que Scallas s'était mis à la magie. Joé était parti à une réunion préfectorale et Josiane se trouvait seule. Soudain l'électricité fonctionna, les lumières révèlèrent la triste désolation. Dans une pièce il n'y avait plus de plafond. La voiture s'était cabossée contre l'un des murs et on pouvait voir le jour à travers alors qu'il n'y avait pas de fenêtre. L'ensemble était branlant et Nathalie pensa que Joé pourrait vivre chez elle où le cyclone avait été plus clément. Joé vivait comme un ours depuis sa venue de métropôle, il n'était pas habitué au racisme et revenait chaque jour plus froissé d'une altercation avec un local. On lui avait tellement dit qu'il n'était pas chez lui qu'il évitait toute fête publique pensant qu'il n'y avait pas sa place.

Le combiné crissait dans la main de Nathalie quand Joé l'avertit que la réunion durait et qu'il ne rentrerait pas ce soir. Elle prit ses clefs de voiture , referma la porte derrière elle et rentra chez-elle. Demain, il pourrait toujours l'appeler, elle ne ferait que ses affaires.

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22.01.2007

skalas

Skalas, le voisin de Joé inspectait la clôture qui les séparait. Quand elle était tombée, fauchée par les rafales du cyclone, il les replantait un bon mètre en avant. Il prenait soin avec sa pioche de déterrer les bornes du géomètre et plantait ses piquets à sa guise. C'était le premier jour d'acalmie et tout le monde s'activait. Joé était à la réunion préfectorale des agriculteurs. Ils réclamaient de l'aide et il allait falloir leur révéler que Paris voulait arréter tous  frais pour la banane. Joé ne s'apercevrait pas avant longtemps que la clôture avait été déplacée. Il se félicitera même qu'elle ne soit pas tombée! Skaras avance à petit pas, rongeant peu à peu l'espace vital de Joé. Au Ministère Fidéo, porte parole des ministre se voit donner l'ordre de remettre chez eux tous les haïtiens trouvés en mer. Quand les ouvriers de la banane apprendront cela, un lourd mouvement de contestation se fera jour. Des commissariats seront brûlés et pas question du moindre contrôle routier. A l'aéroport les avions sont bloqués, les touristes repartent en bateau prendre leur avion sur une autre île quand ils le peuvent.

A la tombée de la nuit Joé rentre chez lui. Il fait déjà nuit à dix-huit heure. Les torches de piétons illuminent la route de zig-zag tremblotants ou dynamiques donnant à cette soirér une allure de fête. Les tambouyés sont sortis et partout résonne le tambour.

 

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