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Guadeloupe en noir et blanc

  • Tirez les premiers messieurs les anglais

    Dans cette petite échoppe anglish Acélia espérait voir le patron du petit Nono. Ambiance policée de la vieille dame d'Europe, il y avait du beau monde aujourd'hui. Nappes fraîchement repassée, petit bouquet de fleurs séchées sur les tables, lumière tamisée, amour , gloire et volupté tout incitait à s'assoir. Ce qu'elle fit. 

    Un jeune éphèbe s'approcha, sanglé comme un commandant de navire. La patrone avait un faible pour la gente masculine . Les serveurs munis de chaussures à semelle de crêpe semblaient flotter au dessus du sol, marchant en silence sur des nuages. Le petit punch commençait à faire son effet.

    Elle aperçut Bénard le porte flingue du boss. Avec sa grosse mèche de cheveux qui lui donnait l'air borgne, il avait tout d'un bouledog. Un gros cigare pendait à sa bouche qui avait du être vendu avec le costume tapageur qu'il arborait. Le tissu du veston brillait comme de la peinture métallisée. Bénard était sans doute venu chercher le défraiement pour la sécurité. Acélia connaissait toutes leurs simagrées par coeur. Elle savait que sous le papiers d'emballage du bouquet de fleur que le malfrat avait à la main, il y avait un flingue avec le cran de sûreté relevé. Le sourire de Bénard était celui du carnassier qui va manger sa proie. Bientôt le serveur lui ferait parvenir un cabas rempli de billets d'où négligeament le nez d'une bouteille dépasserait. Le mironton laisserait un biffeton sur le bar, prendrait le sac et disparaîtrait sans même dire au revoir. Cette comédie se reproduisait tous les débuts de mois, son fils l'avait briffé. Il ne lui avait jamais caché qu'il travaillait pour la maffia.

     

  • la fuite en avant

    Mam' Cageay n'avait pas toujours eu ses cheveux gris. Ce matin elle s'était réveillé avec la chanson White horse dans la tête chantée par Alicya Keys. Fameux duo anti raciste avec ce chanteur blanc à l'accent cockney. Comment devait être Mike Jagger si on le conviait à une fête en son hommage? Comme un petit vieux ébranlé par le temps, qui a perdu sa superbe et qu'il faut protégé? Souffrant de Parkinson ou l'Alzheimer? Elle n'en était pas encore là , elle se sentait aussi vigoureuse que son téméraire de fils. Qu'est-ce qu'il avait donc pu faire pour être recherché par toute la maffia calabraise de Paris? A l'heure actuelle avec ses déséquilibrés aux fesses, elle se sentait vraiment Rolling Stones avec nul part où aller. Pas question de rentrer chez elle , elle était sûr de les y trouver. Même sa black banlieue de Stains était devenue dangereuse pour elle. Pourtant elle y connaissait tous les caïds depuis leur enfance et c'est tout juste s'ils l'appelaient pas Maman ou Tatie mais la drogue créait des Judas et si elle passait par là , les maffieux en serait vite avertis et ils viendraient la cueillir  comme un bonus de cambiste. Non rien , elle devait recommencer à vivre à zéro, changer de vie pour brouiller les pistes et se fondre dans la nature. Son fils saurait bien la retrouver. Sa foi pouvait soulever des montagnes , elle marchait confiante. God be with us!

     

    Elle s'arrêta devant une petite échoppe planquée dans les dédales du quartier aux puces de la porte de Clignancourt. Il faisait sombre à l'intérieur. L'allée était déserte, c'était l'heure du repas, les antiquaires n'étaient pas loin et le passage des badauds étaient restreint. Le petit vieux assis à l'intérieur de la boutique la reconnut tout de suite.

    - Salut Acélia! Ça fait n bail dis donc! Que me vaut cet honneur? Tu t'es rendu compte de ton erreur et tu t'es enfin aperçu que j'étais le seul à t'aimer vraiment? Ça fait combien de temps qu'on n's'est pas vu? Un siècle, un millénaire?

    -Toujours aussi cocasse Mario! Tu comprends bien que je ne pouvais pas vivre avec un type aussi hurluberlu que toi! Tu fais toujours dans les dépannages express? J'aurai besoin d'un petit cadeaux si tu vois c'que j'veux dire.

    - Suis moi Acélia.

    Il la regarda avec tendresse et la fit passer dans l'arrière boutique. Là il y avait un désordre indescriptible. Quatre chats trônaient sur le désordre. Le coup de balai devait être banni  dans cette maison. Acélia se saisit du premier balai qu'elle pu trouver et commença à nettoyer le fourbi. 

    -Laisse Acélia, regarde plutôt. Une panoplie de dézingueurs luisant de graisse toute fraîche luisaient au fond d'une valise qu'il venait d'ouvrir. 

    - C'est pour toi ou pour ton fils? demanda le vieillard. Regarde comme ce browning t'ira bien. Il est très élégant  et peut facilement rentrer dans un sac à main.

    -Je te le paierai bientôt. Je suis en vadrouille et je ne peux pas faire marche arrière. 

    -Ne t'en fait pas Acélia. C'est le destin qui t'envoie sur mon chemin je ne croyait plus te revoir!. Tu vas maintenant revenir m'obséder dans mes rêves. Je crois que je suis toujours amoureux de toi. 

    Les yeux du petit vieux pétillaient  et dans son sourire Acélia retrouvait le jeune homme qu'il avait été.

    Les yeux du commerçant la suivirent aussi loin qu'ils purent derrière la porte vitrée qu'elle avait refermée derrière elle. Avec ce révolver elle se sentait tout de même plus en sécurité. La chasse pouvait commencer.

  • Terreur fatale

    La situation était hors de contrôle. Jenna fixait les yeux de cet individu qui lui brandissait un couteau en guise de carte de visite. Fallait-il être idiot pour ouvrir ainsi à n'importe qui! Sa maison n'avait jamais été clôturée, elle pouvait voir passer les junkys toute la journée par la fenêtre de la cuisine quand elle faisait sa vaisselle mais elle s'était habituée. C'était la première fois qu'elle voyait cet allumé vociférant, son complet tapageur avec cette grosse rose obscène qui sortait de la poche de son veston l'avait bluffé. Comment quelqu'un qui s'habille comme un clown pourrait-il être dangereux?

    - Holla mon bonhomme, fit-elle. Qu'est-ce qui t'emmène ici? Tu me prends pour quelqu'un d'autres? C'est ta façon de te présenter?

    L'autre s'approcha et lui ficha son couteau directement sous la gorge.

    - J'ai pas de temps à perdre ma belle. Sâche seulement que c'est un copain qui m' envoie. Tu lui a tapé dans l'oeil et il aimerait bien te connaître. Ou tu te fait bien coopérante comme la fourchette avec les couteau ou je t'estourbie et je te roule dans le tapis

     

    Jenna se fixait encore des plans sur la comète pour se tirer de ce merdier quand la limousine s'arrêta pour la déposer devant le Maradja Palace. Bobo le clown la poussa dehors sans ménagement. Le groom de service lui glissa une enveloppe écarlate dans les mains en l'envoyant devant un type assis près du bar. 

    "N'ayez pas peur, votre convoyeur ne vous aurait jamais fait de mal. Je tiens trop à vous pour ça. Je vous attends assis au bar"signé Lucien Davis. 

    Jenna n'envisagea même pas de s'échapper tellement elle se sentait prise au piège. Elle s'assit devant l'homme comme une vieille tante allant voir sa famille. Quand elle reconnut le freluquet qui l'attendait , sa passivité se changea en fureur.

    - Petit effronté, tu oses me faire subir de pareilles épreuves à me mettre le coeur à l'envers? Si je conduisais un bulldozer je te passerai dessus! 

    - Du calme Mam' C'est juste qu'on s'inquiète où a pu passer Dino votre enfant . Il est tellement serviable que le patron l'a pressenti pour porter un gros paquet à quelqu'un de très important seulement le boss n'a reçu pas reçu de remerciement de la part de son copain et une nouvelle guerre des gangs est arrivé ce matin quand on retrouvé Bis  avec un cran d'arrêt épinglé sur sa chemise façon papillon de collection. Le patron s'est alors mis à s'inquiéter pour la santé de ton petit et il aimerait savoir si tu lui a donné son biberon ce matin parce qu'il a fait caca et qu'il aimerait bien qu'il nettoie. 

    Jenna tira deux grosses lattes du cigare de Lucien avant de lui souffler la fumée dans les yeux en l'accompagnant d'un bon coup de bouteille dans le ciboulot des fois que le gamin aurait du sommeil en retard. Lucien débutait dans le métier, il n'aurait jamais soupçonné une vieille d'avoir autant de répondant. Il glissa de son siège sur le sol sans faire aucun bruit, l'astuce de la bouteille dans la tête c'était de ne faire aucun bruit si on ne cassait pas la bouteille, ça Jenna l'avait appris de son ivrogne de mari, aujourd'hui elle lui devait bien quelque chose.

     

    Quand elle sortit comme une furie le groom fut un peu étonné de la voir revenir aussi vite mais quand elle lui fourra un gros billet dans son plastron il fit semblant de ne pas la reconnaître. Après tout il avait fait son boulot la suite ne le regardait plus. Avec cet argent il pourrait s'acheter des pizzas jusqu'à la fin de l'année, on était pas en Décembre mais il avait l'habitude de ne s'acheter qu'une pizza par mois.

     

    La rue était dégagée. Quelques feuilles tombées garnissaient le trottoir de tâches colorée. Jenna se dit qu'heureusement elle n'avait rien laissé d'allumé sur la gazinière. En la voyant marcher comme une bonne petite dame bien honnête on n'aurait jamais dit qu'elle venait d'assommer quelqu'un avec une bouteille.

  • frontière mentale

    jjjj

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  • ultima merd j'émerge! Putain d'merde!

    Nec fluctuat et mergitur

     

     

     

    mais lache-moi!

                       arrête!

                                       ouille!

                                                    aille!

                                                                  ouaillaillaille!

                                                                                    ouillouillouille!

           j'aime bien mais ça fait mal!

     

    Herbert se rappellait les délices du week-end mais il n'avait vraiment pas la tête à faire cours.

    IL REVASSAIT, hiers il n'avait pas dormi, avant hiers non plus et toute la semaine il n'arrivait pas à dormir. En salle, il se voyait au lit, au lit il se voyait en salle... Touours enfermé, entre des tables qui l'acculaient au mur, entre ses draps qui le momifiait. Il rêvait éveillé, et ses rêves troublés ressassaient la réalité.

    Dans ces rêves, il revivait les évènements de la journée et en journée, il rêvait...

    Dans ces rêves il se pinçait mais ça ne lui faisait rien, ou alors il l'avait imaginé quoiqu'il se retrouva égratigné au réveil...Un jour il avait rêvé que le gaz explosait. Au matin il flottait une légère odeur de gaz, mais l'avait -il imaginé? Dans la vie de tous les jours, il s'endormait avec ses étudiants, ne sachant plus tellement s'il était vraiment au travail ou s'il rêvait d'y être. Il avait donné rendez-vous à une collègue dans un rêve et s'étonnait qu'elle n'en sâche rien dans la réalité!

    Avec le "Club E-Merge" qu'il avait créé entre midi et deux, il arriva avec ses étudiants à faire les rêves se communiquer. Il fallait diriger son rêve pour atteindre des plates-formes où les rêves pouvaient s'interconnecter. Il existait en effet une géographie des rêves qui permettait de connaître le monde du sommeil. Il avait trouvé le moyen technique d'interconnecter les rêves. Il branchait ses étudiants sur un rayon alpha réglé sur la même fréquence pour le locuteur et l'interlocuteur. Au réveil les deux protagonistes racontaient la même histoire où ils figuraient tous les deux. L'appareil fut vendu sous le nom de "G-Merge" et le succès fut immédiat.

    Le reproche du système était la variabilité de la mémoire et certains mauvais sujets ne possèdaient qu'une faible capacité à mémoriser aussi on vit la fonction se professionaliser. Herbert était passé maître dans la Grande Communication des Rêves. Il venait de lancer les "Vacances réveuses, E-Merge si G-Merge" où il suffisait de s'endormir chez sois pour vivre les plus extravagantes vacances en rêves. La Civilisation devint rêveuse et les restaurants sur canapé furent à la mode. On dormait et les serveurs rêvaient votre repas. Plus besoin de se déplacer et pas de graisse inutile. On voulut dormir de plus en plus, le réel n'ayant de prix que pour supporter le temps du sommeil.

    Le Grand Falgore inventa la solution ultime:

                                                                  la mort était le rêve perpétuel, il suffisait de bien la programmer.

    La société se divisa: les rêveurs locuteurs firent passer tous les rêveurs interlocuteurs de vie à trépas pour leur plus grand bonheur. Le rêve se rétracta à la sphère individuelle et tout revint comme avant mais jamais plus les hommes ne voulurent communiquer entre eux en franchissant la porte des rêves si bien que l'invention de Herbert "E-Merge si G-Merge" tomba dans l'oubli et le tabou.

    Aujourd'hui on ne sait même pas si ça a vraiment existé.

    22:08 Publié dans effets formels | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ZOB

    samedi, 18 novembre 2006

    il en fallait bien un

    Il en fallait bien un qui jura qu'il n'y entrerait pas mais qui se prenant le pied dans une aspérité du sol y fut projetté. Le Roi se tenait devant l'incrédule. Le trône resplandissait dans un luxe inouï. Que de chemin parcouru depuis sa naissance au Soudan . Il rejetta sa mêche de cheveux d'une façon fière et il regarda le Roi profondément. Il avait des poils sur le nez, des bras velus assez grossier, son regard était terrible et il dut baisser les yeux.

    Oh Roi , je me prosterne devant toi, tu es la lumière de tout être dit Rahypha. Onctumus le Roi le fit assoir à ses côtés.

    Que me vaut l'honneur de cette visite? fit Octumus.

    Je m

  • mergitur

    J'adore bricoler. Depuis le début de la semaine je travaille sur l'amélioration d'un micro-onde. Je l'ai customisé un maximum. Il ressemble à une imprimante 3D. Je l'ai équipé d'une caméra interne pour surveiller la cuisson à distance et d'un analyseur de particule pour connaître la vitesse de la cuisson. Aujourd'hui je branche un capteur de molécules et un jaillisseur projectionnel pour apporter les plats sans avoir à se déplacer. Le fun du fun! Voyons, le branchement n'est pas évident mais ça devrait fonctionner. Houps! Le jaillisseur projectionnel n'a apporté que la moitié du plat. J'ai du faire une erreur dans le capteur, il n'a pas tout pris!

    Azel est un geek , un passionné d'informatique. Chez lui on se croirait dans un navire spacial. Meubles chromés. Eclairage de boîte de nuit. Domotique à outrance. Robot ménager sachant  parler, rien de manque!

    Pendant qu'Azel démonte le capteur de molécules, Chloée sa femme arrive à la maison.

    -Bonjour chéri, tu as passé une bonne matinée?

    -Pas mal j'y suis presque avec mon jaillisseur projectionnel, bientôt on pourra dîner dans le salon sans avoir à chercher les plats dans la cuisine, qu'est-ce que t'en dis?

    -Tu veux dire que les plats arrivent tout seuls? Tu es devenu prestidigitateur?

    -Je n'ai réussi à déplacer qu'une moitié de plat pour l'instant mais je suis sur la bonne voie.

    Chloée est tellement habituée à l'incroyable avec Azel que c'est tout juste si elle est à peine surprise. L'an 3220 sur la Terre est tellement novateur! L'an 3000 a été le début d'une véritable révolution technologique.

    Chloée est vraiment la femme qu'il fallait à Azel. Elle imagine tout de suite de nouvelles perspectives à ses inventions. C'est son conseiller et son premier public. Elle fait même le cobaye à l'occasion.

    -Azel chéri tu me fais le coup de la téléportation là? Tu m'annonces ça avec un ton si détaché en me parlent de plats et de cuisine que j'ai du mal à réaliser. Tu te rends compte ? Avec ça tu peux changer toutes les habitudes de la société.

    -Oh tu sais chérie, ce n'est qu'un prototype. En l'essayant ce matin je n'étais même pas sûr que ça allait marcher! C'est pas tout à fait abouti, pour l'instant ce n'est qu'un prolongement de la domotique, je te laisse imaginer les autres utilisations possibles avec ton sens pratique et ton intuition chérie. Tu es ma muse, sans toi je ne suis qu'un pauvre artisan!

    Chloée s'approche et dépose un baiser langoureux sur ses lèvres. Azel actionne un bouton sur le mur et un sofa se déploie. Ils tombent enlacés sans cesser de s'embrasser. Chloée était l'élève d'Azel en travaux dirigés à la faculté d'Anxor sur Vénus. Il a toujours gardé pour elle cette aura de professeur bien qu'ils aient pratiquement le même âge.

     

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  • G-Merge et cie

     

    Si la planète se réchauffe, c'est qu'on s'rapproche de l'enfer.

    Sniper
    Visions chaotiques - Gravé dans la roche. 2003
     

    1er juillet 2056  Paris 04H

    Il est quatre heure du matin à Paris et après avoir vainement cherché le sommeil depuis le début de la nuit, Azel vient d'admettre qu'il ne dormira pas. Accoudé à la fenêtre de son bureau high-tech avec vue sur Seine face à l'ile Saint Louis, il essaie de se distraire en regardant  les étoiles qui palissent. Il ne sait pas très bien s'il doit se réjouir de la levée du jour  ou la regretter . Des zébrures de lumière écrivent sur l'obscurité finissantes des signes qui ne lui parlent pas. Pourtant il est tellement fatigué qu'il parlerait bien avec la lune. Des pépiements d'oiseaux qui se réveillent l'interrogent. Bonne journée ou mauvaise? Dure à commencer, dure à finir se dit-il. Il a épuisé toutes ses réserves. Les lumières des lampadaires s'éteignent et laissent place à une clarté diffuse comme si le jour avait du mal à se reconstituer. Deux étages plus bas, quelques passants. Il aimerait bien être comme eux : un simple rouage dans une vaste mécanique où les problèmes personnels s'annulent les uns aux autres et se diluent dans la masse. Mais il n'est pas comme la plupart de ses semblables. Son entreprise, l'agence de voyage "G-Merge" emploie des milliers de personnes à travers le monde. Ses problèmes sont comme les chutes de dominos, peu nombreux au départ et innombrables à l'arrivée ou comme les chutes du Niagara, incontrôlables.

    Tout commence en 2040. Il vient de terminer ses études  de cinétique à l'université Corvenus de Budapest. Ses travaux lui valent l'admiration de tous à l'Université et il acquiert déjà une petite renommée . Hors l'université des personnes très informées s'intéressent de très près au développement de ses travaux. Au cours de son cursus il a été adoubé par l'agence du développement de la jeunesse américaine et tout naturellement, son diplôme en poche , il travaille pour la CIA dans le service des exfiltrations secrètes.Il commence à recevoir des médailles pour son travail, on l'invite un peu partout.  Azel connaissant le rapport réflexif de l'énergie et du mouvement a alors l'idée d'amplifier cette synergie à l'aide d'un procédé qui s'apparente à la résonance qui multiplie le son par réverbération. L'énergie ainsi produite de façon hyperbolique finit par engendrer le mouvement quasi perpétuel et il suffit d'un adjuvant pour obtenir le déplacement ultime: la téléportation. Le temps et la distance sont alors abolis et le voyage devient immédiat. Revenu à Szeged, il met au point sa première capsule de téléportation qui lui apporte célébrité et richesse. Il crée ensuite l'agence de voyage "G-Merge" qui lui vaudra tous les succès qu'on connaît et tous les déboires qui causeront sa perte.

    La téléportation: l'énergie et le mouvement:

    "On ne peut guérir la partie sans soigner le tout,on ne doit pas soigner le corps séparé de l'âme, et pour que l'esprit et le corps retrouve la santé, il faut commencer par soigner l'âme. Car c'est une erreur fondamentale des médecins d'aujourd'hui: séparer dès l'abord l'âme et le corps". Platon 427-347 av. J.C

     

     1er Mars 2040 à Budapest dans une modeste colocation d'étudiants.

                          Dans le petit appartement d'Azel se sont réunis tous ceux qui travaillent avec lui. L'ambiance est détendue. Le tee-shirt et le jean sont de rigueur. L'alcool coule à flot. Une vague odeur de marijuana plane dans la maison. C'est la fin de l'année et l'aboutissement de longues années d'étude pour la plupart des étudiants. Jeansen, un ami qui l'a introduit auprès de la CIA est présent avec sa femme Josie. Un cercle de jeunes russes l'entoure avec lesquels il discute en toute discrétion. Jeansen est petit, chauve et bedonnant. Il a la particularité de passer partout inaperçu, il est parfait pour les filatures.

    -Et pour les subventions, la qualité prime toujours sur la quantité n'est-ce pas mon cher Oslov? demande l'un d'eux. Jeansen se fait appeler Oslov par commodité. Il se fait passer pour le directeur d'une association scientifique chargée de financer les recherches des savants fraîchement émoulus. Le jeune professeur Roberson qui vient de poser cette question n'a pas beaucoup travaillé pour l'association cette année mais il pense que les secrets qu'il a pu livrer valent de l'or. Il envie Azel de pouvoir réunir tout ce monde autour de lui. Autant Azel est petit et discret autant Roberson est grand et tapageur. Ce que Jeansen ne sait pas c'est que Roberson travaille aussi pour la CIA et qu'il est chargé de le surveiller. Les recherches d'Azel sont bien trop sensible.

    -Je suis toujours preneur!répond Jeansen. Mais la qualité des données reste fondamentale. Trois fois rien fait toujours rien mais une information importante peut déclencher des miracles. Problème, comment être sûr qu'une information est importante? Jeansen scrute les yeux brillants de convoitise de ses interlocuteurs. Il reprend:

    -Vous ne pouvez pas savoir à quel point une information qui vous semble anodine peut être importante pour nous. Le thermonucléaire  par exemple, si le professeur Nanzing ne nous avait pas contacté pour éditer son livre, nous n'aurions jamais pu financer ses travaux sur la fusion de deux noyaux légers et par là même les USA n'auraient jamais pu se doter des dernières ogives nucléaires qui impressionnent tant nos amis les Chinois.

    -Réalisation grandiose s'exclame Perry, l'un des jeunes savants aussi impliqué dans les services secrets que les autres mais du côté russe.

    -C'est une grande chance de vous avoir parmi nous pour ce soir,reprend Perry, la soirée risque d'être mémorable!

    Jeansen rayonne dans ce petit cénacle de jeunes scientifiques . Il adore le pouvoir. L'argent est le plus sûr moyen de se faire obéir . Il travaille pour la CIA mais ce serait pour le KGB s'il était russe. Pour lui la patriotisme ne se choisit pas, il s'impose. S'il était né indien d'Amazonie, il aurait réussi à récupérer toutes les terres spoliées de son peuple et bien plus encore en faisant l'impossible. Il est très haut placé dans la hiérarchie des services secrets américains mais pour ses interlocuteurs il n'est que le petit directeur de l'association de mécénat scientifique de monsieur Grostropovitch.

