03.10.2006

funambule

Je chante une chanson sur le fil de rasoir, sur le fil de mon histoire, le fil d'Arianne. Tu étais ma conquête et j'étais ton servant. La mélodie trotte dans ma tête comme un rangaine, pas faire trop de vagues, la facilité,la recherche de l'abrutissement, je tiens mon texte. Je file sur internet au rayon blog je me dégotte un p'tit pôème pas trop mal ficelé, je l'adapte et l'enfile à mes notes. A près quelques brûlés, que je jette car non comestibles, je rajoute quelques appogiatures et ornements quand soudain ma tête explose! La chanson bèbète a fait tilter le disque dur de mon crane cabossé. Je sors en titubant et je braille cette chanson à tue-tête tant pis pour les voisins. Je vais voir mon ami Mojo qui m'a commendé cette chanson.

Mojo le Noir a quelque chose de mystérieux, il bande son oeil aveugle ce qui lui donne une allure de corsaire. Des sacrées canons du X bizness adorent squatter chez lui où circulent mille et unes drogues interdites. Les postérieurs de ces dames ondulent en haie d'honneur me menant en douceur jusqu'à Mojo. Il me demande mon texte que je lui donne. Un quartette de jazz se charge de le déchiffrer. Brusquement ça y est, le tempo est exact, le feeling juste, le beat est palpable, nous nous laissons bercer par la rangaine et tout le monde sourit béatement. Une fille se met à poil. Mojo la renvoie d'un geste du doigt, c'est la fin de la chanson, les techniciens applaudissent.

Bientôt la chanson innonde le marché, impossible d'y échapper. La nuit elle sourd des murs comme un immense tam-tam avec une méga-basse qui fait trembler les murs. Les boîtes de nuit l'on adoptée, mon compte en banque se repeuple de billets de banque. Mes beaux-parents commencent à me trouver intérressant. Le texte de la chanson parle de harcellement sexuel."pousse, pousse, sacré facho, le moment donné, je me pousserai et tu tomberas et finiras! Pousse, pousse sacré macho!" Tout le monde l'écoute, elle passe en boucle dans les casernes et les commissariats tandis que le monde des bureau vit sa glasnosk.

Dans un bureau de l'Empire State Bulding, un patron tortionnaire s'apprète à violer son employée quand celle-ci le rejette avec rage. La tête du malfrat tombe sur le cadre de la cheminée. Avant d'aller à l'hôpital la stagiaire prend le soin de lui faire écouter:

"pOUSSE? POUSSE petit macho, je me pousserai et tu tomberas, tu t'effaceras et tu finiras!"

Au moins, ma chanson aura servi à quelque chose. Qui a dit que la musique ne pouvait pas changer la société?

Les commentaires sont fermés.