27.02.2007

Caro

Caro était une chic fille. Ce soir elle devait dinner avec Lumbunga, le plujs brillant des étudiants. Elle venait de terminer ses études et D.T son père, lui avait acheté sa première voiture. Elle passa sa marche arrière en faisant hurler le moteur et après avoir tamponné la voiture derrière elle s'engouffra dans la chaussée. Lumbunga était avec elle à Paris, le lieu de tous les étudiants antillais. Il y avait une super teuffe ce soir et elle était déjà passablement chargée. Elle n'achetait plus sa dope depuis que B. lui avait rendu service en la dépanant. C'était un peu comme ça qu'il s'était connu, la dope entraînant la dépendance. Ils ne se shootaient pas, tout juste quelques sniffs sensés les doper pour les concours.Elle n'arrivait plus à s'en passer et la drogue était passée de festive à quotidienne.

Paris était illuminé ce soir. Il y   avait Stellio, l'as de la biguine. La boîte de nuit était pleine à craquer. Elle, c'est sous sa robe qu'elle se sentait craquer. Lumbunga l'enserrait de son bras libre et son autre bras était déjà sous sa jupe. Leur relation était torride et la drogue démultipliait leur libido. Caro se mit à chercher des yeux les musiciens. Ils étaient tous là à les attendre depuis le début de l'ouverture des portes. Comme les musiciens fonctionnaires cubains ils étaient payés au forfait. Certains arrivaient tout juste ce la Guadeloupe. A leur air effaré on comprenait leur douleur. Ici il faisant moins cinq  à cette période de l'hiver. Caro était habituée, elle était née à Montreuil et elle y avait vécu toute son enfance. Elle se défit des mains de Lumbunga et s'en alla vers le bar. Là d'autres métisses lui firent bon accueil alors que les blacks ne les regardaient même pas. Toujours cette indifférence... 

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