    -Mes amis, commence-t-il, vous avez l'assurance de Monsieur Grostropovitch que toutes vos recherches seront étudiées avec intérêt et financées au mieux de nos possibilités. Il sourit à gauche et à droite et soudain se retournant vers le centre du salon:

    -Mais permettez-moi de porter votre attention sur notre éminent collègue le professeur Azel pour lequel nous sommes là ce soir. Le voici. Roberson se rapproche de Jeansen en lui entourant familièrement l'épaule comme deux vieux amis qu'ils ne sont pas . Perry suit des yeux cette approche. Il ne loupe jamais une occasion de flatter Jeansen.

    -Azel nous a toujours vanté vos mérites, vous êtes véritablement son inspirateur dit Perry à Jeansen avec un air sardonique en regardant Roberson qui reste coi et se contente de tapoter l'épaule de Jeansen avec effusion.

     Jeansen se dégage de l'étreinte de Roberson avec un air irrité, puis ses traits s'apaisent , il vient de voir Azel qui arrive.Très brun il porte une fine barbe et une moustache à la Dali. Son complet noir contraste avec la tenue débraillée de ses collègues. Il a toujours paru plus vieux que son âge. Ses sourcils broussailleux lui donnent un air irrité alors qu'il s'efforce de se montrer affable.

    -Messieurs, mesdames et mes demoiselles je vous remercie d'avoir honoré cette soirée de votre présence. Je vais vous montrer que ce que l'on dit sur la téléportation est vrai.. Des rires étouffés résonnent dans le public. Comment une telle expérience pourrait-elle être possible dans un endroit aussi quelconque. La pointe de la technologie ne réclame-t-elle pas des engins compliqués, étincelant de tous leurs chromes? Ici rien de cela, un spot, un coussin au centre du disque de lumière et Azel qui débite son discours de façon automatique. Un cabaret. Pour un peu on dirait un canular. On connaît le sens de l'autodérision d'Azel et ses moustaches en guidon de vélo ne plaident pas pour son sérieux. Malgré son complet anthracite Azel a toujours l'air hirsute. Ses lunettes de travers complètent la panoplie du savant fou complément décalé.

    -Je vous demande un peu de silence et toute votre attention. Les lumières baissent progressivement. Sous une lumière tamisée le bar et les tables garnies de petits fours restent éclairés. Le liseré d'or du coussin de velours  resplendit maintenant dans l'obscurité. Soudain l'air semble gorgé de buée. Une forme oscille  puis se précise. Un boemerang vert? Une banane verte?   Et voilà un petit string vert fluo qui nargue les spectateurs avec un sourire coquin comme déposé par Apollon à partir de rien.

    -Ah! fait l'assemblée subjuguée. Des applaudissements crépitent dans un brouhaha enthousiaste. Puis des viva fusent. Hip hip hip, hourra! C'est l'apothéose, l'accessoire féminin enflamme les esprits. A qui peut bien appartenir cet accoutrement? On connaît l'humour à froid d'Azel , mais là , c'est le comble, pourquoi choisir un tel élément avec toute sa dose de provocation?

    -Mes amis reprend Azel, vous avez pu constater que ce charmant string est apparu comme par prestidigitation  mais je n'ai pas de chapeau magique, seulement une cabine projectionnelle , téléportationnelle serait plus exact, qui permet de tout envoyer  à la vitesse de l'éclair.

    - Pourquoi un string? Les femmes de l'assemblée sourient tandis que les hommes les regardent en retour. Parce que ma découverte s'appuie sur l'amour entre deux êtres , le mouvement et l'énergie du coït représente cette synergie , c'est le principe fondateur de la téléportation. Une oscillation bénigne qui se termine en apothéose!

    L'orgasme est le summum du mouvement et de l'énergie.Ce que j'ai réussi à mettre dans mes équations, c'est le plaisir et plus que le plaisir, l'amour. C'est lui le moteur.  Voilà pourquoi je vous réserve encore une petite surprise ce soir.

    Azel sourit à ses amis et claque des doigts. Aussitôt l'ébauche d'un hologramme prend forme à côté de lui. Des gouttes d'eau qui tremblotent, suspendues dans les airs, semblent se cristalliser. . Bientôt une belle jeune femme apparaît dans le plus simple appareil et le public se met à hurler d'enthousiasme. Les femmes se mettent à glousser tandis que les hommes s'épongent le front, la température de la pièce est montée de dix degrés.

    -Je vous présente ma femme Chloée ! . Après avoir saluée et revêtue un voile diaphane , Chloée  s'adresse à la salle:

    -Je suis heureuse d'être ici parmi vous. Azel m'a seulement téléporté de la pièce d'à côté jusqu'ici mais nous voulions que vous assistiez à la reconstitution des particules corporelles après la téléportation.  Ce sont les sensations du passager que je voudrais vous faire connaître :je me suis sentie partir comme si je m'endormais puis je me suis réveillée parmi vous comme après une hypnose. Cet endormissement est très agréable comme s'endormir après un bon repas. Le réveil est naturel comme reprendre ses esprits après un assoupissement. La reconstitution corporelle est indolore . Voilà tout ce que vous risquez avec la téléportation. Un assoupissement léger et un réveil rapide. J'espère vous avoir convaincu et fait de vous de fervents défenseurs de la téléportation qui, nous en sommes sûrs détrônera tous les moyens de transports actuels pour devenir le moyen de transport par excellence de l'avenir. Chloée salue le public un peu émue. Un petit sein s'échappe de son vêtement quand elle se penche pour saluer, plus convainquant que toutes ses paroles. Le public est subjugué.

    Après une salve d'applaudissements et une standing ovation les discussions reprennent. Les petits fours et le champagne recommencent à circuler , c'est une véritable réussite.

     

     

    2 Février 2040 Budapest 08H , le lendemain de la soirée de présentation d'Azel.

    Chloée se balade dans les rues enfouies sous la neige de Budapest. Elle est petite et musclée. Une fine fleur de la campagne dans sa simplicité. Une tignasse brune indisciplinée sur une tête angélique. La buée qui sort de sa bouche la fait ressembler à une publicité pour cigarettes. Ses cheveux noirs jurent avec la lumière blanche de ce matin d'hiver. Elle se tapote les  en sautillant. Quel froid! Comme c'était amusant hier de les voir tous ahuris quand elle est apparue toute nue sur la table du salon. Azel était bien dans le timing quand il lui a jeté le voile pour la recouvrir dès son apparition. Le clou de la soirée c'était aussi Jomeny et Noémie, le couple de chercheurs sur la transcorporation. Ce moyen de voyager en intégrant le corps d'un autre est tout à fait original mais quelle responsabilité que de veiller sur un corps prêté qui n'est pas le sien!  Ils se sont remis ensemble il n'y a pas si longtemps et c'est leur première apparition ensemble depuis leur rupture. Leur aval pour la téléportation vaut de l'or et The economist of Budapest espère voir les actions de l'entreprise E-Merge d'Azel flamber car la téléportation devrait couvrir un vaste champs d'activités et remodeler toute la société. Zoée est très fiere de son mari. Elle rêve d'une société où la téléportation serait accessible à tous. Pour l'instant seule l'armée l'utilise couramment dans le plus grand secret. Les capsules de téléportation pour le grand public sont encore à l'état de prototype. Chloée se prête à toutes les expériences de son mari.  Elle était son élève de travaux dirigés à la fac et pour elle, il est encore auréolé de son ancienne autorité d'enseignant, même s'ils sont à peu près du même âge. Parfois elle doute de l'innocuité de la téléportation. Hier elle a eu peur de trouver son mari encore changé après la petite téléportation qu'elle a effectué  devant ses amis.Après les téléportation la réalité se modifie. Elle a l'impression de découvrir une deuxième version du même thème. Elle quitte un mari jovial pour retrouver un mari bougon. Parfois elle trouve des objets dans sa chambres sans savoir d'où ils proviennent comme si elle rentrait dans la vie de quelqu'un d'autre. Elle a du mentir par omission pour vendre le projet. La réincorporation physique est un peu déstabilisante, il faut un minimum de temps pour se remettre .A chaque retour chez elle,  elle a l'impression de se retrouver dans un univers parallèle, semblable à son quotidien mais légèrement différent.Depuis qu'elle utilise la téléportation pour les expérience d'Azel , elle a cru perdre la tête plusieurs fois. C'est un détail qui a changé de place, un vêtement à la place d'un autre, le changement de personnalité d'une connaissance, un rue qui n'existait pas ou qui n'existe plus. Même Azel a changé. Elle attribue ses changements à sa fatigue , à son état de stress mais son intuition lui lance des signaux avertisseurs. Quelque chose n'est pas tout à fait normal.

     

    1er mars 2050 Rome

    Azel est assis derrière son vaste bureau et contemple les factures étalées devant lui. Que d'efforts pour réaliser le projet! Le téléphone sonne. Il décroche:

    -Allo? Oui c'est en bonne voie! J'y travaille.

    -vous apporterez les chaises en bas, nous mettrons des fauteuils à l'étage.

    -N'oubliez pas les boissons. Ce sera le clou de la soirée!

    Ce n'est guère que le cinquantième appel depuis ce matin.

    -Oui, tu me l'as dit, j'y vais, j'y vais!

    A l'autre bout du fil, Jeansen tisse une fois de plus sa toile.

    -Ecoute moi bien Azel , le bureau t'avance les 190 000 dollars pour ouvrir ta boîte mais rappelle-toi bien le contrat qui nous lie. Tu dois nous livrer le compte rendu de toutes les téléportations que tu pourras accomplir même les plus anodines.

    Tu connais les clauses, je ne t'en rappellerai qu'une: l'obligation de planquer tous nos agents selon notre volonté. Sache bien que sans nous tu es barré, rien ne peut se faire sans notre accord, si tu collabores bien, le monde entier s'offre à toi, une route carrossées d'or! A la vie à la mort!

    -OK, d'accord! Ne t'énerve pas ! Depuis le temps qu'on bosse ensemble, tes grands discours ne m'impressionnent plus! Contente toi de verser ce que tu m'as promis et tu ne seras pas déçu.  Azel raccroche. Il se permet de parler d'égal à égal avec Jeansen. Il a fait du chemin depuis qu'il le connaît. Il est persuadé de posséder un carnet d'adresse plus épais que le siens. Avec tous les fonds qu'il a récolté il va enfin pouvoir l'ouvrir son agence de téléportation. Un maximum de plaisir en un minimum de temps pour peu d'argent, tel est la devise de G-Merge, l'entreprise qu'il a créée.

    Le concept est nouveau, il s'agit d'offrir à ses clients le réveil de leur rêve. En quelques heures il les téléporte sur le lieu qu'ils veulent et leur offre tous les services possible, plus luxueux les uns que les autres puis il les renvoie à leurs occupations habituelles quelques heurs plus tard. L'immédiateté de la téléportation permet toutes les fantaisies et la brièveté du service réduit d'autant les coûts . L'inauguration de la maison mère a lieu demain. Tout est déjà prêt pour l'ouverture. Les capsules de téléportation sont astiquées et brillent dans le vaste hall d'entrée de l'entreprise. On a vu les choses en grand. Un double escalier façon Palais Garnier mène au premier étage qui servira de salle de programmation et de service financier. Azel compte sur une petite centaine de personnes triées sur le volet. Il s'occupera personnellement des personnages les plus importants. Derrière le bâtiment il y aura les locaux de la CIA. Son ami Jeansen aura un bureau à demeure. Azel a accepté toutes ses propositions et il accueille si bien les services secrets qu'Azel a songé ironiquement à appeler son entreprise G-Berge. Il y a des microphones et des caméras partout. Les ordinateurs sont directement reliés aux services d'écoute du Pentagone. Son entreprise est portée à bout de bras par la CIA mais personne ne doit le savoir. Azel a un peu l'impression d'avoir donné son âme au Diable.

     

    3 Avril Bethléem 2045

    Dans son atelier, Azel et ses ouvriers finissent la première capsule de téléportation. Zoée a déjà testée le prototype et elle est enthousiaste. Elle déborde d'imagination sur les futures utilisations de ce nouveau moyen de locomotion. Azel a déposé un brevet pour sa nouvelle machine. Son activité reste encore très artisanale. Il a été contacté par les services secrets américains pour intervenir au plus vite sur des opérations délicates . Le modèle qu'il achève est destiné au grand public et ressemble très peu à celui qu'il utilise pour l'armée un peu comme une berline par rapport à un bolide de formule 1. L'atelier est toujours en désordre, il explique souvent à Chloée que l'ordre tue la créativité.  Pour Azel l'erreur est source de progrès, car elle bouscule les apriori et devient la genèse de l'imprévu qui mène à l'innovation. En essayant de visser un rétroviseur sur la porte de la capsule , il ripe et s'égratigne le doigt. Il peste en vociférant contre le désordre "bordélique" de son atelier car il ne retrouve plus les pansements et le mercurochrome.

    C'est à partir d'un vulgaire micro onde qu'il a fabriqué sa première télé-portation. Il s'amusait à inclure de plus en plus de gadgets dans la boîte: visio-conférence pour surveiller la cuisson du produit à distance, horloge hélicoïdale pour mesurer le degré de pénétration des ondes dans les aliments puis il a décider d'analyser le code intrinsèque des produit pour les reformater comme le ferait une imprimante 3D. Il était avec  Chloée quand ça s'est déclenché.

    -Chloée tu m'entends? Où étais-tu passée?

    -tu sais bien que je ne m'éloigne jamais beaucoup, je préparais du café dans la cuisine.

    -C'est toi qui a rangé l'assiette témoin que j'avais mis dans ce fichu four à micro-onde?

    -Non Azel, depuis que j'ai failli me cramer la main en sortant un truc de ton fichu machin je ne me risque même plus à le regarder sans des lunettes de protection!

    -Arrête Chloée! Où est cette assiette?

    -Je te le dis Azel, si tu continues à prendre ton Duodénal avant d'aller travailler tu vas bientôt voir des éléphants roses dans le laboratoire!

     

    Azel se dit qu'il finira bien par retrouver son assiette témoin. Il est parfois si distrait qu'il pourrait se perdre entre sa chambre et les toilettes.Il reprend une assiette, la fourre dans le machin, appuie sur le faiseur d'impédance rapide et là, boum! Le condensateur à clapet a encore sauté. Des petites flammèches s'échappent du moteur, il coupe l'arrivée du courant. Quand il ouvre la porte de l'appareil, l'assiette a encore disparu! C'était le bon temps, ils étaient jeunes, ils avaient toute l'innocence avec eux, ça a bien changé. Vieillir demande des concessions. Le temps de la bohème est révolu.

     

    1er Septembre 2048

    Jeansen mache son sandwich comme un ruminant mastique un épineux, douloureusement mais déterminé à aller jusqu'au bout. De grosses gouttes ruissellent de son front puis du bout de son nez pour tomber en larges tâches sur la table en formica. En face de lui Azel le teigneux se fait doux comme un lapin. Il connaît Jeansen et sa force animale. Un mot de trop et Jeansen l'écraserait comme il presse sa sauce au ketchup, sans pitié et sans retenue.

    -Tu vois Azel, les forces de l'ordre doivent apparaître face au Pentagone quand la manifestation déboulera de l'avenue de Pennsylvalia puis après avoir stoppé le convoi il me les faudrait sur un des ponts de la rivière Potomac histoire d'assurer les arrières tu saisis?

    -J'crois qu'il ya un léger malentendu mec! C'est pas des cargos ce que j'ai inventé, ça voyage bien à la vitesse de l'éclair sinon plus vite encore c'est vrai mais c'est des capsules de transport, on peut tout juste y mettre un couple de quidam et encore , pas trop gros! Désolé mais je ne suis pas tenu à l'impossible!

    Jeansen crache un résidu d'os  dans l'emballage tout déchiré sur la table et continue:

    -bon Azel mon p'tit , tu es un bon p'tit gars , si tu es gentil on pourra te verser beaucoup d'argent. On va changer le programme! Est-ce que tu peux me faire apparaître le Prez au début du cortège sur l'avenue Virginia? ça devrait stopper les ardeurs de ces cons là et peut-être désamorcer la manif?

    Azel regarde sa montre. Il peut s'absorber dans sa montre et devenir aussi petit que les aiguilles dans le cadran. Comme Alice et le lapin , il passe d'un univers à l'autre. D'un ton uni, il commande un autre verre. Univoque, univerre, le plus dur c'est de s'arrêter. Si Jeansen voulait bien s'arrêter de parler une minute. Il faudrait le télé-transporter à l'autre bout de la planète celui-là!

    -Ecoute au lieu de rêver reprend Jeansen, de ta collaboration va dépendre ton avenir. Si t'es conciliant c'est une autoroute de billets verts qui s'ouvre à toi! Des capsules comme la tienne on en verra partout! Tu seras le papa de la téléportation pour tous, après les USA le monde entier, mais surtout pour cette fois , téléporte-moi le Prez au début du cortège sur l'avenue Virginia!

      1er Juillet 2052  Paris

    De retour d'une séance de réveil d'G-Merge, l'agence de voyage qui donne un maximum de plaisir pour un minimum de prix, Lucien part au bureau regonflé à bloc après son lever du lit de rêve. Il se rappelle encore les cocotiers, la douceur de l'eau , le beau sourire de la vahiné, le top du top!

    Dans la foule des travailleurs du matin, il rentre dans le wagon du métro la tête encore pleine de souvenirs. Chaque trimestre il s'offre les services d'E-Merge, cette nouvelle boîte à la mode qui vend des voyages éclairs à petits prix. Cette fois il a pris la formule caraïbe tout compris. Il a eu droit au grand jeux. Le transat avec le petit jus de fruit pays servi sur un cui décoré main, la serviette tri-rembourrée "E-Merge", le Gwo Ka pas trop fort et pas trop près avec les belles danseuses tout près. Il a de la biguine dans les jambes, il ne veut même pas s'assoir! Avec plein de musiques dans la tête il sort du métro et se paye le luxe de sauter les tourniquets de la sortie, c'est son côté neg mawon. Arrivé au bureau son chef n'est pas son chef habituel, ça non! Qui pourrait se remettre de quitter monsieur De la Serviette pour retrouver Mme Ame du Hamam? Madame Ame l'embrasse de toutes ses dents comme s'il était le préféré de ses princes charmants, là Lucien tique. Les femmes il les aime plutôt dans la vingtaine, la trentaine tout au plus mais là , s'attendant à voir le gros De la Serviette et tombant sur une dame qui se pose comme sa patronne et qu'il n'a jamais vue auparavent. Il se dit que bien des choses peuvent changer pendant une séance avec E-Merge, il y repensera à deux fois, la boîte de cigares cubains et le rhum guadeloupéen lui semblent un peu trop surfaits pour être offerts à sa charmante supérieur hiérarchique et il se demande si trouver une patrone au lieu d'un patron au retour d'un voyage d'E-Merge est un dommage collatéral ou bien est-ce un vice de fabrication? C 'est l'un des premiers hiatus parmi les promesses lénifiantes de cette agence de voyage."Avec E-Merge après un réveil de rêve éclair et merveilleux vous reprendrez votre vie quotidienne avec bonheur". D'accord mais faudrait-il d'abord que cette vie quotidienne ne soit pas changée!

    2 Juillet Saint-Ouen

    Lucien n'en revient pas. Après la cantine sa nouvelle patronne l'a sommé de regagner son bureau à Saint-Ouen. Le seul problème c'est qu'il n'a jamais eu de bureau à Saint-Ouen. Du moins il n'en est déjà plus aussi certain . Après son escapade aux Caraïbes quelque chose s'est mis à déconner. Ses certitudes s'effritent. Dans le métro qui l'emmène à Saint Ouen il glisse ses doigts dans son porte-feuille et sort sa carte professionnelle. Stupeur, étonnement, malaise! Sous sa photo il peut lire: lieu de travail Saint Ouen. Il envisage sérieusement d'aller voir un psychologue dès que possible. Quelque chose ne tourne pas rond. Ou il est devenu amnésique ou il est devenu fou. A aucun moment il ne conçoit que le problème pourrait venir de l'agence G-Merge. Arrivé à Saint Ouen, il peut qu'admirer le bel agencement de son nouveau bureau. Sur les murs de larges télés murales semblent percer l'espace en trois dimensions pour agrandir la profondeur de la pièce de tous les côtés. Il trouve la télécommande sur le clavier de l'ordinateur qui trône au milieu de la pièce. Machinalement il appuie sur un bouton qui allume l'écran central.

    "Ici Télé Rap-Hot, la télé qui rapporte tout. Nous somme en direct de G-Merge où Monsieur Azel a bien voulu nous accorder un interview."

    -Monsieur Azel que vous reproche la commission Déplacement et Ethique?

    -Je m'élève vivement contre la commission dont la seule fonction semble être de soutirer un maximum d'argent aux entreprises des Etats-Unis qui réussissent.

    -On a lu dans la presse que certains clients de G-Merge avaient été remboursés de leur prestation. G-Merge serait-elle victime de défaillances?

    -Comme toutes entreprises humaines, G-Merge peut commettre des erreurs et avoir des ratés mais dans la majorité des cas , nos clients sont satisfaits. Il est apparu qu'un pourcentage infimes d'utilisateurs se sont plaint de distorsions de la réalité après leur retour. Nos spécialistes émettent l'hypothèse selon laquelle la téléportation pourrait dans certains cas ultra minoritaires engendrer une perte de repères mémoriels et conduire à un manque de reconnaissances des repères habituels.

    -On a entendu parler d'un client qui aurait carrément changé de vie à son retour. Comment est-ce possible?

    -D'abord ces allégations ne concernent que cet homme dont il est question. Personne n'a pu prouver la véracité de ses accusations. Comment le simple fait de se téléporter pourrait-il agir d'une quelconque façon sur la réalité. Il est à craindre que le progrès des technologies n'occulte des peurs ancestrales des humains qui ne demandent qu'à se réveiller. Tous nos services d'assistances sont mobilisés pour venir en aide à ces personnes heurtées par la puissance de la modernité. Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour les dédommager et leur permettre de franchir cette épreuve avec confiance. Cette frange extrêmement marginale de notre clientèle correspond au pourcentage de personnes fragiles psychologiquement dans la société. Nous continuerons cependant à proposer la téléportation pour tous sans tenir compte des antécédents médicaux de nos clients car jamais les personnes malades ne connaîtront d'ostracisme chez nous. G-Merge sera toujours au service de tous pour le bien commun.

    -Hé bien merci Monsieur Azel de nous avoir accorder un peu de votre temps, nous rendons tout de suite l'antenne."

    Lucien est médusé. G-Merce dénonce les troubles de la réalité comme des maladies mentales. C'est trop facile. En faisant porter le chapeau aux clients elle se dédouane de toute responsabilité. Sur les écrans des majorettes ont l'air de faire de la gymnastique pendant que la caméra zoome sur certaines parties de leur anatomie. La musique se fait de plus en plus présente pour finir par un trémolo de basse particulièrement insistant rappelant le pouls d'un coureur épuisé. Les majorettes sont tétanisées et ont l'air de tomber en catharsis. Lucien éteint.

     

     

     

    Mai 2054: au conseil de déontologie scientifique de Bainbridge.

     

    -Levez-vous professeur Azel, vous savez pourquoi vous êtes convoqués je suppose? clame un haut perché du turban, un de ceux qui changent votre vie , avec l'accord des lois. Bonifacius il s'appelle. C'est le grand juge de l'important innocent trublion qui clame haut et fort on innocence.

    Le juge reprend d'une voix plus mielleuse. Il se délecte de pouvoir jouer au chat et à la souris avec un personnage aussi important que le président de G-Merge.

    -La presse ne parle que de vous cet an-ci. Vous devenez la calamité mondiale si vous me permettez l'expression!

    Mais pourquoi me laissent-ils tomber se dit Azel pendant que l'homme de loi déroule sa litanie d'accusations. "Utilisation de technologie inappropriée et dangereuse pour la société, publicité mensongère, activité monopolistique, fraude aux impôts, travail illégal, distorsion de la réalité volontaire et réitérée, ouverture de réalités parallèles, mensonge par omission..."Ces types de la CIA qui me promettaient des ponts en or, où sont-ils passés? Toutes ces combines que j'ai acceptées pour eux, est-ce là leur façon de me remercier?

    -Professeur Azel! Comment avez-vous pu imaginer tromper le monde plus longtemps?

    -Objection votre honneur! C'est l'un des avocats d'Azel qui vient de se lever en agitant la main. Grand et svelte, racé dans son complet d'alpaga jaune, il incarne l'élégance suprême du modernisme classique. Maître Leporel interrompt l'accusation avec hauteur. 

    -Le ton employé est partisan, je demande un ton plus mesuré. Le professeur Azel est un citoyen exemplaire qui a beaucoup oeuvré pour notre grand pays des Etats- Unis comme peuvent en témoigner ses militaires qui sont venir le soutenir.

    D'un signe de main le juge fait avancer un homme en uniforme bardé de médailles.

    -Caporal Huan Pey qu'avez-vous à dire?

    -Le professeur Azel a travaillé pour nous dès son plus jeune âge. Il était encore étudiant quand il participait déjà à l'animation de séminaires scientifiques de l'armée. Il a rendu des services immenses au gouvernement en téléportant les plus hauts dignitaires du gouvernement pour des missions importantes. Si nous sommes encore l'un des derniers remparts de la démocratie dans le monde c'est surtout grâce à lui. La salle se lève alors d'un mouvement unanime et entonne l'hymne américain.

    -Silence, silence ou je fais évacuer la salle!

    -Si la téléportation présentait un danger quelconque ces exploits n'auraient jamais pu avoir lieu!

    Un tollé d'aplaudissements soulève les lattes du parterre. Les bancs soulevés et jetés sur le sol font un tintamarre d'enfer. La séance est levée. Le jugement reprendra demain.

    ę

    Décembre 2045 Arabie Saoudite

    Azel est assis dans le camion militaire qui le mène à Makkah. L'Etat major américain, du moins celui des services secrets a pour but de convaincre le prince Raffik de ramener les soldats américains qui se radicalisent à la raison. La propagande est rude et la consigne est d'éviter toute confrontation violente avec les opposants au régime. C'est là où Azel développe la téléportation spontanée. Il s'agit de se téléporter le plus rapidement possible en cas d'intention  de préjudices corporels de la part des forces adverses.

    Avec la téléportation spontanée Azel affine ses réglages et perfectionne son système. Il arrive à téléporter des personnes à distance et l'armée lui demande souvent de la faire sans leur consentement.

    C'est Jeansen qui l'attend à Makkah. La CIA pense qu'Azel a besoin de ce contact familier avec Jeansen. Leur collaboration depuis de nombreuses années a tissé des liens qui s'apparente à l'amitié.

    Azel descend du camion militaire sa petite valise chromée à la main. Ses affaires suivent dans le convoi qui le suit. L'armée a caché sa présence parmi une troupe de jeunes appelés du contingent. Aussitôt qu'il referme la portière du camion pour gagner ses quartiers, Azel est contacté par Jeansen qui lui a préparé une petite réception. Quelques lampions illuminent la piste. On a fait venir un orchestre de maqam. Quelques danseuses aux yeux langoureux soulignés de kohl ondulent formant des cercles d'admirateurs autour d'elles. Azel entre dans la salle de réception. Il n'a même pas eu le temps de se changer. Habillé en treilliset rangers, il ressemble à un baroudeur, bien loin de son aspect lisse d'étudiant universitaire. Jeansen est dans le fond de la salle une jeune fille assise à califourchon sur ses genoux. Les lumières éclairent crument la scène faisant jurer les couleurs vives des robes des femmes. Jeansen congédie la jeune fille et convie Azel à s'assoir à sa table.

    -Le voyage s'est bien passé? A vous voir on croirait que vous avez traversé tout un continent! Asseyez-vous à ma table! Dans le tohu-bohu général, Azel s'assoit et arrive à articuler un remerciement inaudible. Déjà Jeansen lui sert à boire.

    -Tiens prend un peu d'alcool de sargasse, ça vient de Guadeloupe, c'est super!

    - Merci j'ai bien cru que je n'arriverai jamais, les pistes du désert sont impénétrables!

    -Inch Allah! J'ai un petit boulot pour toi Azel. Mais d'abord as-tu avancé tes recherches sur le canon à téléportation?è

    -Oui on peut dire que j'ai réussi. J'ai construit un engin qui peut téléporter à distance sans avoir besoin de l'empreinte génétique. Le rayon d'action est large et je peux te dire que j'ai réussi sur un troupeau de vaches et que ça a fonctionné!

    -Bravo Azel!

    -Tu pourras voir l'engin  demain, c'est génial Jeansen!

    -Tu sais on va passer à la deuxième phase maintenant. Le Prez veut des résultats. L'Arabie saoudite ne nous couvrira que si nous lui rendons service. Le canon téléportationnel doit rester secret mais nous pouvons leur filer un sacré coup de main. Jeansen sort alors une chemise de papier qu'il pose sur la table. Regarde! Ces gens là sont devenus indésirables. A toi de les amener le plus loin possible. Voilà le plan!

    Azel observe les photos. De braves gens en djellaba qui défile portant un enfant à bout de bras. Une victime collatérale diraient ses amis les militaires. Une autre photo: des femmes et des personnes âgées le bras tendu, toujours la même histoire, la faim, la pauvreté, la misère. Encore, une autre qui tombe de la table. Azel ne la regarde pas , il a compris. Jeansen l'observe. Quand Zoée, la femme d'Azel n'est pas là , le professeur baisse toutes ses barrières morales. L'argent est un métal corrosif, il corrompt les esprits et Azel n'est pas fait en aluminium. Sans sa femme ses principes rouillent comme du vieux métal vermoulu. Il fera ce qu'on attendra de lui. C'est un bon élément, il comprend "comment ça marche"!

    -En somme il s'agit d'éloigner les manifestants? On a intérêt à éviter les journalistesn le ph. Le canon téléportationel doit rester secret pour l'instant. Je tiens toutefois à préciser qu'il reste purement dissuasif et pacifique. Les manifestants seront téléportés un peu plus loin voilà tout!

    -Ah mon ami Azel , je vois bien le philanthrope que tu es. C'est un plaisir de travailler avec toi. Amusons-nous ce soir , je t'ai mis les plans de la manif de demain dans le dossier, tu as aussi une carte du pays. Nous comptons envoyer ses protestataires à Djeddah , ils ne gêneront personne c'est sous contrôle! Reprend un peu de cet alcool de sargasse guadeloupéen, un vrai nectar! La fête de bienvenue bat son plein. Les danseuses se rapprochent d'Azel. Zoée est bien loin, il ne lui raconte jamais vraiment tout.

     

    24 décembre 2045 Riyad au alentour de minuit.

     

    Les fêtes chrétiennes ne sont pas des fêtes nationales à Riyad mais la veille de Noël l'ambiance est électrique, cette année les grèves, les manifestations et contre manifestations ont harassé le peuple saoudien. La répression a été à la hauteur des espoirs des grévistes. Les décapitations ont succédé aux enfermements de masse. Loin de s'apaiser, la tension est montée d'un cran avec l'arrivée du contingent américain. L'avenue principale de Riyad recommence à se remplir de manifestants. Les ambours des meneurs assourdissent l'atmosphère, il fait nuit et les gens transpirent comme en plein jour. Des hélicoptères de l'armée quadrillent le ciel au dessus des manifestants. Les journalistes sont systématiquement renvoyés dans leurs hôtels. parmi les militaires américains qui encadrent la foule, Jeansen et Azel commencent à mettre leur plan en oeuvre. Derrière les forces de l'ordre un camion immense vient de déployer une parabole. Le pistil de cette parabole lance un long jet de matière diaphane qui englobe une bonne partie des protestataires dans ce qui ressemble d'abord à un arc en ciel puis à une immense bulle de savon irisée. Un soldat monte alors sur une tourelle qui pivote vers le dôme. On entend comme un bruit énorme de succion et brutalement la demi-sphère disparaît dans un bruit blanc à percer les tympans. La rue est déserte. Jeansen et Azel se congratulent. " On a gagné", "on les a eu"!Les ordres fusent " repli" " regagnez les camions" "on rentre à la caserne". Dans une synchronisation parfaite, comme à l'opéra, les militaires esquissent une danse de paix en cessant d'épauler leurs armes, les boucliers chutent à terre, les casques pendent au cou des combattants dont on voit les yeux luire dans l'obscurité et les bouches sourire. La paix par la guerre, la trêve faute de combattants. Le canon téléportationel a rempli sa mission.

     

    2046 Paris

     

    Il faut que la queue du diable lui soit soudée, chevillé et vissée à l'échine d'une façon bien triomphante pour qu'elle résiste à l'innombrable multitude de gens qui la tirent perpétuellement.

    Victor Hugo
    Lucrèce Borgia.
     
     
     

     Aux déplacements de foule succédèrent les disparitions de personnalités gênantes, comme pendant les âges sombres des dictatures sud américaines. Azel directeur de l'agence "G-Merge" avait vendu son âme au Diable. Les services les plus secrets des services secrets, les services des enlèvements et de la terreur d'Etat avaient souvent recours à ses services. Il acceptait maintenant de téléporter les opposants au milieu de la mer ou au beau milieu du ciel. Quand on retrouvait les corps, ils étaient peu reconnaissables. Azel battait sa coulpe, mais il avait besoin de l'aval des puissants pour étendre son emprise sur le monde. Le réveil de rêve devenait le loisir à la mode. Azel perfectionnait son procédé de jour en jour. Les distorsions temporelles n'avaient plus de mystère pour lui. Il avait compris que ces attaques répétées contre le système de l'espace et du temps avaient fini par abîmer le présent. Comme les lattes d'un lit sous la pluie deviennent fragiles et cassantes, les téléportations successives avaient altéré la couche unifiée du présent qui s'était divisé comme le bois collé des lattes se sépare en lamelles. Azel ne se contentait pas d'envoyer sa femme se faire téléporter quand il en avait assez d'elle, il avait croqué la pomme lui aussi. Quand la téléportation avait commencé à être rodée, il s'était mis à l'utiliser comme les riches aiment utiliser leur yacht de luxe, mais lui c'était en secret. Comme une boule de billard il rebondissait d'un endroit à un autre. Sa vie familiale en pâtissait mais c'était pour la bonne cause. On n'a rien sans rien. Quand il rentrait chez lui, il trouvait souvent quelque chose de changer qui n'était pas comme ça au départ. Un meuble dans la maison qui n'existait plus, ou qui était nouveau par exemple. Quand il demandait à Zoée le pourquoi de ce changement elle avait l'air étonné. Pour elle rien n'avait changé. Il avait compris qu'il était rentré dans les univers parallèles. Il avait eu peur, très peur même. Mais considérant que ces changements de réalité étaient mineurs et tout à fait tolérables. Il ne s'était pas inquiété outre mesure. On n'a rien sans rien.

     

    2047  New-York

    Jeansen est au sommet de la tour du World Trade Center reconstruite à l'identique. Le bar est bien éclairé de lumières tamisées sentant bon l'alcôve où même le plus en vue des VIP devient incognito. Sa marionnette Azel se tient à côté de lui déjà éméchée par la série de ti punch qu'il vient d'ingurgiter. 

    -Oui d'accord, c'est tout ce qu'il sait dire en face de Jeansen qu'il voit comme un bulldozer, oui bien sûr. Tu veux un déplacement ultra rapide qui te permet de partir et revenir en un claquement de doigt à la fin d'une manif pour revenir au début de la manif avec un plan pour l'arrêter? Tu veux le don d'ubiquité, c'est ça? Là tu vois , tu m'prends pour le Père Noêl!

    Sans se laisser démonter, Jeansen se cale sur son fauteuil pour envoyer sa dernière réplique, l'estocade qui va plier Azel.

    -Azel , mon petit, tu as reçu ta feuille d'impôt hier n'est-ce pas? Tu as vu tous ces zéros aussi nombreux que les bulles de ton Champagne? Y-a qu'un copain qui peut te faire sauter tout ça et c'est moi , tu le sais bien. J'ai toujours aimé les talents prometteurs comme toi. Ecoute moi bien petit. Jeanson se caresse le menton comme s'il chatouillerait la nuque de son protégé. Ecoute petit, ce que je veux, et le Prez le veut aussi petit. Il fera tout pour l'avoir et il saura le remercier celui qui l'aura fait l'avoir. Le Prez il veut faire le voyage le temps d'une inspiration dans un discours , partir et revenir le temps d'un éclair  pour vérifier un détail ou un truc d'importance qui peut faire changer le deal tu vois? Le Prez, si y promet quek chose à un glandu, y veut pouvoir aller tout de suite vérifier si c'est bon avant de promettre quoi que ce soit sans être sûr que c'est bon. Le Prez, c'est hyper important pour lui. Y'a toute une équipe autour du Prez, c'est maintenant où jamais. Y saura te récompenser plus que tous tes désirs. Tu boostes sur la vitesse et c'est bon. Si le Prez te le demande c'est que tu peux le faire!

    Azel le prend comme un knock out. Déjà sonné par son habitude de se torcher le museau, frappé par les high impositions du Trésor Public, il est mis échec et mat par les nouveaux diktats de son mécène. Et dire qu'il voulait négocier une augmentation!

    Il se tire en douce avant l'addition et réclame encore la tête de Malcom comme le font tous les moutons qu'il vient de croiser.

     

    Février 2044 Laponie Capitale de la Finlande Romaniémi. 18H

     

    De Jean d'Ormesson / Réponse au discours de réception à l'Académie française de Madame Yourcenar

     

    Le thème de la Fête de "L'Emergence" était le voyage cet année. Azel avait fait forte impression avec son entreprise "G-Merge" qui promouvait sa cabine téléportationelle. Il avait insufflé un réel renouveau dans l'évolution des technologies du transport et Rpmaniémi devenait pour huit jours l'endroit où les grands novateurs du déplacement devaient être pour échanger leurs dernières techniques. Il y avait les tenants de la décorporation dont seuls l'esprit voyageait car ils s'échangeaient leur corps. Les lévitationels qui se concentrait sur la force mentale en dédaignant les techniques industrielles. Les réintégralistes qui se résurrectionaient pour profiter du déplacement post-mortem. Les lumineux et les sonores voyageant à la vitesse de la lumière ou du son. Les transformistes qui se changeaient en animal dans un but ludique et sportif, toute une panoplie de personnages originaux dont l'aspect l'était tout autant.

    Azel pour qui l'argent coulait à flot, s'était réservé une place centrale et tout naturellement ce fut lui qui ouvrit les festivités. 

    Il stupéfia la foule en apparaissant à plusieurs endroits simultanés de la scène immense achalandée comme un sapin de Noël ou un gâteau d'anniversaire. Comme certaines réunions secrètes comme Bildeberg rien ne devait filtrer de la présentation des inventions nombreuses qui allaient être présentées. Tout ce qui serait dit resterait confidentiel. Les gens se levèrent et commencèrent à hurler d'allégresse. Des rayons laser se pointèrent vers le firmament faisant maintenant ressembler la scène à une cathédrale. Des torrents d'applaudissements et des ovations saluèrent l'apparition d'Azel tandis que résonnait l'hymne franc-maçonnique principal actionnaire de l'évènement. Domptant la foule avec un salut romain, Azel obtint immédiatement le silence. Son micro transmettait ses moindres intonations et on l'entendait reprendre sa respiration comme le ferait un chanteur de charme séduisant son public féminin ou non.

    -Messieurs, mesdames et mesdemoiselles, c'est pour moi un honneur immense d'avoir été choisi comme le parrain de la manifestation. Il en a fallu des forces intérieures et extérieures pour arriver à ce succès planétaire. Mais aujourd'hui, je remets toutes mes mises sur la table. J'abandonne la cabine de transport trop restreinte pour le canon omnidirectionnel, je me suis inspiré du lancer de filet traditionnel, avec le parasol téléportationnel, la cible devient plus conséquente. J'emploie un vocabulaire guerrier car la principale finalité est militaire. Tous les espoirs sont permis, une foule immense, un immeuble, un quartier entier sinon une ville complète si les tirs sont réitérés. La palette de possibilités est vaste. Nous travaillons sur les cartographies couplées à l'ordinateur, le travail peut-être très précis pour un nettoyage ethnique par exemple. Nous utilisons également les propriétés de propagation du son et autour de l'impact en cas de tir non préparé, la téléportation peut concerner les limites géographiques audibles de la vibration de l'onde sonore. 

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    lundi, 27 novembre 2006

    Terro

    Terro était de la taille d'une meule de paille. Sa toison jaune le faisait ressembler à un tableau impressioniste. Il était doué pour la lèche et déjà Jasmine s'initiait. Jasmine avait seize ans à l'époque, lycéenne elle intimidait les profs avec son fauve. Terro, c'était Mister Jekill et Mister Hyde, il pouvait grogner en retroussant les babines d'une façon saisissante, en général, le puplic prenait les jambes à son cou. Malheureusement, elle ne pourrait avoir toujours sa compagnie dans les futurs moments difficiles. Mais pour l'instant, elle donnait à manger à son chien. Il n'avait pas encore trois mois et se blotissait dans ses bras. L'adorable petit toutou. Il mangea tant à Noël que le lendemain il ne faisait que péter, prolongeant la fête de ses pétarades. Outre ses bruits plus ou moins familiers, neutres ou odorants, Terro indiquait sa trace avec de généreux filets de bave.

    -Oh un escargot! dit l'enfant qui se penchait sur la moquette de l'appartement de Jasmine.

    -Mais non Pierrot, c'est Terro mon chien lui dit Jasmine. Il a faim et vos sandwitchs lui font envie!

    -Ze vais lui en donner un p'tit bout fit Pierrot. Mais à peine l'avait-il brandi vers le chien que Terro lui happait la main. De terreur l'enfant piqua une crise de nerf et Jasmine fut bien ennuyée. Elle n'eut pas la force de tapper le chien et coupa les derniers liens qui la reliait aux gens. Non pas que son chien fut impossible, mais elle n'aimait pas déranger. C'était plutôt une contemplative. Avec son chien, elle aimait faire de longues promenades en forêt. Demain, elle appelerait Frédo et ils iraient se promener à Mont Saint-Marc, une jolie petite promenade.

    Sanglée dans sa nouvelle combinaison de marche, Justine mettait la dernière touche à son maquillage quand elle apperçut Fredo.

    23:56 Publié dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : CHIEN

    grippe

    Jasmine avait la grippe. Elle n'arrétait pas d'éternuer. Zhaymé vient la voir chez elle. Les escaliers sont difficiles à monter, l'architecte avait bu. Assis sur le sol dans les escaliers, un junky se choote sans pudeur. Ce squat pue la pisse. Des journeaux déchirés ont servi de papiers, l'odeur est tenace. En montant les escaliers Zhaymé se rapproche de la toux déchirante de Jasmine. Il n'y a pas de porte, elle a été arrachée, Jasmine protège son intimité avec une couverture tendue sur le chambranle de la porte. Sur le pallier, des SDF sont affalés, une bouteille de rouge à la main. Zhaymé ne sait pas que Jasmine se prostitue. Il voudrait la sortir de là mais Jasmine fait des fugues pour y retourner quand il tente de l'héberger chez lui. Depuis que Jasmine se drogue elle n'est plus la même.

    -Salut Jasmine! Alors et cette grippe? dit Zhaymé

    -Oh elle n'est pas prête de partir, ça s'accentue tous les jours répond Jasmine.

    -Tu as trouvé le courrier que j'avais déposé sur la table ?Demande Zhaymé.

    -Oui, je n'avais pas eu de nouvelles des miens depuis longtemps, comment ont-ils fait pour me retrouver?

    -J'ai retrouvé ta mère à l'hôpital, j'allais voir José quand je l'ai vue aux urgences. Elle s'est démis un doigt en chahutant avec le chien.

    Jasmine se rappelle de Terro, un fox-terrier qu'elle avait aimé toute son enfance. Ca lui semble si loin!

     

    04:15 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : déchéance

    dimanche, 26 novembre 2006

    jasmine

    Zhaymé regardait Jasmine arriver. Belle fille, grande et élancée, elle souriait en avançant son visage vers lui pour qu'il l'embrasse. Zhamyé ferma les yeux et blottit sa tête contre la sienne en la serrant dans ces bras. Après ces effusions ils se mirent à la recherche d'un restaurant. Un homme les contemplait depuis un moment. Il se présenta à eux comme le patron d'un hôtel où il les conviait gratuitement comptant sur la bonne publicité qu'ils lui feraient après.  Le resto était installé sous une tente sur une place de Paris. Le mois de mai tirait à sa fin. La ville semblait déserte. Quelques pigeons leur souhaitairent bienvenue et repartirent vers d'autres cieux aussi généreux. Zhamyé avança une chaise pour Jasmine qui s'assit à une table lourdement décorée de fleurs et de bougies. Le serveur arriva aussitôt. Le serveur était plutôt petit mais il faisait grnade impression dans son vétement de service, pantalon noir et chemise rouge. Jasmine chavirait littéralement sur les beaux yeux sombres du serveur. Il ne lui demanda pas ce qu'elle volait manger, il lui conseilla des plats qu'elle commenda. Zhamyé était un peu jaloux mais il avait remarqué une très belle femme à une table à côté de la leur et il étt occupé. C'est une serveuse qui vint prendre sa commande. Il déploya tous ses moyens et bientôt la serveuse riait à gorge déployé avec lui. A la fin du repas le couple l'emmènerait chez lui mais le premier plat arrivait et Zhamya et Jasmine ne se firent pas prier! Le temps passait vite

    23:17 Publié dans amour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : coucou

    samedi, 25 novembre 2006

    PREDICTION

    Tu rencontreras une jeune fille qui s'appelle Jasmine vous serez très heureux mais c'est avec un autre qu'elle fera son enfant. L'enfant te quittera pour aller rejoindre son vrai père. Ainsi la diseuse de bonne aventure avait vu la fin de l'histoire avant tout le monde? Zhaymé ne comprenait rien, il n'avait pas encore rencontré Jasmine. De son côté Jasmine aussi avait été averti de l'arrivée de son mari Zhaymé. Quand il se l'accapara pour toute la fête, elle n'émit pâs d'objection. Le lendemain ils avaient l'impression d'avoir été ensemble toute leur vie. L'un n'allait pas sans l'autre, on les appelait les "siamois".

    21:37 Publié dans violence | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ANTILLES

    zhaymé

    on a mis tellement de temps à se trouver qu'on ne pourra jamais plu se quitter dit Jasmine en rigolant. Zhaymé lui chatouillait les oreilles avec une fleur des champs. Le pick-nique avait été une réussite avec tous ces convives anciens étudiants compagnons de longues études.Zhaymé était responsable des expériences en laboratoire tandis que Jasmine travaillait à l'administration. Ils avaient emménagé depuis un an et toujours pas d'enfants. Ils voulaient attendre d'en faire un avant de se marier.

    Et tes visites au gyné ça s'est bien passé? demanda Zhaymé.

    Oh toujours pareil quand ils ne savent pas expliquer, ils mettent ça sur le dos de la psychologie, il faut être zen, bien manger, bien dormir...Rien de nouveau, je refais les tests mercredi. Jasmine pensait à la rencontre qu'elle avait fait au laboratoire. Le médecin lui avait fait miroiter une ventre de sperme. Le sien en l'occurence. Et le baiser qu'il lui avait donné en disait long sur ses désirs. Après tout si ça pouvait marcher. Son couple battait de l'aile de monotonie et d'ennui, un enfant fairait l'affaire même s'il n'était pas de lui.

    Le lendemain elle retourna voir René le médecin. Il avait tamisé les fenêtres et lui demanda directement de se déhabiller. Avait-elle réfléchi lui demanda-t-il. Elle lui dit d'y aller que c'était sa bonne période. A la sortie du cabinet, elle était sûte d'être enceinte. Zhaymé la comparait à une déesse, il lui semblait aujourd'hui qu'elle était remplie de toutes les promesses.Le repas en amoureux fut particulièrement complice et Jasmine lui avoua tout.

    Le docteur René en terminait avec la petite de l'entretien quand son téléphone sonna.

    Allo, c'est Zhamyé, j'veux un rendez-vous.

    -Quelque chose ne va pas?

    -Rien de grave, des questions à tirer au clair.

    -A quel propos?

    -Sur la fertilité de ma femme.

    -C'est à dire, j'aimerai parler en présence de votre femme, après tout le secret médical...

     

    Le bébé était magnifique; La ressemblance avec René n'était pas perceptible encore et Zhamyé était convaincu d'être le père. Jasmine rayonnait; C'était le plus beau jour de sa vie. Quelle ne fut pas sa surprise en constatant que c'était René son médecin à l'Hôpital et ceci pour toute sa convalescence. Il lui apportait déjà des fleurs qu'elle disait amenées par des admirateurs à son mari. Quand le bébé grandit, René lui avoua tout et le petit vint vivre chez lui.

    Zhaymé et Jasmine

    Non, il ne sait pas ce qu'elle est devenue. Il n'arrivait même pas à la voir quand elle était encore là! Pour vous dire! Zhaymé avait rencontré Jasmine à une chute de métro: le métro s'était arrété brusquement et il était tombé dans ses bras, ou plutôt à ses pieds. Jasmine portait d'adorables chaussures légères presqu'invisible.  Elle allait à la fac' cette "Manman des antillais middle class "qui voient là un bon moyen de hausser leur niveau grâce à la France, mère patrie, mais c'est plutôt une relation de néocolonialisme. Il y a peu de facs aux Antilles!

    Alors il s'était inscrit aux mêmes cours qu'elle. Il la loupait tout le temps et n'eut jamais un rendez-vous satisfaisant avec elle. Difficile d'être plus frustré. Pourtant ça avait duré des années. Des fois il se faisait des signes à l'autre bout de l'amphi. Il avait obtenu son téléphone et l'appelait tout le temps mais il tombait toujours sur la boîte vocale, il n'était même pas sûr que ce soit le bon numéro. Il la voyait de loin passée avec ses affaires de classe, surchargées comme un coursier.

    Jasmine savait bien que Zhaymé la désirait mais de la prison où elle croupissait, c'était difficile d'avoir des projets. Elle y pensait à Zhaymé mais le temps passait et les souvenir z'estompaient. Zhaymé ne devenait plus qu'un agréable ssouvenir, elle était maintenant intérréssée par le gardien. Sa mémoire lui jouait des tours.

    18:14 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : SOUVENIRS

    l'oubli

    c'est comme un souvenir qui disparait peu à peu de ma mémoire, je me souviens, je l'attendais toujours après les cours mais elle tournait sa route devant mes yeux et je la perdais de vue. Je loupais toujours mes rendez-vous, je partais à l'heure du rendez-vous et j'arrivais en retard. Elle me filait entre les doigts. Je me souvenais encore de son visage, un visage fin d'une trentaine d'années, des cheveux noirs de geai, je l'adorais pourtant. Nous nous étions loupé de peu. Quelques minutes qui font toute une vie. Elle se coiffait et pensait à lui. Elle partirait plus tôt de sa classe et serait ainsi sûre de ne pas le louper. Mais il partirait plus tard et la louperait encore. Jasmine lissait ses cheveux magnifiques devant la glace de Saint Gobin que lui avait offert son dernier amant. Zhaymé, lui , la loupait toujours, jamais le temps de discuter, on se regerdait seulement, et de loin.

    Moi Zhaymé, je la regardais depuis le jardin où poussaient de somptueuses roses de printemps. Jasmine était à l'étage de sa résidence et lui faisait des signes de loin. Zhaymé courut vers elle, mais déjà elle était parti prendre le métro et il la vit juste s'engouffer dans les entrailles de la Terre. Jasmine était désolée mais on l'attendait dans une succursale d'une banque suisse spécialisée dans l'horlogerie. Le slogan de la boîte: " t'es en retard ou pas mais t'as une belle montre!". Ca concernait les paresseux et les fonceurs donc tout le monde. La boîte était sûre de faire un carton. Zhaymé devrait s'y mettre, pensa-t-elle. Toujours à traîner quand tout le monde court et à se reposer quand tout le monde travaille. Zhaymé s'était mis à la suivre dans le métro, il montait dans la première rame et la vit monter dans la dernière vers laquelle il progressait station après station.

     

    02:41 Publié dans fashion | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : METRO

    vendredi, 24 novembre 2006

    TEX MEX

    Il aimait cette place aux monuments aztèques, il s'y promenait régulièrement maintenant qur la sacoche l'avait emmené ici. Le coup du tapis volant, il connaissait mais celui de la sacoche qui fait voyager, c'était inédit. Il ouvrit la deuxième lettre: il s'agissait d'un plan. En regardant de plus près, il comprit qu'il s'agissait d'une mine d'or à l'autre bout du Mexique. Le lendemain, il était déjà en voyage, parti à la recherche de la mine. Il dut prendr de nombreux trains avant d'arriver. Il avait acheter des baudets qu'il avait chargé de matériel divers. Ontosorotario ne figurait sur aucune carte mais le plan était assez précis, ces deux immences pièrres qui se détachaient wur le ciel étaient les mêms que celles qu'il voyait dessinées sur le plan. Il s'arrêta et planta sa tente.

    Sa nuit fut parsemmée de rêves étranges qui lui donnèrent un sommeil agité. La sacoche était maudite, ses rêves parlaient d'une sacoche qui avait contenu la tête d'un mort, que des sorciers devaient livrée à un roi astèque. Au matin la sacoche était encore rougie du sang du rêve, la poignée était toute poisseuse. Ludovic sécida de jetter la sacoche, mais plus tard dans l'après-midi un soldat vint lui rapporter en lui disant de bien prendre garde à ses affaires sinon c'est la vie qu'il pourrait bien perdre. Le soldat avait l'air d'un revenant aussi Ludovic dut-il garder la sacoche. Ce matin là, Ludovic poussa un cri d'effroi quand il ouvrit la sacoche. Elle contenait la tête d'un employé.

    Personne ne l'avait vu, et tôt le matin il avait jetté la tête avec la sacoche et s'était engouffré dans un avion pour Paris.

    Il commençait à croire que tout cela n'avait été qu'un mauvais rêve du sans doute au surmenage quand l'hotesse vint le voir...

    04:19 Publié dans fashion | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : SACOCHE

    TOUR DE TABLE

    Chacun se regardait en pouffant, on savait où elle était sa sacoche! Sa femme était venu l'apporter mais personne ne le lui disait. Trop contents de voir sa gêne, il rougissait à en perdre le soffle! Bizarre ce repas, tout le monde qui se fendait la tronche pendant que Ludovic éssayait d'absorber quelque chose.

    03:21 Publié dans effets formels | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : RIRE

    la sacoche

    la sacoche gisait là, sur le côté, abandonnée mais fermée. Ludovic s'en approcha, les gens passaient préssés  et indifférents. Il était midi, tout le monde allait manger.La sacoche était faite d'un beau cuir lustré d'Italie, sans doute appartenait-elle à un riche propriétaire. Ludovic la pendit à son épaule et rentra chez lui. Encore essoufflé  il força le petit cadenas qui se laissa ouvrir sans résistance. Dans la sacoche il y avait seulement trois lettres et un manuscrit.La première lettre que Ludovic ouvrit parlait d'un cow-boy au coeur du Mexique, le manuscrit relatait des fouilles du côté de Mexico.

    Quand Ludovic regarda autour de lui, il n'en crut pas ses yeux. Il était à Mexico. La sacoche était magique, qui sait où elle le ménerait la prochaine fois...

    03:15 Publié dans effets formels | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : MEXICO

    jeudi, 23 novembre 2006

    disparue la sacoche

    Il l'avait oublié. Il regardait autour de lui mais tout semblait normal. Personne n'avait remarqué qu'il avait perdu sa sacoche. "Elle doit être bien quelque part" pensait-il, mais il avait beau retourner sa mémoire dans tous les sens, rien, pas un souvenir. " Voyons, je suis parti vers 9h, et je suis rentré à 16h, se disait-il,et je suis arrivé à l'hôtel à dix heure, c'est là que j'ai du l'oublier. Potier mis son blouson et fila vers les garages. L'hôtel était récent et les parkings ressemblaient à des salles de bain. Le hall d'entrée était vraiment immense et Potier se dit qu'il aimerait bien venir plus souvent.

    Juraver était une petite femme d'intérieur comme on n'en voit plus beaucoup. Elle se plaisait dans son petit chez-sois qu'elle partageait avec Potier.Elle avait remarqué que son mari avait oublié sa sacoche, elle avait essayé de l'appeler
    mais les communications du portable ne passaient pas. Elle regarda dehors, Potier ne devrait plus tarder.

    Quand Potier passa la porte de l'hôtel, il fut saisi par le service d'ordre et remis directement au Directeur de l'Hôtel. " Alors? On part sans payer? Ca m'étonne de vous mon cher . Potier rougit de honte mais comment aurait-il de l'argent quand il avait tout mis dans la sacoche? Son but maintenant était de rechercher dans l'hôtel la sacoche disparue. Les gens commençaient à descendre pour manger. Le dinner était déjà servi, tous les pensionnaires étaient là,

    mardi, 21 novembre 2006

    LE TEMPS D'UNE SESSION;

    je n'arrive toujours pas à savoir comment j'ai bien pu attérir là, avec ses pingoins autour de moi toutes la journée, ce vent qui me fouette le visage et mon tawky-walky qui grésille à mes oreilles.

    "OK! Vas-y!Tu peux dynamiter la banquise, on assure derrière toi!" dit le patron dans le tawlky walky. Herbert était passé maître dans l'art du dynamitage et il commanda prestement l'opération. Les ouvriers d'équipe ne se firent pas prier pour se presser d'autant plus qu'il faisait un froid de canard. Ca faisait déjà quelques temps qu'on bradait les pôles, la banquise était commercialisée sous l'appelation "eau millénaire" et ses vertus étaient parait-il nombreuses. Quand l'explosion secoua l'iceberg Marie, la femme d'Herbert était à Paris. Elle militait contre le pillage des pôles.

                                 La rue était remplie de CRS; on entendait cogner les matraques sur les boucliers de plastiques, les manifestants répondaient en tappant leur manche de pioche et cette musique se conjugait aux râles guerriers de l'ensemble des combattants. Quand une grenade fut lancée Marie perdit un doigt mais c'est une il  balle qui l'a tua, elle n'eut que le temps de penser à Herbert sur les glaces.

                                De l'autre côté du monde, Herbert pensait que tout se réversait, les contraires s'attiraient. Il était bien placé sur l'axe de la Terre pour se le prouver. Ce qu'il ne savait pas, c'est que la réversibilité l'avait touché. En contribuant à la mort des glaces éternelles, il avait précipité sa femme dans l'éternel. Quand le tawlky-walky grésilla à ses oreilles, il hurla quand on lui apprit la mort de sa femme.Il hurla tellement fort qu'il n'entendit pas l'avertissement d'un ouvrier qui lui disait de s'éloigner. Quand il sauta avec la glace, une longue stalactite le transperça droit dans le coeur. Il sauta tellement haut qu'il pensa voir Marie à Paris et lui cria ses excuses.

                               

    03:59 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : MUSE

    lundi, 20 novembre 2006

    zob,zob, zob

    mais lache-moi!

                       arrête!

                                       ouille!

                                                    aille!

                                                                  aillaillaille!

                                                                                    ouillouillouille!

           j'aime bien mais ça fait mal!

     

    il se rappellait les délices du week-end mais il avait vraiment pas la tête à faire cours.

    IL REVASSAIT, hiers il n'avait pas dormi, avant hiers non plus et toute la semaine il n'arrivait pas à dormir. En salle, il se voyait au lit, au lit il se voyait en salle... Touours enfermé, entre des tables qui l'acculaient au mur, entre ses draps qui le momifiait. Il rêvait éveillé, et ses rêves troublés ressassaient la réalité.

    Dans ces rêves, il revivait les évènements de la journée et en journée, il révait...

    Dans ces rêves il se pinçait mais ça ne lui faisait rien, ou alors il l'avait imaginé quoiqu'il se retrouva égratigné au réveil...Un jour il avait révé que le gaz explosait au matin il flottait une légère odeur de gaz, mais l'avait -il imaginé? Dans la vie de tous les jours, il s'endormait avec ses étudiants, ne sachant plus tellement s'il était vraiment au travail ou s'il rêvait d'y être. Il avait donné rendez-vous à une collègue dans un rêve et s'étonnait qu'elle n'en sâche rien dans la réalité!

    Avec le "Club des rêves" qu'il avait créé entre midi et deux, il arriva avec ses étudiants à faire les rêves se communiquer. Il fallait diriger son rêve pour atteindre des plates-formes où les rêves pouvaient s'interconnecter. Il existait en effet une géographie des rêves qui permettait de connaître le monde du sommeil. Il avait trouvé le moyen technique d'interconnecter les rêves. Il branchait ses étudiants sur un rayon alpha réglé sur la même fréquence pour le locuteur et l'interlocuteur. Au réveil les deux protagonistes racontaient la même histoire où ils fi. guraient tous les deux. L'appareil fut vendu sous le nom de "Syntronium" et le succès fut immédiat.

    Le reproche dusystème était la variabilité de la mémoire et certains mauvais sujets ne possèdaient qu'une faible capacité à mémoriser aussi on vit la fonction se professionaliser. Herbert était passé maître dans la Grande Communication des Rêves. Il venait de lancer les "Vacances réveuses" où il suffisait de s'endormir chez sois pour vivre les plus vacances en rêves. La Civilisation devint rêveuse et les restaurants sur canapé furnt à la mode. On dormait et les serveurs rêvaient votre repas. Plus besoin de se déplacer et pas de graisse inutile. On voulut dormir de plus en plus, le réel n'ayant de prix que pour supporter le temps du sommeil.

    Le Grand Falgore inventa la solution ultime:

                                                                  la mort était le rêve perpétuel, il suffisait de bien le programer.

    La société se divisa: les rêveurs locuteurs firent passer tous les rêveurs interlocuteurs de vie à trépas pour leur plus grand bonheur. Le rêve se rétracte à la sphère individuelle et tout revint comme avant mais jamais plus les hommes ne voulurent communiquer entre eux en franchissant la porte des rêves si bien que l'invention de Herbert tomba dans l'oubli et le tabou.

    Aujourd'hui on ne sait même pas si ça a vraiment existé.

    22:08 Publié dans effets formels | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ZOB

    samedi, 18 novembre 2006

    il en fallait bien un

    Il en fallait bien un qui jura qu'il n'y entrerait pas mais qui se prenant le pied dans une aspérité du sol y fut projetté. Le Roi se tenait devant l'incrédule. Le trône resplandissait dans un luxe inouï. Que de chemin parcouru depuis sa naissance au Soudan . Il rejetta sa mêche de cheveux d'une façon fière et il regarda le Roi profondément. Il avait des poils sur le nez, des bras velus assez grossier, son regard était terrible et il dut baisser les yeux.

    Oh Roi , je me prosterne devant toi, tu es la lumière de tout être dit Rahypha. Onctumus le Roi le fit assoir à ses côtés.

    Que me vaut l'honneur de cette visite? fit Octumus.

    Je me suis pris les pieds sur le sol et je suis tombé me forçant ainsi à rentrer.

    Tu es appelé par le destin, je cherchais un écuyer tu le seras. Aussitot dit, aussitôt fait on harnacha Rahypha et après un ultime sanglage il fut présenté au Roi. Comme le Roi était satisfait Rahypha put enfin sortir. Il avait maintenant un métier et Michkaya ne lui échaperait plus longtemps. Il courut lui apprendre la bonne nouvelle.

    Mychkaya ouvre-moi! C'est moi Rahypha! Mychkaya sortait d'une bonne sieste, elle mit son jolie minois de belle africaine dehors, les yeux encore tout rêveurs. Rahypha contempla son amie, bientôt si tout se passait bien ce serait sa femme, il en avait encore des aigreurs d'estomac de dépit. Le temps lui semblait si long où il pourrait partir avec elle.

    Le lendemain, c'était son premier jour au chateau. Tout ce brouhaha et ce tralala, faites comme si faites comme ça. L'étiquette était très contraignante. Il ne fallait jamais montrer son dos au Roi sauf ordre express. Rahypha en avait des crampes au cou. Octomus était partout, pas une inauguration, un concert ou un quelconque évènement où il ne serait pas.

    Manque de bol, au cours d'une promenade le Roi rencontra Mychkaya et en devint follement amoureux. Rahypha se trouvait dans une posture délicate et il pensa abandonner son nouvau métier pour fuir avec Mychkaya à l'étranger mais il avait rencontré une voyante qui lui avait redonné espoir.

    La cabane était basse de plafond et la fumée suffocante à l'intérieur. Une sorte de momie se tenait immobile dans un fauteuil c'était la voyante. Elle prédit à Rahipha qu'il allait lever l'Infante et que tous ses ennuis diparaîtraient. Rahipha fut soulagé mais il restait à trouver l'Infante car le Roi avait fait décapiter toute sa famille.

    Un jour Rahipha découvrit un petit gamin surdoué dans un grand hôtel, il apprit par la suite que cet enfant était de sang royal et qu'il était descendant du Roi en ligne direct simplement le Roi voulant tuer toute sa famille, des paysans l'avaient hoté des yeux du Roi et desormais il était élevé comme leurs propres enfants. Il était si petit qu'on l'appelait moustique.

    Moustique connaissait son histoire mais il prenait garde à se comporter comme n'importe quel jeune homme de son âge. Il écouta Rahipha avec intérêt. Le Roi se perdrait lui-même, toute la population était déjà relevée contre lui. Rahipha commença à emmener Moustique partout avec lui. Il contactait les Roylistes et des accords secrets étaient passés.

    Le matin de la Grande Commémoration, tout le monde était dans la rue. Quand le Roi sortit, les gens se marchaient dessus pour le voir. Quand il arriva au niveau de Réhipha il prit son air le plus moqueur pour lui demander pourquoi il faisait la cour à un nabot si royal puisse-t-il être. Rahipha comprit que le Roi savait tout. Déjà il vit les lances des gardes avancer au loin.

    Moustique fut le premier à réagir, il entraîna Rahipha avec lui dans une course effrenée.

    00:30 Publié dans érotisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pas érotique

    vendredi, 17 novembre 2006

    comme une gêne

    elle le regardait et plissait ses yeu. C'était ou la gêne ou le soleil. Il pensait: c'est le soleil! Un éphèbe était entre nous deux et je pensais qu'il était plus beau que moi dans sa première jeunesse alors que j'allais sur le demi siècle... Ma dentiste m'avait remis les pendules à l'heure:"fumer et manger des bonbons à 20 piges c'est possible mais à 40 tu commences à payer tes erreurs. J'avais mangé un bonbon à la menthe avant de consulter... Bon j'avais encore oublier de fermer les guillemets... La famille Guy Yemet avait le don de ne jamais se refermer où l'on voulait... J'aimais mieux la famille Guy Lee plus gaie!

    Je refermais le tiroir après m"être saisi du couteau à charcuter que j'étais venu chercher. Ces corps ne rentreraient jamais dans le coffre comme ça si je ne les aidais pas un petit peu. Pour réduire la file d'attente, j'avais du abréger certaines vies. La vieille dame n'en avait plus pour longtemps et je considérais que faire disparaître un plaignant était un peu lui rendre service en abrégeant ses souffrances. Mon bizzness commençait à rapporter gros , j'éliminais les rivaux.

    Par exemple vous postulez pour un job. Avec le nom et l'adresse de vos concurrents je les dissuaderai de se présenter contre vous.Après mes traitements certains ne se présenterait jamais plus nulle part Je n'avais pas de regret. J'étais devenu un terroriste.  Je m'amusais à métisser les corps. Là un  bras blanc, là un corps moir ou l'inverse. J'enviais les zèbres avec leur noir et blanc intégrés.

    L'ongle du pied est gris et fatigué. La jambe est courte et poilue. Le short est passé comme artificiellemnt, il coûte cher à l'achat.C'est mon orteil et ma jambe. Je rêve de moi-même. J'en ai marre et préfère hacher tout menu. Ce n'esrt pas une pâte marron qui sort (blanc + noir) mais une couleur rouge: corps charcutés= sang.

    Semblant (sang blanc) et San Noir ne font qu'un/

    San Noir fait samblant (sang blanc).

    18:44 Publié dans érotisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gêne garçon

    L'ami

    Il était adossé et l'attendait. Déjà deux heures de piquet, décidemment ça n's'arrangeait pas... Buffon ruminait sa rencoeur quand elle arriva fraîche comme une fleur. Sylvianne était rayonnante, elle venait d'être augmentée par son patron.Buffon était l'ami de Sylvianne, lui des augmentations, il en donnait tous les ans à son personnel. Sylvianne était marriée avec Patrick, un australopithèque rescapé de la période glacière. Des poils de persil lui sortait toujours par les oreilles. Sylvianne était un roseau, souple et verte.Un bonbon acidulé. Elle pétillait littéralement quand elle ne jettait pas des étincelles. Son sillage était parsemmé d'étoiles clignotantes. Buffon était une espèce d'homme préhistorique du même gabarit que Patrick mais il parlait le japonais, chose que Patrick, le mari de Sylvianne ne faisait pas.Sylvianne était amoureuse du Japon. Elle avait installé un petit hôtel bouddhiste dans son armoire avec une bougie toujours allumée, ça m'f'sait flipper Pat'. L'ostralopithèque passait son temps à se gratter et roter devant la télé.

    -Qu'est-ce qu'on fout? dit l'homme de Néenterdhal à la liane.

    - Allons aux "Saut du vallon"répondit la guerrière.

    Le jour se baissait, laissait, glissait dans la nuit. Sylviane regardait Buffon. Comme il avait changé! Ses traits s'étaient épaissis comme taillés au burain. Sylviane lissa ses cheveux, qu'il avait fins et bouclés.

    -Et que fait ton Cromagnon demanda Buffon.

    -Oh Pat' ne s'en fait pas, il chasse le sanglier.

    Buffon était courageux mais pas téméraire. Il traînait une énorme cane de bois dur sensée le protéger si besoin. Pat' n'en crut d'ailleurs pas ses yeux quand il tomba sur le couple d'amis.

    - eh ben vous vous faîtes pas chier et moi qui chasse le sanglier! Put....!

    Sylviane regarda Buffon d'un air plaintif et il leva sa lourde canne en tramblottant d'un air vaguement menaçant.

    -Salut Pat' alors comme on va à la chasse sur les traces de sa femme?

    -dis-donc t'aurai pas vu un sanglier?

    Sylviane regardait ce beau couple d'hommes comme si ça avait été ses propres enfants. Séparer l'ami de la menthe (pour le thé) lui laissait comme un goût de caoutchouc brûlé. Pat' et Buffon étaient maintenant passé aux jeux virils de lutte et de simulation de combats. Pat' montrait ses tatouages à Buffon qui du coup se rhabillait. Sylviane était passé à la salle d'eau; Un torrent sortait dessous la porte de la salle d'eau. Sylviane ne fermait jamais les robinets.

    Les chiens de Pat' arrivèrent. Ils n'arrivaient jamais à aller aussi vite que leur maître. On les entendait tousser, suffoquer à bout de souffle.

    Les deux hommes étaient maintenant retombés en enfance, ils roulaient par terre comme des collégiens avec de grands éclats de rire.

    Sylviane prit les chiens sans rien dire et continua la chasse. On avait vu du sanglier dans le rayon viande de la grande ssurface d'à côté; Elle partit sans perdre de temps,

    03:45 Publié dans érotisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : MOUAIF...

    le tison

    Les lecteursprésentaient divers symptômes, sensation d'étranglement, sueur, fièvre...Pourtant l'épidémie semblait se propager. L'article fut traduit dans toutes les langues, tous les pays étaient touchés.La parade semblait l'inculture et les analphabêtes se mirent à proliférer. Pourtant le danger n'était pas aussi grand, pour y échapper il suffisait de ne pas lire l'article en entier, le début de l'article connu, il fut facile de lui échapper en ne lisant pas le reste. La malédiction était passée.

    Désormais seuls les grands kabalistes utilisaient la formule et l'histoire tomba dans l'oubli. Rénaldi avait hérité d'un don similaire, ce qu'il écrivait se réalisait. Il n'eut jamais besoin de travailler, il lui suffisait de dessiner des billets. Il fut contacté par les kabalistes qui le perfectionnèrent au sommet de son art. A l'aube d'une nouvelle vie, à la fin de sa vieillesse, il consigna son avoir sur un manuscrit qui ne fut jamais retrouvé.

    Pierre regardait avec ravissement son enfant qui commençait à apprendre à écrire, ses progrès étaient foudroyants, il s'intérressait déjà à la bibliothèque de ses parents. Il avait voulu qu'on lui achète une vieille malle dans une broquante et il s'amusait à s'y cacher pour écrire. Phénaêl était la prunelle des yeux de Pierre qui l'adorait comme un dieu. En attendant sa belle-mère qui ne saurait tarder, Pierre laissa l'enfant dans sa chambre et se mit à préparer le dinner.

    Pendant qu'il cuisinait il sentit un parfum de brioche depuis la chambre de Phénaël. Quand il ouvrit la porte il vit Phénaël se régaler de brioche encore toute chaude. Il fut si surpris qu'il crut que quelqu'un était rentré dans la maison à son insu mais il eut beau tout fouiller il faut avouer qu'iln'avait aucune explication au fait que son fils mange une brioche venue d'on ne sait où. Son fils répondit à sa question en montrant une feuille où il avait écrit "brioche". Pierre lui fit alors écrire "billets" et soudain tout le premier étage de la maison fut rempli de vieux tickets de train usagés. Pierre réalisa alors la portée de sa découverte.

    Quelques temps après, au volant d'une belle Mercedes Pierre pavanait avec son fils Phénaël devant sa nouvelle villa tout dernier modèle. Il amenait son fils au fisc qui ne voulait pas le croire, il allait montrer l'incroyable, par delà les siècles le don s'était réalisé, Phénaël allait les éblouir! Derrière le conducteur, Phénaël se concentrait, il allait avoir besoin de toute son énergie. Ils approchaient des bureaux. Phénaël venait de créer une place de parking de toute pièce devant les yeux ébahis des passants. Il avait des carnets attachés à sa ceinture et tout ce qu'il écrivait apparaissait.

    Devant les bureaucrates on lui demanda de s'assoir et de bien écouter. Il fallait écrire tout ce qu'on lui dirait.

    Geangsen était le Directeur du Service il avait fait un pari sur l'enfant. Si on lui donnait n'mporte quelles lettres dans le désordre avec des chiffres, que produierait le petit? On amena donc un jeu de lettres et de chiffres qu'on mélangea avec soin. Douze lettres furent tirées avec le tiers de chiffres. L'enfant put donc les combiner à sa guise. Malheureusement devant la complexité de la tâche, il se mit à les écrire dans l'ordre où ils se présentaient:

    HO2XZ5 L'ion du detronium (ce que tout le monde ignorait)  DF4NO2 L'ion du vixolerium qui réagit violemment avec le detronium.

    Pierre ne comprit jamais pourquoi l'entretien avait merdé parcequ'il fut le premier à mourir des concéquences de l'explosion. 

    L'explosion rasa tout le quartier. Le don allait encore se perdre, peut-être pour des siècles. Les gens finirent par oublier l'histoire mais il est passé dans le bon sens commun qu'il ne faut jamais écrire ce qu'on ne comprend pas.

     

    00:45 Publié dans fantastique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vérité

    jeudi, 16 novembre 2006

    L'unique et la seule?

    L'unique et la seule oreille, le seul bras, le seul jour, la seule planète, le seul amour?Bon ne nous enflammons pas, ce n'est pas l'Etna!

    Ce paltoquet qui dévidait ainsi ces pensées se rémémorait un repas fabuleux du temps de sa jeunesse. Khora était une métis indienne, antillaise du plus bel effet. La bonté de son âme rejaillissait sur ces actions qui réussissaient toujours. On l'admirait partout où elle passait. Elle rencontra un homme mais il était marié. Peu importe se dit-elle, c'est l'amitié qui veillera. Tonio, l'heureux ami se mit à rêver d'elle toutes les nuits. Dès qu'il s'assoupissait, c'est son image qui lui venait d'abord à l'esprit. Un soir, son rêve fut tellement intense, qu'il rejoingnit les rêves même de Khora.

    Il lui fit part de ces derniers sentiments, de l'amour qu'il lui portait. Le seul oeil? Il avait Jenny pour épouse mais sa jeunesse impliquait certains sacrifices, que Kora ne lui demandait pas et la maturité de Khora le reposait de l'acidit de Jenny. Son amour avait déjà été amical et il s'efforçait de respecter les apparences...Il avait vu Kora la première fois sur un cheval. Il étrennait sa première structure de publicité et Khora était une collaboratrice fraîchement arrivée. Le courant était immédiatement passé, elle l'intriguait avec toutes ses connaissances de l'Indianité. Il était friand de nouveauté. Elle avait sa tenue d'équitation qui la rendait tellement attirante!

    Le lendemain il courut la chercher à travers les bureaux. Quand il la retrouva ce fut pour s'entendre dire qu'elle allait partir sur un autre poste... Ca commençait plutôt mal...

    La seule narine. Au début ce fut toute une organisation. Ils finirent par convenir de manger ensemble un midi par semaine, parfois ils avaient un peu de temps après, pour se promener. Souvent un impératif retenait Khora. Tonio n'osait même pas envisager un seul baiser, souvent il lui tenait le coude en se pâmant intérieurement de la douceur de son bras. Il admirait ses yeux profonds où pourtant luisait à la surface une énergique joie de vivre et un frisson de complicité. Chaque fois qu'il la voyait il la complimentait sur ses vétements et ses bijoux qui s'imprimaient aussitôt dans sa mémoire pour lui servir de souvenirs aimables tout au long de la journée.

    Elle ne voulait pas être importunée et il refusait de lui déplaire en émettant la moindre volonté de rapprochement physique, cette tension diffuse lui plaisait, il aimait dominer ses pulsions et se sentait grandi de pouvoir néanmoins lui plaire. Bien sûr la place d'ami était peu enviable, mais il aurait été jusqu'à être son ombre...Il appréciait sa discussion mais il aurait voulu autre chose comme un geste de la main, un rapprochement? Un baiser;). L'idée lui était agréable et son évocation lui procurait du plaisir!

    Khora avait la clef de son journal intime et Tonio le savait. Il se jura de communiquer à travers lui. Dans ce monde actuel où nous vivons, ça s'appelle un blog, et Khora peut toujours laisser un message....

    21:55 Publié dans érotisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Khoraline

    le chat

    le chat de l'aiguille laissait passer la goutte de sang que j'avais prélevée sur le chat. Le chat n'avais rien senti. Quand il mangeait la Terre pouvait s'écrouler avant qu'il ne s'en aperçoive. Je plaçais la goutte de sang sur une lamelle que j'enfournai dans le microscope. Ca grouillait de partout, et pas d'une façon normale. Mes doutes se confirmaient. Mon chat était bien mutant. Depuis notre visite à Tchernobyl, quand il avait disparu huit jours, il devenait phosphorescent dès la nuit tombée. Les badauts, la presse et les mass media s'étaient emparé du phénomène puis l'intérêt était retombé. Je me retrouvais seul avec la bête, comme d'habitude.

    Je posais Siml le chat dans une poche de mon imperméable et allais m'en jeter une au Saint-Michel. Au Saint-Michel, j'entendis une voix: " Allez cher ami! Posez moi par terre, enlevez moi de la poche de votre imperméable s'il vous plait". J'en revenais pas! Mon chat! Pas possible! Comme une transmission de pensée!

    Balenski était assis à une table dehors. Il parlait en grande animation avec, heu. Avec un chat, son chat Slim. Ceux qui ne le savait pas devait le prendre pour un fou. Il commanda un lait, dans une soucoupe... Le chat venait de chez le Ministre Mirchov et il connaissait la formule du coffre.Balenski prit note, et après avoir commandé une cuisse de poulet pour le chat, sortit du café en laissant le chat l'attendre.

    Ces bêtes qui se mettaient à parler effrayaient les gens. Souvent on ne comprenait pas tout et il fallait une oreille excercée pour les comprendre. La Société changea radicalement en faveur des animaux quand ceux-ci furent utilisés dans les procés. Des races espèces spéciales d'animaux doués de la parole furent fabriquées à la chaîne et l'on vit même un cheval présentateur. A la suite des homos, les couples normanimals demandèrent le droit de se marier

    C'est alors que le végétarisme devint religion d'état et les boucheries charcuterie furent brûlées dans de vastes fêtes fachistes où hommes et animaux se cotoyaient à égalité. Certains postes de conseillers furent délivrés aux animaux doués de la parole et puis les animaux obtinrent le droit d'éligibilité et furent inscrits sur les listes électorales. Le bien parler élimina tous traits injurieux, toutes expressions péjoratives pour les animaux. Des expressions comme t'es vache disparurent. Toute la maroquinerie périclita. L'époque était au synthétique, le cuir était anti-éthique.

    Puis ce furent les poissons, les insectes et les oiseaux qui eux aussi se mirent à parler.  bIENTÖT ON NE S4ENTENDIT PLUS§ on ne comprenait plus rien dans ce charabia universel. l'industrie des boule Quies connut son apogée. On se barricadait d'insonorisation. On portait des bandeaux assourdissant. On ne voulait plus rien entendre.

    alors, notre sens de l'ouïe s'atrophia. N'entendant plus nous nous mimes à nous taire, puis l'usage de la parole aussi disparut.

     

     

    mAINTENANT c'est nous qui écoutons les animaux parler ; nos paroles se sont taries laissant la place à une expression animale de la nature humaine. Le sens de la nudité a disparu, nous avons fui nos maison. Tu nous verras courir nu dans la plaine quand tu reviendras dans la région. Dieu te préserve!

    04:30 Publié dans effets formels | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ANIMAL

    mardi, 14 novembre 2006

    Le temps d'une session

    Il faut vite trouver les personnages: Lucien, boulanger de son état, vingt ans à peu près. Il est amoureu de Nathalie, fraîchement arrivée dans la région mais un vieux barbon la veut...Roberto, très brun, la 50taine est patron de la boulangerie, Nathalie fait les patisserie. Lucien est tout mince et boutonneux, il n'a plus que sa mère avec laquelle il habite. Voilà Nathalie, elle est en retard comme d'habitude... Hello Lulu ça va? J'ai eu un p'tit empêchement, un problème féminin hi,hi,hi...Lucien rougit jusqu'aux oreilles, il se trémousse comme un chat qui veut se faire caresser: Nanou, j'ai préparé les crêmes pour tes gâteau et j'ai fait les fonds de pâte...Tu n'auras plus qu'à couler les crêmes dans les moules!

    -Oh mon chéri, tu es vraiment la crême des crêmes. Nathalie s'est déjà plongé dans son hebdo féminin. Elle a laissé tomber son stylo, Lucien plonge pour le ramasser. Il a tellement les mains moites qu'il met deux ou trois mouvements avant de le ramasser et de le tendre victorieusement à Nathalie qui du coup s'est mise elle aussi à rougir. Et c'est tous rougissants que les trouve Roberto, orné d'une belle balafre fraîche du rasoir du matin. Il regarde Lucien avec aménité: Lucien va me chercher les sacs de 50kgs de farine à la cave, évite d'allumer l'électricité, il faut faire des économies.

    Un bruit énorme suivi de glapissements, Lucien s'est mangé l'escalier. Roberto se perd dans la contemplation du décolleté de Nathalie qui se penche pour appeler Lucien.

    Bon et alors? Il faut maintenant un évènement, le truc qui va faire avancer le récit, la trouvaille, voyons...Roberto joue les travestis! C'est avec un nouvel amour qu'il aborde Nathalie, il voudrait se délester du poids de son secret. Nathalie aperçoit un léger soutien-gorge sous le pull de Roberto, elle n'en croit pas ses yeux, une autre fois, c'est son ombre qu'elle croise habillée en femme, elle n'en revient pas jusqu'au moment où le patron étant absent pour raison de santé, elle tombe sur des photos. C'est lui 20 ans plus tôt, il portait plutôt beau, il était bien réussi comme travesti, elle comprend soudain ce qu'elle n'avait que ressenti. Elle compatit et regarde Roberto d'un autre oeil.

    10 ans après ( comme la session va bientôt se terminer, j'ai intérêt à urger pour trouver une fin) Roberto mendit sur le bord d'un trottoir, il a fait signer des actes notariés que lui présentait Nathalie car sa santé déclinait, il pensait vendre son commerce en viager mais il n'a fait que donner les pleins pouvoirs à Nathalie qui l'a fait chasser comme un mal'propre! Lucien est devenu un vrai tortionnaire d'une jeune apprenti qu'il prend plaisir à harceller. Les enfants de Lucien et de Nathalie sont assez horribles, ils ressemblent beaucoup à leurs parents, on aurait dit qu'ils sont nés vieux. Peut-être que l'âge les fera rajeunir...

    Conclusion: il n'y a pas d'âge à la connerie, et souvent ce sont dans les vieilles marmites qu'on fait les meilleures soupes, on a tous un jardin secret mais n'y plantons pas de plantes carnivores, car il n'y a pas de fumée sans feu ni de volcan sans lave. (note de l'auteur: évidemment le nec plus ultra serait de terminer exactement le récit quand l'ordinateur indiquerait la fin de la session, mais je n'en suis pas là et je ne suis pas sûr de vouloir une telle symbiose avec la machine).

     

    02:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : grison

    lundi, 13 novembre 2006

    raymond

    -Approche-toi Raymond! Viens dire bonjour à Jack. Celle qui dit ça est une belle grande jeune fille de vingt ans au regard bleu des mers. Raymond s'approche de Jack, il ressemble à un petit souriceau avec ses grandes lunettes rondes. Jack le regarde avec curiosité du haut de sa grande taille, il est précoce et a grandi d'un seul coup au printemps dernier. Nataëlle aux grands yeux bleus les regarde avec attendrissement. Romance, la mère de Jack fume tranquillement une cigarette. Elle pense à ses écrits. Comment rendre un personnage crédible ou attachant? Lui faire vivre des actions quotidiennes mais à quel instant dans le récit? Comment "délirer" en littérature? Créer des moments de magie de rêve de poésie?

    William se tapit dans un coin du parc pour enfant. Des pigeons viennent quémander quelques miettes de pain mais William ne mange pas. Seul son bel imperméable gris ressemble à quelque chose d'un pigeon mais les pigeons s'en désinterressent déjà. Romance, la belle rousse, son ex est bien là avec Natanaêlle, la blonde. Leurs deux marmots Jack et Raymond batifolent à leurs côtés. Ce bel homme en imperméable qui scrutte cette scène éveille l'attention de Natanaëlle qui ne l'a jamais vu auparavant. Elle le montre du doigt et Romance le reconnait.

    -Toujours à me suivre celui-là. Ca n'en finira donc jamais? Jack n'est pas son enfant même s'il a cohabité avec nous quelques années mais c'est un coureur! dit Romance.

    -Sortir avec un homme marié produit le même effet! remarque Natznaëlle. Si j'avais le choix entre rester seule et sortir avec un homme marié je préfèrerai rester seule!

    William s'est rapproché (interruption de séance). Il faut que j'enregistre la séance. Le récit doit s'arréter!

    Quelques manips plus loin...

    Viens Jacky! Allons nous promener! C'est Raymond qui a pris l'initiative de tirer Jacky de cette visite un peu facheuse de William. Jack n'a jamais pris William pour son père, tout juste un léger attachement qui s'est vite dilué quand il a vu la façon dont William traitait sa mère en la laissant de longues journées si ce n'est des semaines seule et désemparée.Il suit Raymond sans hésitation parmi les gens qui se promènent dans le parc. Aujourd'hui le soleil montre le bout de son nez parmi les nuages et les gens sont rieurs n'hésitant pas à dépenser.Sans un regard en arrière, il fend la foule sur les traces de Raymond.

    03:35 Publié dans effets formels | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : raymond

    Joie et narration.

    Un chemin; Un ciel gris,des pas qui résonnent sur le gravier de la route. Raclement, froissements... Il y a un méchant vent qui vous coupe les mains et vous arrache les doigts. Les nuages dessinent une guerre d'Apocalypse. Jack n'est pas très beau avec son oeil au beurre noir. Maman l'avait bien dit, il ne fallait pas jouer avec Raymond, maintenant il est perdu, ces champs se ressemblent tous. Que se cache-t-il derrière l'horizon?Jack regarde ses mains gercées et il pleure. Sa fatigue se lit sur son pas coulant, à la limite de l'inconscience.

    Jolie nuque dégagée, Romance hume le parfum des roses que le facteur vient de lui livrer. Sa rencontre avec Léo se poursuit bien. Dommage que Jack ne l'aime pas. Toujours à pinailler pour le retour de son père William, un malfrat sans envergure. William est passé dans la vie de Romance comme un courant d'air. Toujours cinq ou six bureaux ouverts en permanance. Romance le croise toujours au centre commerciale. Il apparait surchargé de couches pour la descendance de ses conquêtes présentes. Romance a vite fui cette ronde implacable où l'issue malheureuse se faisait de plus en plus certaines. Seul Jack peut sauver ce qui peut encore l'être.Elle a l'impression qu'elle le protège trop. Toujours à le surveiller. Maintenant il joue de plus en plus avec Raymond un petit voisin de 11 ans.

    Raymond n'en revenait pas. Jack n'était qu'une chiffe molle. C'est William qui allait être content, tous les ordres venaient de lui.

    01:04 Publié dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : SHORT

    samedi, 11 novembre 2006

    imbroglio

    Paul était avec Marie qui aimait Pierre qui sortait avec Véro. Véro était une petite trentenaire rouquine au cheveux court aimant bien s'amuser et aux yeux vert et rieurs. Pour cette fête, elle avait une somptueuse robe imprimée de fruits très réaliste. Elle portait des bijoux qui évoquaient la nature, sa dominante était le vert. Pierre était tout de gris vêtu. On aurait dit un pasteur, il ne manquait que le col blanc. A près de cinquante ans, il accusait son âge et paraissait toujors essouflé.Ses chaussures de cuir noir brillaient comme au sortir du magasin. Il était de grande taille et sa voix d'érain. L'admiratrice secrète de Pierre était Marie, la femme de Paul. Marie était une sportive accomplie, sous sa tenue de sport roulaient ses muscles qu'elle avait souples et déliés. Elle s'habillait toujours de blanc et le prénom de Marie lui allait très bien. Paul ne s'habillait qu'en jean ce qui lui donnait l'air vaguement contestataire. Le problème c'était Marie. Paul commençait à se rendre compte de qq chose et ses relations avec Pierre n'étaient plus aussi bonnes qu'avant. La maison qu'ils se partageaient était vaste et spacieuse. La luminosité était bonne et on était toujours à sec. C'est quand Marie restait faire le ménage qu'elle avait surpris Pierre sa serviette, sa savonette àla main. Elle s'était excusée mais tous les matins désormais ils déjeunaient ensemble et des liens s'étaient tissé.

    Paul les avait trouvé en train de parler ce matin, tous deux serrés  et assis sur le sofa. Il trouvait que Marie avait arrété de fumer et il avait décidé d'arréter aussi, comment ferait-il si elle n'était paslà? Mais pour Marie , Paul n'existait presque plus devant l'envie impétueuse qu'elle avait   de Pierre. Elle découchait, ne rentrant plus que de rares suivan

    12:20 Publié dans MILITANTISME | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : BANALITE

    soft

    elle avait d'abord été manequin dans la publicité. Beaucoup de mouvement, du strass et des paillettes. Noémie était dans son élément parmi toutes ces beautés. Ses seize ans étaient son atout mais s'éloignaient d'elle aussi lentement que sûrement. Elle s'habillait à la garçonne ce qui lui valait une longue cohorte d'admiratrices un peu androgynes. Quand Millo lui demanda de poser pour elle, il la rassura lui parlant d'érotisme, de photo de charme. Arrivée chez lui, une servante la déshabilla lui affirmant que Millo allait bientôt arriver. Elle lui servit du thé, mais avec les senteurs de l'encens la tête commença à lui tourner. Elle s'ennivra du parfums des larges fleurs exotiques disposées dans des vases aussi anciens que des amphores antiques. Tout respirait le luxe et la volupté. Des lithographies licencieuses ornaient tous les murs dans de somptueux cadres dorés à l'or fin.

    -Allez tourne-toi et ramasse ce stylo par terre!

    Les ordres de Millo lui délivraient une chaude excitation. Ca faisait maintenant un long moment qu'ils travaillaient et l'heure semblait s'être arrétée. De poses en poses Millo s'était rapproché et maintenant sa tête à la hauteur de sa taille Millo commençait à la toucher et elle se laissait faire. Jamais Noémie ne s'était douté qu'elle aimerait s'exhiber et se faire manipuler par un photographe mais la pente était sévère et elle ne savait comment s'arréter. Elle eut la désagréable surprise de voir ses photos dès le lendemain sur le net, Millo n'avait pas perdu de temps. Il l'avait présenté à un ami qui assistait à la séance mais qui n'était pas intervenu. Sanchez était metteur en scène, il proposa un rôle à Noémie. C'était du X. Elle pouvait se faire un max sur ce coup. C'était l'occasion rêvée, elle n'en parlerait pas à ses parents.

    -Baisse ta jambe, laisse une vue à la caméra!

    Noémie subissait l'assaut d'un duo de quadragénaires. Elle s'y était vite mise et son ardeur égalait sa naïveté. On pouvait tout lui demander si on savait s'y prendre. Tout le personnel lui était passé dessus et chacun la protégeait. C'est dans les scènes de groupe qu'elle excellait. Très vite on la demanda pour des séances privées et ses gains se multiplièrent. Elle commençait à fréquenter le monde politique et judiciaire. Quand elle rencontra Gontrand il n'était pas encore Président de la République. Ce n'était qu'un petit militant de base qui fournissait des filles aux principaux dirigeants. Les fêtes de Parti ,des contingents de prostituées étaient livrées aux adhérents. Des cérémonies orgiaques étaient organisées pour les membres du comité directeur. Le rétablissement de la traite des femmes avait été décrété et le métier de péripathéticienne était remboursé par la Sécurité Sociale.

    -Va t'occuper de ce monsieur que tu vois là-bas, c'est quelqu'un de très important!

    Noémie courrait s'activer auprès de l'inconnu comme si c'était son amant. Elle se dénudait et parcourait toute la fête comme ça. Parfois c'est violemment que les invités la prenait et elle s'en retourna chez elle souvent avec des bleus.

    Celui qui lui enfonçait un foulard dans la bouche n'était sûrement pas un tendre. Gontrand jouissait de la souffrance des autres. Son occupation politique lui permettait de hisser au dessus des autres qu'il abusait. Noémie n'aimait pas se faire violenter mais les temps avaient changé, les clients influencés par les films de la télé voulaient du sang et des larmes. Elle cachait un révolver dans son sac à main et se jurait de ne jamais faire quelque chose contre son gré. Le foulard avait le goût de sperme. Gontrand se mit à la giffler à toute volée et ses cris jaillirent naturellement. Ses larmes délavaient son maquillage et Noémie se mit à avoir peur. Gontrand l'avait maintenant attachée et Noémie ne pouvait plus rien faire pour arréter la comédie.

     

     

    -Il faut penser à mettre la pédale douce, Madame, vous n'êtes plus de la première jeunesse!

    Le médecin qui disait cela n'avait même pas vingt ans. Ses beaux yeux verts admirait Noémie. La maturité de Noémie la rendait très attirante car elle avait conservé ses formes de vingt ans.  Son expérience du plaisir et des transgressions lui avaient permis un rapide ascenssion sociale auprès des milieux de la pègre et de la politiques. Sa fonction de ministre de la condition de la femme lui permettait quelques extras mais Gontrand lui prenait tout. Et il voulait le reste.Gontrand savait qu'il n'en avait plus pour longtemps et il avait laissé filtré certains dossiers compromettants.Noémie avait été son informatrice et son maître chanteur. Gontrand n'avait pas résisté longtemps et maintenant les films X passaient à la télé et les livres pornos se vendaient dans les stations services.

    - Tourne-toi, ce costume te va très bien!

    Gontrand faisait sa ronde de paon autour de Noémie. Le règne de Noémie pouvait comencer.

    04:00 Publié dans fashion | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : PORNO

    vendredi, 10 novembre 2006

    OBESE OH BAISE (moi!)

    Quand Blakie était petite , elle était plutôt frèle, plutôt renfermée avec de grands yeux comme des lacs. Si Blakie était mince , Blondy était plutôt gros, avec cette joie rieuse qu'ont les obèses. Les contrecoups de la vie firent s'inverser les tendances, et à l'heure actuelle, c'est Blondy qui était mince et Blakie qui était obèse. La mère de Blakie développait également une certaine propension à l'obésité. Elle avait souvent du changer de voiture jusqu'à prendre un tanker dl'armée qui aurait pu monter une côte raide comme une muraille. Les chaises en plastique étaient systématiquement doublées et souvent les bols ressemblaient à des saladiers. Les ouvertures des portes avaient été modifiées et les escalators remplaçaient l'escalier trop pénible à monter. Son père était filiforme par contre et c'es ça qui lui fit choisir Blondy qui était fin comme un roseau.

    Ils s'étaient rencontré à un freinage de train sur une ligne de banlieu. Elle lui était carrément tombée dessus et lui répondant courtoisement, il avait réussi à lui soutirer son téléphone épaté par son côté bonbon. Elle était tout en rose avec un gros noeud de couleur fushia dans les cheveux. Son corps surdéveloppé assurait un confort que rien ne pouvait démentir. Pas d'os dans cette graisse, l'amant nagerait sûrement dans la douceur et le mielleux. Evidemment côté esthétique, ça n'était pas brillant mais quel amoureux en action peut voir tout le corps de son amante? Ne pouvant embrasser le corps de sa partenaire dans son entier, il se contente d'en apprécier les parties qui le composent. Et des parties, Blakie, elle en avait. Ses seins ressemblaient à deux jeunes pains de campagne qu'on aurait fait avec soin pour des enfants. La douceur du grain de leur fine peau n'égalait que leur finesse. 

    Ses fesses étaient deux autoroutes sur lesquelles Blondy fonçait à toute allure, larges comme des montagnes par une belle après_midi d'été. Blondy était fin comme un cycliste. Il montait les côtes de ses reins en levrette, avec le dou balencement des professionnels de la route. Il gardait toujours un peu d'eau sur lui pour s'asperger dans les côte, comme il avait gardé cette habitude au lit, il fallait souvent changer les draps trempés après l'amour. Il aiùmait entendre le doux bruit de Blakie quand elle marchait dans la maison. Ses pieds faisaient un petit bruit de flaque d'eau quand ils se posaient sur le parquet résonnant de notre maison en bois. Un jour, elle avait défoncé une cloison en s'appuyant dessus.La vie aurait pu continuer comme ça si Blakie n'avait pas pris de nouvelles résolutions.Elle avait fait trainer les choses mais maintenant elle était résolue. Il fallait réagir et c'est l'objet de notre récit suivant.

    19:25 Publié dans amour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : GROS

    usure

    déjà 20 ans passé ensemble. Blondy regardait Blackie et se demandait comment il faisait pour rester encore avec elle. Blackie pesait 130 kg. Elle passait des après_midi entières à se goinfrer à Mc Do. Blondy l'accompagnait quand il pouvait mais il ne grossissait pas. Il avait fallu changer toute la garde-robe de sa femme et remplacer certains meubles qui n'avaient pas résisté. Un jour Blackie décida de maigrir, elle ne cuisinait plus et se contentait de soupes plus ou moins consistantes, elle perdit ses kilos mais Blondy s'était mis à grossir brusquement et le problème se trouva inversé. Quand Blondy devenait obèse, Blackie décida de réagir. Elle emmena Blondy chez une voyante.

    La masure était sombre et humide. Quand Blony et Blackie se présentèrent à la porte, ils entendirent des gémissements anormaux mais à l'intérieur tout semblait normal. La praticienne fit boire une potion au couple. Blackie se dilata et occupa tout l'espace de la maison tandis que Blondy se gonflait comme le vent et flotta dehors comme un nuage. Un grand souffle se fit et le couple fut projetté dans une autre dimension. B et B flottait dans le vide et leurs corps avaient la taille d'un continent. Ils se partageaient la Terre, lui le pôle Nord, elle le pôle sud. Bientôt ils couvrirent le ciel et la nuit se fit sur la Terre.

    Quand ils voulurent se baigner, ils firent des cataclysmes et des tsunami. Quand ils allumèrent le feu pour le repas, les volcans se réveillèrent et la Terre ne fut qu'un brasier. Quand ils lavèrent leur vaisselle. La pluie submergea les parties basses des continents , ils y eut des milliers de morts. B et B étaient tristes, ils ne comprenaient pas pourquoi ils ne pouvaient retrouver leur forme initiale et l'exercice leur semblaient long. Ils étaient maintenant environnés de victuailles qui étaient suspendues dans le vide, les nargant de leur exubérence.

    Le réveil fut long et douloureux. Des flaques de sueurs maculaient le carrelage de viscosité, leurs visages portaient lesmarques de l'effort. La thérapie fut efficace et B et B ne se goifrèrent jamais plus. Ils furent reconnaissants toutes leur vie de ce bienfait et ne mirent jamais plus les pieds chez Mac Do. A chaque fois que la tentation se faisait trop grande le souvenir de leur aventure revenait et les dissuadait de continuer. Ils conseillèrent la voyante à leurs amis mais elle avait disparu. A la place de sa cabane trônait fièrement un Mac Donald et le comble c'était que la tenancière du Mac Do ressemblait à la voyante comme deux gouttes d'eau.

    13:54 Publié dans fantastique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : VOYANTE

    guerre

    je revenais de la guerre, trainant dix années de misère derrière moi. Nous étions vingt nous étions mille mais nous avons repoussé l'adversaire. La paix décrétée chacun rentra chez sois. Les routes étaient bondées, des valises jalonnaient le parcours. Joé était mon copain de galère, il comptait trouver sa femme dans cet amas de pierre qu'était devenue la ville. Des avions vrombrissaient encore au loin. Tout fumait, pétait, jettait des étincelles. Les voitures se reposaient sur le toit à moitié défoncées.

    Abritée derrière une rocaille, Milla caressait son chien rescapé des bombardements. Elle n'avait pas vingt ans et tout respirait la fraîcheur chez elle. Sa féminité se parait d'africanité et ses belles dents limpides rayonnaient quand elle souriait. Je l'avais vue avant qu'elle me voit mais elle maîtrisa sa surprise quand je parvins à son niveau. Je lui présentais Joé qui lui ressemblait étrangement. Les bruits de la guerre s'éloignèrent nous nous asseyames. Milla était une enfant victime de la guerre, son père était à l'armée mais elle avait été perdue dans un bombardement et n'avait jamais retrouvé sa mère.

    Joé contemplait maintenant Milla avec soin. Lui aussi avait perdu sa femme et sa fille dans un bombardement pendant qu'il était à la guerre. Ce sort avait du être celui de beaucoup de gens. Le temps passant une douce familiarité s'était installé entre eux.Joé pensa qu'il aurait aimé écrire des histoires que les gens liraient et il de dit que s'il avait cette chance, il pourrait recréer la vie pour la rendre plus humaine, comme s'il retrouvait sa fille perdue par exemple... Et puis c'était arrivé, Milla avait le même bracelet que sa fille et il la serra très fort contre lui, ce n'est que lorsqu'elle lui expliqua qu'elle avait acheté cette bague dans un marché aux puces qu'il relacha brusquement son étreinte.

    01:50 Publié dans amour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : PATERNITE

    jeudi, 09 novembre 2006

    petite demi-heure

    dédidemment ma rubrique "amou" se remplit à un taux de pleine croissance. J'ai trouvé le truc pour faire écrire mon ordinateur tout seul. Il faut le débrancher brutalement et le rallummer aussitôt après. Il émet alors un gergouillement et dans un déferlement de polychromie, les touches s'enfoncent toutes seules. Le tac-tac des touches remplissait la nuit entière, notre auteur ici présent qui vous narre cette histoire n'avait pas tout imaginé? Agenouillé comme en prière, il contemplait son texte, qui se bâtissait peu à peu. L'horloge ne lui laissait pas de répis mais si les touches s'enfonçaient outes seules maintenant?

    Puis c'est la télé qui se mit à marcher toute seule à n'importe quelle heure du jour et de la nuit. La voiture aussi aimait son indépendance, elle allait souvent faire des petits tours sans avertir forcémment le propriétaire. Les feux rouges qui s'allumaient selon leur bon vouloir se mua en piège redoutable pour qui n'était pas de l'ïle. Les feux semblaient provoquer des accidents, volontairement.

    Moi à l'époque je connaissait bien le narrateur de cette histoire: c'était un vieux matelot vaillant et toujours solide.

    Ces livres le sauvèrent de la dégénèrescence et il continue toujours d'écrire.

    Quand il se fit greffer une puce électronique tout le monde le prit pour un fou mais maintenant c'est monaie courante.

    La puce électronique lui permettait de rentrer dans n'importe quel ordinateur auquel il était confronté

    Dans ces moments de contrôle d'un ordinateur distant , le narrateur lévitait de dix centimètre environ au dessus de la surface des eaux

    Quand revint l'électricité, le narrateur s'avança vers moi:

    -hé toi , donne moi ta montre...

    Je ne lui donnais pas aussi maintenant je prend bien garde de ne jamais dépasser une demi-heure de rédaction.D'ailleurs mon ordi me mâche le boulot car les touches du clavier s'enfoncent toutes seules. d

    des fois ça n'a aucun sens mais tant que je saurai que vous me lisez, je continuerai avec ou sens l'enfoncement des touches automatique

    22:10 Publié dans amour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : puce

    raide tige

    je rédige, rédige dis-je, en une demi-heure: top chrono.

    Hélvètas était une superbe bonne femme. Ces amants se comptaient à la douzaine mais dès qu'elle rencontra Pétro, elle sut qu'elle en aimerait aucun autre. Pétro était petit, rablé et l'air sournois. Sa barbe en bataille aurait pu le faire passer pour un patriarche. Quand Hélvètas le rencontra, elle était aux Bains un organisme de soin qu'elle dirigeait.

    -Client suivant!

    -Je m'appelle Petro Sanchez je viens pour mes pieds!

    -Que puis-je faire pour vous?

    -Mes pieds ne m'obéissent plus, doués d'une volonté propre ils vougraient remplacer mes mains. Je ne me déplace plus qu'en voiture! Je voudrais que vous me rendiez mes vrais pieds, dociles et un peu bêtes, comme des pieds...

    Hélvétas connaissait ce problème. Versée dans l'art vaudou elle connaissait les cas de déposséssion corporelle.

    -Il faut gaver vos pieds de liberté, ainsi ils se raidiront t voudront revenir au confort de pa'd'décision!

    Ce qui fut dit fut fait. En marchant sur les mains Pétro remarquable de souplesse, vint se poser sur le divan médical.

    La superbe s'approcha. Hélvètas savait faire rire les hommes et Pétro la laissait le manipuler.

    Quand elle s'occuppa des pieds, ce furent les pieds qui s'occupèrent d'elle. Un orteil lui titillait délicatement le bourgeon d'un sein tandis que les autres doigts de pieds s'infiltraient dans ses recoins intimes.

    A la fin de la séance Hélvètas était convaincue qu'il ne fallait rien changer à Pétro et elle le prit sous son aile. Pétro savait lui donner du plaisir comme nul autre. Bientôt elle congédia tous ses autres prétendants et connut pour le restant de sa vie la bride de la fidélité.

    Pétro perdit toutes ses facultés sexuelles qui étaient désormais passées dans ses pieds dont il ne se servait jamais pour marcher. Il ouvrit un centre de gym acrobatique qui remporta un véritable succès qui se maintient encore.

    Morale de cette histoire? Il ne faut pas hésiter à prendre son pied car notre joie est vecteur de rencontre et de bonheur.

    Hélvètas et Pétro finirent leurs jours dans un agréable "pied à terre", faisant un "pied de nez" à la société. Ils gagnèrent leur bonheur "pied à pied" et ne craignirent jamais de finir "à pied"

    note de l'auteur: en vérité j'ai fini en vingt minutes mais je ne me suis pas relu... 

     

    16:45 Publié dans amour | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : PIED

    lundi, 06 novembre 2006

    ici et maintenant

    J'y suis , j'y reste! Tant pis si je ne parle pas de morue. A u moins je n'ai pas appelé mon article :"morue"! Sacrée morue, c'est fou comme nos articles de nos blogs peuvent vite être répertoriés sur les moteurs de recherches! Pour aujourd'hui je vais vous raconter...

    Assis sur une borne kilométrique, il attendait la nnième voiture qui le prendrait en stop. C'était pas facile dans ce pays de noirs , d'être pris en stop pour un blanc. Une voiture le frôla, l'éclaboussant d'une flaque d'eau . Il entendit: "sale blanc! Retourne chez toi!"! Un sac sanguinolant rebondit à ses pieds jeté par les passagers de la voiture. C'était une main coupée, encore fraîche, d'une blanche. Sans doute coupée pour voler un bracelet. Teddy eut un haut de coeur et vomit ce qu'il n'avait pas mangé à midi. De la bile d'un vert fluo et phosphorescent. La nuit tombait . Son vomis brillait dans le noir.

    Après une heure de marche, il arriva dans un bordel tenu par un vieux négrillon d'allure pas commode. Dehors un vieux blanc gâché amusait toute la galerie en courrant après des pièces qu'on lui jettait. Certains le tenait de force contre eux pour l'obliger à boire l'infame rhum d'ici qui assommait d'un coup vous brouillant le regard. Dans la grande salle de l'entrée luisaient les yeux des prostituées, certaines travelos. Dans la pénombre, je vis un blanc attaché à une chaîne. Certains blancs venaient ici se faire flageller pour racheter le pardon de leurs ancêtres esclavagistes. L'odeur de purin était très forte et j'aboutis dans un local à cochons.

    Les cochons me lisaient et je voyais à leurs yeux porcins qu'ils se demandaient où je voulais en venir. Je laissai leurs yeux se poser sur ma prose et décidais sur le champs de remettre cet exercices d'écriture à demain. Les cochons ne me laissèrent même pas le temps de retourner qu'ils étaient déjà sur un autre blog! Bien sûr, ils n'avaient laissé aucun commentaire! Je décidais d'arrêter ce petit jeu, éteignis mon ordi et alla me coucher.

    La nuit m'avait bien remis de mes efforts, mais je m'avance un peu, il faut la vivre d'abord...Il y en a bien qui meurent pendant leur sommeil?

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  • G-Merge

    Lundi 1er Juillet 2050  7h30 sur une plage isolée de la planète Ploudague.

     

    Ah le paradis! Une plage magnifique, des cocotiers, un soleil à vous couper le souffle, pas un nuage et le sable aussi fin que la semoule du restaurant "Chez Samir" à Barbes! Lucien était béat, rassasié, repus. Allongé dans sa chaise longue, les doigts de pieds en éventail il profitait du charme des alizés . Une magnifique hôtesse lui servait son petit-déjeuner pendant qu'un steel-band le faisait vibrer sur un calypso. . C'était quelque chose d'être traité comme un V.I.P! Quand le rêve devient réalité! Il avait fait une super affaire avec G-Merge. Cette agence de voyage avait le vent en poupe, elle offrait à ses clients un réveil sur mesure, paramétrable à l'infini où rien n'était impossible. Sa devise:" beaucoup en peu de temps pour peu d'argent!".


      Il s'étira sur son transat, se leva pour goûter à l'eau de la mer qui devait être à la température idéale et contempla le paysage. L'eau le regardait d'un air suave. L'écume  se paraît de  vaguelettes de dentelle. Pourquoi attendre les vacances pour voyager quand on pouvait partir et retourner le jour même? Son hôtesse s'appelait Wenda, c'était écrit sur son maillot de bain. Wen sur la coque du sein droit et da sur celle du sein gauche. Il ne savait pas s'il regardait la poitrine de Wenda pour tout simplement  connaître son prénom ou pour sa superbe plastique mais l'impression n'était pas désagréable d'apprendre comment s'appelait cette belle jeune fille rien qu'en lui regardant les seins.  Finalement il plongea dans l'eau et commença à nager vigoureusement.

     

    A son poignet sa montre ressemblait à une étoile de mer qui se prendrait pour un sémaphore. Huit heure moins cinq. Il devait déjà songer au retour, son bureau parisien l'attendait.  La mer était radieuse, rien de tel pour arriver en forme au boulot. Il ne pouvait pas se payer les services de G-Merge tous les jours mais de temps en temps, il s'offrait le réveil de ses rêves.  La plage était maintenant déserte, il était temps de plier bagage. Il sortit de l'eau et s'essuya avec cette belle serviette de bain que G-Merge lui avait offerte. Décidément ils savaient y faire. Ils fournissaient même le savon et le peignoir comme dans un grand hôtel. C'est à ses petites choses là qu'on voyait la classe d'une agence de voyage. Il ne disposait pas d'un temps infini pour se prélasser et se faire dorloter par Wenda , mais c'était le deal, un maximum de plaisir pour peu de temps et peu d'argent. Enfin c'est beaucoup dire. Le peu d'argent des autres c'était déjà beaucoup pour lui.

     

     

    Lundi 1er juillet 8H35

    Porte de Clichy Paris.

    Plongé dans ses pensées Lucien dodelinait de la tête avec les secousses du métro. La téléportation n'avait pas éliminé les moyens de transport classiques en raison de ses coûts élevés et des difficultés techniques de sa mise en oeuvre. Comme les passagers avaient l'air triste ce matin mais lui, il rayonnait de son réveil de ce matin. Les yeux fermés il imaginait ses collègues s'agglutiner autour de lui pour l'entendre raconter son odyssée matinale. Lucien allait être le centre d'intérêt du bureau . Ces collègues allaient en baver d'envie!

    -Ben tu vois Bernadette, l'eau c'était comme du cristal. Elle était  chaude comme le lait qui coule d'une vache! Lucien trônait assis négligemment d'une fesse sur un coin de son bureau tous collègues autour de lui, un gobelet de café à la main.

    -Ca fait comment la téléportation? demanda Bernadette.

    -Tu sens vraiment rien. C'est comme lorsque tu es très fatigué et que tu t'assoupis. Quand tu t'aperçois que tu t'es laissé aller à dormir un court instant et qu'immédiatement tu reprends conscience. Une courte absence c'est tout, trois fois rien!

    -T'as pas flippé pour le départ? Comment ça se passe?  On vient te chercher à la maison? C'était le gros Robert qui parlait. Il était amoureux de Bernadette mais elle ne le voyait même pas. Elle en pinçait pour Lucien et se pâmait à chacune de ses phrases. Robert ne lâchait pas l'affaire et ne la quittait pas d'une semelle. Les dialogue des deux amoureux était toujours parasité par sa présence mais personne ne s'en offusquait , il était tout de même leur supérieur hiérarchique à tous les deux.

    -Tout se passe très simplement. Tu connais les tables de massage portatives que les praticiens déplient en un minimum de temps, ben là c'est pareil. Un technicien arrive chez toi avec une petite valise. Il déplie sa quincaillerie et en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, il te bricole une petite cabine de verre et d'acier. La petite chose se met à briller comme une luciole puis ça s'arrête. Il ouvre la porte, te fait assoir sur l'unique chaise à l'intérieur. Tu t'assoupis et hop te voilà arrivé. Une ravissante personne ouvre la porte de la cabine de l'extérieur et te sert quelque chose de rafraîchissant. Tu peux maintenant profiter du réveil que tu as commandé. T'as rien senti , ça fait moins d'effet que de sortir la tête par la portière de la voiture quand tu conduis.

    Bernadette fixait Lucien comme si c'était le Messie en personne. Pour sa part Lucien se sentait capable de marcher sur l'eau tellement il avait le coeur léger.Il était auréolé des vertus de l'aventurier courageux et téméraire. Il était l'explorateur qui bat le record d'apnée en embrassant l'héroïne à la fin des films,  le précurseur qui ouvrait le chemin pour les autres. Pour Bernadette à cet instant là c'était l'homme providentiel, l'homme idéal.

     

    Lundi 1er Juillet 17H

    A la fin de la journée Lucien rentra chez lui, fatigué mais heureux. Bernadette, la petite stagiaire, l'avait admiré tout l'après-midi. G-Merge la faisait rêver. Il se promettait de lui proposer de l'accompagner la prochaine fois. Il devait attendre un peu. Ses maigres économies ne lui permettaient pas la moindre fantaisie en ce moment. Il fallait savoir être patient. Il se dirigea vers un self-food et se composa un menu à la carte à base de coco et de sargasse pour rester dans la tonalité de ce matin. Le steack de sargasse avait plutôt un goût végétal mais il appréciait les goûts authentiques et puis manger de la viande le dégoûtait un peu maintenant que les animaux d'élevage avaient tellement été modifiés par les généticiens.

     

     

    Le succès phénoménal de G-Merge commença à se tarir quand les difficultés devinrent plus fréquentes. Un client avait été téléporté dans un endroit erroné ou il était revenu autre part que chez lui. Les incidents s'accumulèrent et bien vite l'entreprise de réveils vit sa réputation décliner . La presse ne manquait pas de l'épingler sur telle ou telle erreur. Le système G-Merge montrait ses limites. On parlait même d'un client qui était revenu avec un décalage dans le temps. Les procès succédèrent aux procès et bientôt G-Merge dut mettre ses activités en stand by. Quelques années plus tard l'entreprise réapparut avec un nouveau concept. Le réveil immobile. Tout serait virtuel désormais. En branchant les électrodes d'un appareil adéquat sur la tête le client pourrait vivre tous ses souhaits sans bouger de chez lui. La technique était nouvelle et prometteuse mais de toute évidence on ne connaissait pas encore toutes ses possibilités comme nous le montrera la suite de cette histoire.

     

    2052

    Montreuil sous bois.

    Lucien avait suivi la métamorphose de la compagnie G-Merge. Il fut l'un des premiers à mettre le casque G-Merge sur sa tête et à apprécier les vertus du voyage immobile. Dans sa petite piaule de banlieue il s'éveilla virtuellement dans tous les coins de l'univers. Il connut le froid de l'Alaska, la touffeur des forêts équatoriales, le temps grisâtre de l'Irlande sans parler des autres planètes où il vit tout et son contraire. Il avait toujours  l'impression de goûter un bon petit déjeuner mais en réalité c'était la machine à laquelle il était branché qui lui fournissait ses rations de protéines en intraveineuses. Le fait de se rendormir au sauté du lit après s'être branché à la machine ôtait un peu de naturel aux prestations de G-Merge mais le voyage immobile offrait en ce temps là plus de garanties que la téléportation. Certaines machines munies de lampes à iode permettait au patient de bronzer pendant la séance et des pinces judicieusement disposées sur le corps faisaient tressaillir les muscles donnant au patient l'illusion d'avoir fait du sport quand la séance était terminée. Lucien aimait cette introspection virtuelle mais il regrettait de ne pouvoir partager ses expériences avec Bernadette car sa machine était mono et eut-elle été stéréo il n'était pas certain que Bernadette eut apprécié l'aventure.

     

    L'avantage du voyage immobile de l'agence G-Merge c'était la possibilité d'acheter le casque et le boitier. Il était proposé en location vente et pour une participation minime hebdomadaire, le client pouvait voyager autant qu'il le voulait. On pouvait se déplacer avec l'appareil et il devint le loisir à la mode de ces dernières années où l'homme moderne préférait rester chez lui plutôt que d'affronter les hordes de SDF rendus agressifs par la dureté de la vie. Les repas servis pendant la séance par intraveineuse facilitaient la vie des "émergeurs". On put accroître la durée de l'"émergence" et certains clients développèrent une accoutumance aux voyages immobiles

    Un autre matin , une autre aventure. Lucien avait découvert une faille dans le système de G-Merge. En programmant le retour avant la date du départ il arrivait à distordre le quantificateur temporel et pouvait pénétrer dans des couches spaciales du passé. Peu d'utilisateurs d'E-Merge connaissaient cette possibilité. Il fallait aller sur le dark-net pour dialoguer avec les rares élus qui connaissaient l'astuce. Aujourd'hui Lucien avait décidé de faire une visite éclair à son bureau. Ce n'était pas de gaîté de coeur mais il avait fait une énorme bourde hier , il avait octroyé un marché juteux à un client insolvable. Ca il ne le savait pas , il ne l'avait découvert que le lendemain mais le contrat était déjà signé. Ce qu'il s'apprêtait à faire c'était carrément changer le cours du présent et ça , personne ne pouvait le prévenir des dangers éventuels. Le voyage dans le temps existait bien sûr, mais il était réservé à l'armée et très peu d'information filtrait, c'était top secret. Le détournement de la machine d'E-Merge pouvait lui coûter cher mais ça restait du domaine du virtuel puisque le voyageur d'E-Merge restait assis chez lui.

    Un problème le tracassait: dans quelle mesure un rêve pouvait-il influencer le monde réel? Lucien s'installa confortablement dans son canapé. Il s'humecta les tempes qui devaient recevoir les électrodes. Le patch autocollant fonctionnait à merveille, il était lubrifié à la framboise. Lucien vissa le casque d'émergence sur sa tête et régla le retour sur la journée précédente. Il avait un peu bricolé le transcodeur du quantificateur temporel et l'appareil ne rejetait pas sa demande malgré son incongruité. Il sentit son cerveau se vriller sous l'impact des sollicitations de la machine. Il se força à décompresser , relâcha tout son corps et reçut les influx du stabilisateur qui l'orientait dans l'espace temps qu'il s'était choisi. Il se revit  se réveiller, prendre son petit déjeuner, se laver, s'habiller puis aller au travail. Il se voyait comme s'il planait au dessus de lui-même. C'était bien la journée précédente. Son plan avait l'air d'être au point. Soudain il eut conscience de lui-même et se réincarna en lui-même . Il se suivait lui-même sur le chemin qu'il empruntait chaque jour pour aller travailler. Il était habillé comme celui qu'il suivait. Il avait la même coupe de cheveux, le même imper, les mêmes cheveux rebelles qui luttaient contre le vent pour conserver un semblant d'ordre. Tout semblait si réel! Il sortit un canif de sa poche et raya la pierre de taille qui encadrait la porte monumentale du staff où il travaillait. Il saurait ainsi si quelque chose de réel pouvait bien sortir de tout cela. Maintenant il s'agissait d'accomplir son plan. D'abord empêcher son double de signer ce maudit contrat en l'éloignant du client insolvable , puis le remplacer pour refuser la proposition du client. Lucien écrivit un mot qu'il glissa dans une enveloppe qu'il déposa sur son bureau pendant que son double allait chercher son premier café du matin. Il devait faire attention qu'on ne les voit pas tous les deux ensemble sinon tout son plan tombait à l'eau et il pourrait même être accusé de vouloir changer la réalité de façon illégale et dangereuse. Changer le passé pouvait avoir des conséquences insoupçonnées sur le présent et il pouvait y laisser des plumes.

     

    Quand Lucien eut terminé de boire son café, il trouva une missive sur son bureau qui lui enjoignait de se rendre à la maison mère pour la signature du contrat avec son client monsieur Dubois car celui-ci ne pourrait se rendre à son bureau comme prévu. Il partit donc se rendre à l'officine principale et déposa son badge à l'entrée en saluant le gardien. Sa voiture n'était pas loin et il ne mettrait pas longtemps à se rendre à son nouveau rendez-vous.

     

    Aussitôt que Lucien fut parti , l'autre Lucien , notre héros investit son bureau et s'appéta à recevoir son client. Tout se déroula comme prévu.  Il refoula le client indésirable, ne signa pas le contrat et s'éclipsa quand son double revint, un peu dépité de n'avoir rien trouvé à la maison mère. De retour chez lui Lucien débrancha les fils de la machine et s'apprêta à partir au travail. Qu'allait-il bien pouvoir trouver là-bas?

     

     

    Lundi 1er Juillet 2052

    -Asseyez-vous Lucien !

    Lucien s'assoit en face de son Directeur, il vient de commencer sa journée. C'est un peu solennel , il se doute de quelque chose. Est-ce en rapport avec son voyage immobile d'hier? Le Directeur commence par se racler la gorge bruyamment puis il sort un mouchoir grand comme une serviette pour s'éponger le front. Sur son bureau Lucien peut voir le dossier d'hier qu'il a refusé à son client pendant son voyage immobile. Fantastique, pense-t-il. Il avait trouvé le jack-pot! En falsifiant les données du quantificateur temporel de l'appareil d'E-Merge, il avait réuni en symbiose le réel et le virtuel dans le passé conceptuel. Il tenait là de la dynamite. Il savait maintenant modifié le passé pour changer le présent. Il se dit qu'il ne craignait plus rien et que dès la pause de midi, il n'avait qu'à se payer une autre séance de voyage immobile pour modifier tout ce qu'il voulait, il pouvait même annuler carrément ce rendez-vous avec le Directeur ou s'arranger pour qu'il n'ait pas lieu. La tête lui en tournait. Il voyait maintenant le menton tremblotant du Directeur qui se mouchait dans sa serviette à travers un voile opaque devant ses yeux qui lui piquaient. Il n'osait plus le regarder dans les yeux tellement il se sentait coupable d'avoir trahi les règles du jeu.

    -Mon petit Lucien , je tiens à vous féliciter de votre clairvoyance et de votre ténacité dans votre jugement. Ce n'est pas tous les jours qu'un patron félicite un cadre commercial d'avoir refuser un contrat mais là, vous nous avez évité de gros problèmes. Vous avez bien fait d'éviter de signer avec monsieur Bonnard malgré toutes nos recommandations, je ne sais comment vous avez pu savoir qu'il était un escroc notoire mais ce n'est qu'aujourd'hui que je l'ai appris et heureusement vous ne l'avez pas fait signer. Il faut de l'audace mon cher Julien pour aller à l'encontre des conseils de ses supérieurs mais vous nous avez montré que nous aussi pouvions nous tromper et vous avez sauvé les meubles, bien joué. je vous nomme directeur des ventes, vous remplacerez monsieur Bossuet qui ira rouler sa bosse ailleurs.

    Lucien nageait dans la plus complète confusion. Ses yeux rouges se mirent à clignoter, pris d'une violente quinte de toux, il bégaya des remerciements et quitta le bureau du Directeur plié en deux et convulsif.

    -Reposez-vous mon petit Julien! Je vous donne huit jours de congé payés. Profitez-en bien et revenez en pleine forme , un dur labeur vous attend qui saura vous propulser à des hauteurs insoupçonnées. Avec un talent comme le vôtre vous pouvez aller très loin! A bientôt!

     

    Lucien regagna son bureau pour prendre son pardessus et son chapeau avant de rentrer chez lui. Sur le chemin de la sortie il croisa Bernadette qui semblait déjà l'attendre dès qu'elle l'avait vu sortir du bureau du Directeur.

     

    -Alors Lulu, elle l'appelait maintenant Lulu depuis qu'il lui avait offert le restaurant au début du mois , tu es dans les petits chaussons du Directeur? J'ai appris pour Bonnard , tu as été très courageux, il fallait avoir du cran pour refuser de signer quand toute l'équipe de direction te l'avait recommandé!

    Lucien rougissait d'aise. Il avait envie de tout lui raconter, les voyages avec E-Merge, le bricolage de la boîte noire du voyage immobile, le saut dans le passé mais quelque chose le retenait. A force de changer le passé il pourrait bien la perdre et combien d'univers parallèles devrait-il explorer avant de la retrouver?

    Il l'aimait tellement qu'il se serait contenté de son amitié seulement pour être avec elle et jouir de sa présence. Il aimait son style, sa façon d'être , son corps et son esprit. S!il lui arrivait quelque chose de grave il ferait tout pour la sauver.

    -Tu sais Bébé, il l'appelait Bébé depuis ce fameux restaurant et ce qui avait suivi, c'est grâce à toi que je me sens aussi fort, c'est ta pensée qui me donne de l'assurance, quand tu es dans mes pensées je peux tenir tête à n'importe qui!

    Il y avait personne dans le couloir qui menait à la sortie. Lulu pris Bébé dans ses bras et l'embrassa avec toute la tendresse qu'il pouvait exprimer. Il sentait ses petits mamelons durcis pointer sous son corsage contre son torse et ses doigts enlaçaient les siens. Leur baiser dura de longues minutes puis elle le vit partir et fermer la porte derrière lui, ce n'était qu'un répit , ils savaient tous les deux qu'ils n'avaient pas besoin de se voir pour penser l'un à l'autre.

     

  • Emergeance

    A l'agence "émergence" tout était possible! Mergy la directrice de la structure se faisait fort de faire émerger tout ce qu'on pouvait imaginer, moyennant finance évidemment. L'année avaOla it été bonne. Grâce à ses soins la Guadeloupe avait connu son premier président affranchi de sa blanche tutelle, le travail avait été rude mais un nouveau courant politique avait émergé, s'appuyant sur l'ancien bien sûr mais nouveau parce que victorieux et actuel. C'était son plus gros coup de la saison. Que de pattes il avait fallu graisser. Les tenants de la ligne droite avaient du virer à quatre vingt dix degrés mais Mergy savait être convaincante. Ses méthodes pas toujours orthodoxes étaient clinquantes de simplicité. Elle avait toujours des arguments très percutants. C'est vrai on avait déploré la disparition de beaucoup de décideurs sur l'île mais les transports étaient tellement dangereux et l'alimentation n'était plus ce qu'elle était, on pouvait s'empoisonner avec n'importe quoi, la chloredécone, les épandages aériens, qui accuser?

     

    Aujourd'hui on venait de l'appeler pour une nouvelle affaire. Dans un mail un homme d'affaire cubain voulait faire émerger un nouveau courant musical qui mélangerait la salsa avec le zouk. Il s'agissait en vérité d'expatrier les agents cubains qui travaillaient pour les USA. La musique servirait de paravent et la circulation des personnes auraient l'air naturelle et passerait inaperçu. Mergy consulta sa montre et sauta dans sa capsule volante qui l'attendait juste sur son balcon. Dans quelques minutes il arriverait à Cuba et il saurait faire face à ses obligations professionnelles. Il avait pris des cours de salsa et il pensait qu'il produirait son petit effet sur les pistes de danse cubaine. Il brancha son écran de visioconférence et appela Coïta sa collègue cubaine.

    -Hey Coïta come vay?

    -Ola Mergy ton espagnol s'est encore empiré depuis notre dernière affaire! Que puis-je pour toi?

    -T'es tu encore perfectionnée en salsa ou crois-tu que je peux encore faire figure honorable avec toi sans passer pour un nabot?

    -Mon petit Mergitto tu seras toujours mon partenaire le plus stimulant, n'ai aucune crainte, c'est toujours toi qui conduit!

    -Ma petite Coïtella je t'attends tout à l'heure à l'Alpaga la plus grande boîte de nuit de la Havane, ne viens pas sans rien, prends de l'artillerie nous en aurons peut-être besoin. Bamos Coïtenilla!

    -Oh mon grand chou, je viendrai sur les mains pour toi, compte sur moi! Adios!

     

     

    L'Alpaga resplendissait sous la chaleur moite de ce crépuscule tropical. Sa capsule garée sur l'aérodrome Mergy s'aspergea de paillettes de sans plomb qui lui procurait à la fois un aspect branché et le garantissait des coups de chaleur. Ca lui évitait de se changer, il n'avait pas tout son temps. Il devait à tout prix rencontrer les musiciens cubains les plus à la mode afin de les convaincre de rentrer dans sa combine.

    Le gros contrebassiste de l'orchestre lui sembla le plus facile à convaincre. Il s'approcha et lui glissa un billet dans la poche. Pedro se leva et le suivit. Mergy avait pris soin de brancher son boitier "accompagne-tout" dans l'ampli du musicos et le petit engin faisait très bien son travail , le public n'avait jamais entendu Pedro jouer aussi bien, à part que Pedro était assis à une table à côté de Mergy en train de siroté un Gwada-Cuba bien corsé.

    -Délicieux ce cocktail à base d'algues c'est le fin du fin!

    -Oui acquiesça Pedro mais je suppose que ce n'est pas pour parler d'alcool de sargasse que vous m'avez appelé?

    -En effet Pedro , je peux vous appelé Pedro n'est-ce pas?

    Pedro qui portait un collier en or énorme avec les lettres XXL de son prénom sourit. Ce petit gringos ne manquait pas d'humour mais avec son boitier magique il allait lui faire perdre son boulot si la séance s'éternisait.

    -Viens-en au fait hombre! Qu'est-ce que tu veux?

    -Je t'offre 100 000 dollars et un tas de passeports pour toi et tes copains si vous venez avec moi certains de mes amis cubains qui aimeraient bien faire bronzette à la Côte sous le vent qui vaut beaucoup mieux que la Côte d'Azur en plus discret, c'est pour des affaires de bizzness.

    -Pedro cilla méchamment , haussa un sourcil puis l'autre pour finalement tchoquer la main de Mergy en éclatant d'un rire contagieux. Il s'était lever ce matin avec la niak pressentant qu'un évènement important allait aujourd'hui se produire dans sa vie. Cette occase était inespérée, il avait toujours rêvé de quitter Cuba pour courir le monde. La Gwada n'était pas Las Végas mais il y avait un commencement à tout. C'était sûrement le début d'une belle histoire.

  • Petit à petit jusqu'à plus rien

    La naissance d'un enfant est toujours quelque chose de mystérieux. Cette nuit là, dans la section de l'Habituée à Trois Rivières, la lumière ne s'était pas éteinte pour laisser dormir les habitants d'une petite cabane de tôles et de bois. Chichi la capresse était en plein travail avec sa mère qui la secondait, petite ombre noire portant les linges rougis , les changeant pour nettoyer encore les jambes de sa fille, qui ahanait sous l'effort, poussant avec la force du désespoir en espérant qu'il n'y aurait pas de complications.

     

    La campagne était obscure mais la pleine lune éclairait comme un lampadaire. De minuscules lucioles brillaient d'un éclat vert fluorescent. Puis les chiens se mirent à aboyer, à ululer plutôt, accompagnant les cris de Chichi qui vit bientôt sa délivrance quand le bébé commença à émerger de son ventre.

     

     Il avait émergé du ventre de sa mère comme un escargot sortant de sa coquille. Une poupée vaudou huileuse avec ses yeux d'albâtre rosée et ses membres anémiés. Chichi l'avait prié de sortir de toutes ses forces tant elle souffrait depuis la veille. 

     

    "Emergita, emergitus, emergitae cum delicus, watawomba, watawombé, natus, natae sunt , emergitu, emergitae"

     

    La prière vaudou conjurait le présent et l'oiseau s'était envolé, l'enfant était né. Elle l'appela Mergy en souvenir de son émergence si douloureuse. Chichi était heureuse mais l'enfant avait failli s'étrangler dans son cordon ombilical. Il était apparu tout bleu , on avait du sectionner son collier de supplice avec hâte  tant le sort semblait scellé.

     

    Mergy n'était pas un enfant facile. Elle n'arrêtait pas de crier surtout quand Chichi voulait le changer. Ses nuits étaient agitées et personne ne pouvait faire autre chose que de la maudire surtout quand elle commençait ses pleurs dès le soir pour ne s'arrêter qu'au jour naissant. Chichi dont c'était le premier enfant était désemparée. Les jours se suivaient de plus en plus fatiguant et difficiles. Mergy commença à se déplacer dès deux mois à l'âge où les autres bébés ne commençaient qu'à se retourner. On la trouvait le matin dans la cuisine en haut du frigidaire ou sous un buisson dans le jardin alors que tout était fermé dans la maison. Le bruit courut que Mergy était habitée par le démon. Les gens se signaient quand ils passaient devant la maison de Chichi. On rechignait à lui rendre visite. Chichi se retrouva isolée et maudite dans sa propre section par ses voisins immédiats mais aussi par sa famille ce qui lui fit le plus mal .

     

    Un matin Chichi trouva Mergy sur le chat. Ce fut le début de sa période féline.La pupille de ses yeux s'incurva comme un prisme et son regard devint phosphorescent. Elle avait développé un réel ascendant sur le chat qui grognait le soir si on l'approchait. Elle le dirigeait selon son bon vouloir. Il était 18h quand une voisine, la Sofiane, passa devant chez eux. Le jour déclinait , le clair obscur favorisait toutes les visions. La silhouette de Sofiane se détachait sur la maison comme une ombre de sorcière. De son menton proéminent sortirent ses imprécations habituelles. Soudain le chat de Mergy, Griffepattes, bondit sur la vieille femme. Avant de tomber elle eut le temps de voir Mergy qui la regardait par la fenêtre. Quand Chichi sortit pour l'aider à se relever, Sofiane avait déjà repris son chemin et la maudissait en levant son poing dans sa direction.

     

    La Sofiane répandit la rumeur que Mergy était hantée par un esprit mauvais. Depuis lors Chichi trouva régulièrement des bassines recouvertes de linge rouge devant sa porte. On essayait de lui jeter des sorts. Mergy était trop petite pour s'en rendre compte mais elle ne comprenait pas pourquoi sa mère Chichi pleurait en rentrant du marché de la Darse de Pointe à Pitre où elle avaient du changer d'adresse. Au Carénage les rumeurs les avaient suivi, on racontait que l'enfant de Chichi n'était pas naturel, qu'elle l'avait eu avec un soucougnant, on se signait quand la mère passait avec sa fille. 

     

  • margelette

    Des chants d'enfants martiaux et des pas cadencés. Cette année ce sera la couleur kaki qui sera à la mode et les chaussures se porteront montantes. La société guadeloupéenne de l'an 2050 ne laisse pas de place à l'imprévu. De l'ancien camps militaire de Dugomier à Jarry , il ne reste plus rien mais les casernes ont pris là leur essor et ce n'est que baraquements et tentes d'urgence autour de la prison de Baie Mahault. Des slogans héroïques placardés sur les tours d'habitation rappellent Cuba. Les policiers ne se distinguent plus des soldats et moi je regarde tout cela avec envie. J'aimerai bien avoir un fusil comme mon copain Mourad. Mourad appartient à la population arabe émergente aux Antilles. Les Syriens se sont reconvertis dans la vente de matériel militaire et ils tiennent tout le marché sur la Grande Terre. Ils sont tellement entreprenants que même les enfants peuvent se fournir en armes de poing et il n'est pas rare d'en trouver qui arborent fièrement leur révolver dès le plus jeune âge. Les syriens sont sympas, Ils peuvent te faire un uniforme vraiment comme tu veux. A l'école on ne doit pas porter d'armes mais j'en connais qui en planquent dans les toilettes de la cour de récré. L'autre jour c'est un pion qui s'est fait descendre à la récré du matin à 10heure et demi . On n'a retrouvé ni l'arme , ni l'auteur du coup de feu. Certains te regardent mal à l'école. On ne sait pas si c'est eux qui ont fait le coup. A la sortie ce n'est que gun et kalash.

     

    Dans la classe Soleyko dort. Sa maîtresse brandit un flingue et tire en l'air pour réclamer le silence, ce qui le fait se réveiller. Si les enfants n'ont pas le droit de porter d'armes, ce n'est pas le cas des instits et la maîtresse en change tous les mois. elle est terriblement coquette. La semaine dernière elle avait un pistolet à peinture et Mourad s'est fait carrément bleuir au sens propre pour le punir de son bavardage. Comme il n'arrivait pas à enlever la peinture de son visage même avec du crin , il a du rester bleu toute la semaine. On se moquait de lui en l'appelant le bleuet.

    - Alors Mourad, qu'elle fait l'instit, comment elle est, la Guadeloupe?

    -Ben comme un gros papillon qui serait collé sur l'eau et qui aurait une aile plus haute que l'autre qu'il répond.

    - Tu pourrais nous la dessiner dit la maîtresse, tiens prend ce morceau de craie.

    Mourad est tout ému; ce n'est pas tous les jours que la maîtresse s'occupe de lui . Des leçons il en apprend dix par jour mais la leçon de la vie , c'est la plus difficile; Les méthodes d'apprentissage ont bien évolué. Il a bien révisé hier avec l'appareil à cris. Il a vissé le casque sur sa tête et poussé le volume au maximum. Les leçons se sont gravées dans sa tête avec la puissance de l'écho des cathédrales . Il les a entendu résonner dans son cerveau toute la nuit. Il peut encore les réciter par coeur sans réfléchir, ça lui ferai presque mal à la tête s' il modifiait ne serait-ce qu'une virgule. Pour les cartes de géo il a utilisé l'impresse, c'est un autocollant réactif que tu colles sur une partie du corps qui réagit avec la peau. En cinq minute tu as une carte en relief  que tu peux toujours consulter puisque tu la portes sur toi; il sourit à la maîtresse parce qu'il va avoir une super note. Il glisse sa main sur son ventre et sens la carte de la Guadeloupe qui émerge sous ses doigts. Ses copains devront l'appeler "Stromae" et non le bleuet. Si ça se trouve ce sera lui qui commandera la Guadeloupe quand il sera grand. Il sait où il a planqué son pistolet derrière la chasse d'eau des WC des toilettes de la cour et si quelqu'un l'embête il finira liquéfié comme ce surveillant qu'on ne sait même pas qui c'est qui lui a fait ça.

    _ Vas-y Mourad dit la maîtresse. Dessine la nous ta carte de la Guadeloupe!

     

  • pro tube errance

    Marie Ange remuait doucement du bas du dos , Babyface lâchait son soul en douceur et le mélange prenait. Marie Ange était infirmière , sa spécialité? La retape de l'occase. Elle pouvait vous requinquer un mort. Avec sa virtuosité proverbiale, bien peu auraient su lui résister. Elle valait toutes les girl d'Ipanema et tous les hommes ne pouvaient s'empêcher de faire "ha...!!!" quand elle passait devant eux.

    Ses coudes battaient langoureusement la mesure et les courbes de ses bras évoquaient d'autres courbes que je pouvais deviner sous son chandail qui n'en pouvait plus. Une Marylin Monroe noire, un petit bijou de concentré de tendresse tropicale à rendre affamé n'importe quel dineur  même après le dessert, tellement elle était appétissante. Je me laissais aller à de chaudes rêveries antillaises aux parfums épicés. Marie était en train de me remonter le moral et je me sentais de plus en plus volontaire, je devais même me contenir tant elle y mettait du coeur. Que de conviction professionnelle! Elle méritait toutes les médailles et mes yeux commençaient à se fermer sous tant d'éclat. Elle irradiait la sensualité de tous ses pores et moi je me sentais devenir porc tellement j'aurai aimé m'oublier. Marie Ange me regardait de ses doux yeux et je me sentais détestable d'avoir de telles pensées, j'essayais de relâcher ma tension en concentrant mon attention sur ses ongles qui me paraissaient inoffensifs mais ses doigts étaient si délicats , si bien tournés que je ne pouvais éviter de les imaginer tournant autour et revenant pour recommencer encore et encore à ne plus savoir où j'en étais. Je préférais plutôt laisser mes yeux scruter les siens qu'elle arborait comme des signaux de sympathie et moi je voulais croire qu'à force de sympathie , l'amour n'était pas si loin et je me laissai imaginer tous les possibles, tous les plaisirs que je pourrai lui donner , qu'on pourrai trouver et partager.

    Marie Ange pétrissait mon dos , elle appuyait de tout son corps ses deux mains mais jamais je n'avais connu de massage si doux et si agréable. Quand elle posa sa poitrine sur mes omoplates je crus revenir loin en arrière quand jeune enfant je goutais  innocemment les seins qui me nourrissaient. Je devins cannibale, nous nous mires face à face , je devins sa page blanche et elle se mit à la remplir de tous les mots que j'attendais. De caresses en caresses je devins sa possession. Elle réveilla mes anges ou mes démons, elle ouvrit mes appétits , je sentis émerger en moi la vigueur des plantes qui s'ouvrent le matin à la rosée, la force des végétaux qui percent le macadam, ma douleur avait disparu , je m'éveillais à la vie . Une protubérance émergeait de mon bas-ventre. J'émergeais d'une profonde léthargie pour répondre à l'amour,j'allais imploser, exploser. Le ciel s'ouvrait sur le Walhalla.

    J'ouvrais un oeil et puis deux, mon sens olfactif était revenu,tout était redevenu calme et tout me semblait familier  une accueillante flagrance de café me chatouillait les narines, j'avais encore rêvé et mon café m'attendait ce matin avec une bonne tartine de pain à la confiture pour me tenir compagnie.

  • Emerger qu'ils disaient...

    Ce matin j'ai décidé d'aller à la plage. C'est génial d'avoir toute cette H2O à côté de chez sois. Je regarde mon allée centrale qui fuit mon portail, pas de boursouflures , pas de pâté émergeant, des pâtés mes enfants en fairont sur le sable. Je n'arrive jamais à partir avant 10 heures , c'est un minimum. Le temps d'émerger d'une matinée laborieuse avec la vaisselle de la veille qui trône dans l'évier, les fourmis qui ont envahi la véranda et qui broutent les résidus alimentaires qui jonchent le parterre. Les boutons qui émergeaient sur mon visage ont disparu, tout est plus calme aujourd'hui. Les enfants barbus avec du chocolat ont fini leur petit déjeuner, on mange de plus en plus tard, c'est le système des vacances. J'en profite pour préparer leurs affaires de natation. Le sac s'est progressivement enrichi de tout ce que j'ai trouvé sur la plage, des seaux , des moules à sable qui représentent de petits personnages stylisés, des pelles abandonnés par leurs petits propriétaires. Je m'arrange toujours pour mettre ses objets en quarantaine avant de les utiliser , des fois que je tomberai le lendemain sur les parents des enfants qui les ont oubliés.

    -Allons les enfants dépêchons-nous, montez dans le van et attachez-vous!

    -Oui Papa! Qu'est-ce que tu as acheté dans le sac ( sac, sac)? Ils ont pris la désagréable habitude de répéter la dernière syllabe de celui qui parle. Ca fait comme un écho grotesque.

    -Rien les enfants on va acheter quelque chose sur la route! Des flashs me reviennent pendant que je conduis, le rêve éveillé d'hier, la rue gondolée, le parking de la grande surface vérolé, je chasse ces images de ma tête. Je me concentre sur la route et rien ne vient émerger du macadam mais arrivé sur la plage, stupeur! Un ilet qui n'était pas là hier vient d'émerger à l'horizon. Je suis sûr de ne l'avoir jamais vu, ou plutôt de le voir pour la première fois, les enfants le montre du doigt tout excités.

     

    -Regarde Papa (pa, pa...) Ils parlent comme un choeur antique. Un gros ventre sans les bras ( brra, brra..). On peut aller le voir , dis? Pourquoi il est là? J'essaie de prendre mon air le plus blasé bien qu'à l'intérieur de moi, ça commence à bouillonner. Depuis que j'écris des nouvelles pour ce concours littéraires, je vois des émergences partout. Mon psy aurait trouvé mille explications du fait de mon enfance ou de celles de mes parents mais j'ai arrêté les consultation depuis trop longtemps pour pouvoir m'aider du moindre de ces conseils. La protubérance bedonnante qui vient d'apparaître là où elle n'aurait jamais du être , sur la ligne de défilement des bateaux divers qui passent pour divertir les baigneurs n'est pas une baleine, ni un dauphin. Elle ressemble à un crane velu de je ne sais quel Gargantua. Les enfants trépignent d'impatience. Il faut affronter l'inconnu, le danger. Ils me traînent jusqu'au bord du rivage.

    -Allons-y Papa! ( pa, papa, pa...) et à l'unisson : allons nager! Devant un tel bloc de caractères des plus têtus, j'obtempère et comme un canard avec ses canetons nous commençons à nager vers ce dôme qui a retenu toute notre attention. Souvent des formes émergent des flots. Ce sont des troncs d'arbres lissés par les vagues qui ressemblent à des animaux féériques  qui font peur aux enfants , des noix de coco qui recèlent des messages jamais ouverts ou des débris d'embarcation , cordes, bouées et détritus multiples. Sur l'eau je pense à ma maison, mon confort, ma voiture et ma femme. Comment peut-on se mettre pareillement en danger dans un milieu liquide qui nous porte et qui peut brutalement nous aspirer?

    -Beuh, beuh ! Ca y est , il y en a un qui pleurniche. Il faut toujours que ça arrive au mauvais moment, on touche au but. C'est une bouée immense reliée par un filin métallique au fond de l'eau. C'est le premier élément d'une usine marémotrice qui va révolutionné la consommation énergétique de l'île nous explique le technicien assis à cheval sur le flotteur. Son regard jaune et son teint verdâtre m'étonne un peu mais il m'explique qu'il vient de Neptune et qu'on l'a envoyé aider les pauvres Terriens à se sortir de l'ornière où ils se sont englués. Au même moment des coups de feu crépitent autour de nous. Ce sont ces collègues d'Uranus qui viennent lui régler son compte. Les Uraniens détestent les Neptuniens. Ils ne peuvent s'empêcher de détruire toutes leurs réalisations. C'est pourquoi les Terriens n'ont jamais pu progresser car l'aide des uns est aussitôt détruite par les autres. Un missile enflammé déchire le ciel et vient s'abattre sur moi et les enfants, ma dernière pensée est de les aimer encore et toujours, je donnerai ma vie pour eux, j'attends le coup fatal mais rien. Rien ne se passe. Je regarde autour de moi et reprends mes esprits. Je suis assis à ma table et mon bon café fumant me flatte les narines, je me suis endormi. Ce n'était qu'un morceau de tartine qui émergeait de mon café au lait, tout cela n'était qu'un rêve on ne m'y reprendra plus;

     

     

     

     

  • Des boursoufflures émergeantes .

    Non décidément quelque chose avait changé depuis la nuit dernière. En me frottant les yeux au réveil, le café fumant dans les mains, je contemplais mon entrée garage avec un certain étonnement. Des bosses étaient apparues devant le portail à la façon d'Edvard Munch et la chaussée s'était gondolée d'une façon risible et caricaturale. L'effet était plutôt modéré mais il y avait quelque chose d'inhabituel à voir le béton se fissurer comme si des souches d'arbres immenses le trituraient par en dessous. La Guadeloupe m'avait habitué à des scènes oniriques pendant les cyclones avec la mer qui jetait des pierres pendant que les vents de 250 km heure tordaient les tôles à s'enrouler sur les arbres . Je connaissais l'odeur de souffre du volcan qui couronnait l'île avec ses fumerolles qui s'exhalaient du sol avec une odeur maléfique mais je n'avais jamais observé une telle distorsion de la perspective qui semblait se moquer de la normalité avec un sale rictus méprisant.

    La matinée se passa normalement à part que je ne pouvais plus voir le boulanger m'appeler avec son klaxon vigoureux, une grosse protubérance me cachait la vue et je me sentais comme Jonas au fond de la baleine. Je sortis en voiture et me mis à zigzaguer entre les bosses comme dans un slalom. Dans le centre commercial où je m'étais rendu les gens commençaient à jaser.

    -C'est encore un coup des békés disait l'un, il faut prier et se repentir disait un autre qui faisait agenouiller toutes les filles mères de l'assemblée et il ne restait pas beaucoup de femmes debout tandis que les voitures semblaient s'éparpiller comme des jouets mal rangés.

    -Il y a quelque chose de diabolique là dedans cria un grand escogriffe.

    - Les blancs nous amènent la malédiction!

    -Regardez celui-là! hurla un autre, mais il ne me regardait pas heureusement pour moi.

    Je vis un couple de retraités dont le mari arborait fièrement un drapeau bleu blanc rouge sur son tee-shirt. Mauvais choix, le grand escogriffe vit rouge et fonça comme un taureau sur le couple qui n'eut le temps que de monter dans sa voiture et de démarrer.

    Je laissais là toutes mes remontrances et mes condoléance et pris le même chemin que les deux fuyards, celui du repli stratégique direct à la maison.

    Je repris mes esprits devant le café chaud qui m'attendais. J'avais eu un étourdissement, ça m'arrivait parfois quand j'étais très fatigué. J'avais fait un cauchemar éveillé le temps d'un assoupissement. Depuis que Donna dieu mon ami haïtien avait été lynché en République dominicaine je voyais des ennemis partout , je tombais dans une douce schizophrénie .

    Quand je fis ma toilette je remarquais des petits boutons sur la peau de mon visage. C'étaient les seules protubérances qui avaient émergé pendant la nuit.

     

     

     

  • S'en payer une bonne tranche

    je me pointais sur mon blog, à l'aise, le petit ponch bien frais à mes côté qui sortait du réfrégirateur. Pourquoi s'embêter à l'assaisonner de glaçons quand on pouvait mettre le rhum directement au frigo pour le servir bien frappé?

    Déjà dix ans d'écoulé et mon blog subsistait à mon insu de mon plein gré. Contre vent et marée. Comme un p'tit gars qu'on aurait conçu entre deux portes , qu'on n'avait plus de nouvelles de lui et qui continuait à vivre sans jamais nous envoyer une demande de prêt d'argent même ça ça m'aurait plu, non rien, qu'on avait enterré et qui renaissait comme Lazare sortant de sa grotte. Je me félicitais d'une telle vigueur et me décidait de réinjecter une petite dose de vie à ce blog finissant qui tel un phénix pourrait renaître de ses cendres.

    J'avais ouï dire qu'à Gosier , comme tous les ans on chassait le verbeux en goguette pour l'attifer d'une médaille d'entre tous les tarés . Il fallait n'avoir jamais été publié et pour cause pensais-je de mon côté, n'avoir JAMAIS  reçu la médaille véreuse, qui s'en glorifierait?

    Bref un concours de manchot pour candidat aveugle mais qui correspondait bien à mon incapacité notoire tellement criante que personne n'en savait rien ce qui prouve bien l'inanité de mes efforts mais on peut aussi écrire pour sois-même.

    J'étais tellement fauché que même une récompense de vingt euros m'aurait fait plaisir. Je décidais de concourir à cette course de vitesse de limace pensant que malgré ma médiocrité si flagrante à mes yeux, je pourrai ainsi me dérouiller les paluches en tapotant encore sur mon clavier.

    Le thème c'était 'heu.... attendez... c'est tellement alambiqué les préoccupations des bobos qui dorment dans les bibliothèques. Et je pensais déjà qu'en disqualifiant ainsi mes mécènes ils ne risquaient pas de m'élire. Je corrigeait donc la trajectoire de mes propos et remerciais mes lecteurs , ceux-là même qui pourraient me récompenser  et me mettre sur un pied d'estale même petit , je les remerciais donc de bien vouloir me lire et de supporter mes élucubrations.

     

    J'avais c'est vrai de le dire une mine d'or abondante à ma disposition. La vie dans les DOM. Tout le monde rêvait d'y aller mais comme le spermatozoïde peu réussissaient. Le thème c'était "L'EMERGEnce" , un truc de naze que même un balaise comme le maire y pourrait pas l'écrire sans s'être arrêté pendant toutes les vacances de toute  communication même verbale;

     

    Moi ça tombait bien, et je n'arrêtais pas de tomber avec cette histoire, j'habitais une île, et des émergences j'en avais tous les matins parce que autour de moi il y avait des îles qui apparaissaient et disparaissaient. Je me rappelle à mon arrivée sur l'île , moi le petit blanc, si tellement sûr de lui, je nageais vers l'ilet Pigeon depuis la plage de Bouillante en pensant y arriver si facilement , l'ilet semblait si près  puis il reculait à fur à mesure que je nageais vers lui , il sortait de l'horizon comme une bosse de terre qui émergerait de l'horizon;moi j'émergeais d'un long hivernage en métropole et de chrysalide je n'étais pas encore arrivé à papillon. Mon amie guadeloupéenne m'attendait sur la plage pendant que je faisait le fier vers cet ilot inaccessible , me félicitait ensuite d'avoir rebroussé chemin d'avoir abandonné.

    J'émergeais d'un profond sommeil, l'homme blanc ne peut pas tout, il courbe la tête devant les événements tropicaux , les aléas du climat. Bientôt les cyclones aussi me donneraient la leçon et soulevé par les rafales de vent je comprendrais mieux mon humilité. Merci de ne m'avoir pas ôter la vie.

    Depuis quelque temps, des boursoufflures émergeaient sur le chemin qui menait de ma maison à la route. J'avais d'abord pensé que c'était le tuff qui prenait ainsi ses aises et qui se déformait avec le mauvais temps. Bientôt les boursoufflures devinrent des bosses puis des mornes et finalement je vis des petits hommes en sortir.

     

    -Hello c'est vous qui habitez en bas? m'adressa l'un d'eux un matin où je n'étais pas sûr d'être vraiment dans la réalité tellement ma gueule de bois était virulente à mon lever.

    -Effectivement , m'entendais-je lui répondre. Je suis ici depuis que Mathusalem existe, mes cousins sont les brontosaures qui broutent dans le champs d'à côté; j'avais été surpris de l'émergence de ces bosses qui gâtaient mon chemin de sortie de chez moi. mais là je ne trouvais rien à redire si des petits hommes apparaissaient à la suite de leur érection, je me trouvais comme l'hôte qui recevrait des visiteurs qui ne seraient pas invités moi dont les bien pensants m'avaient ôté le droit d'exister sur cette terre hospitalière de Guadeloupe.

     

    Il était tard le blog ne m'avait pas coupé dans mon discours et je me sentais aussi gourd que le plâtré délivré de ses entraves  qui se sent tituber comme un nouveau né. J'essayais de relier tout à la couleur ou son absence afin de mériter le titre de mon blog mais les associations ne venaient pas et je restais seul monochrome tandis que je me mirais en moi et polychrome quand je m'ouvrais à l'extérieur.

    J'avais remué ciel et terre et mes souvenirs d'ilet pigeon inaccessible, mon établissement contre vent et marée, van levé. J'étais ici depuis plus de vingt ans et je devais encore me proclamer guadeloupéen, mes seuls enfants étaient mon passeport et les gens souriaient en les voyant , je tapais des mots sur le clavier de mon mac à l'autre versant de la journée, il n'était à pas d'heure, j'avais réussi à calmer les pleurs de l'enfant qui se réveille et je pensais à m'endormir à mon tour. Le chemin sur lequel je quittais ma maison était de plus en plus vallonné. Bientôt des boursoufflures aussi dénatureraient la souffrière et des nappes de rejet forceraient  la route de la traversée.

    Les hommes qui apparaissaient entrèrent dans ma case et me demandèrent d'arréter d'écrire<; je décidais de suspendre temporairement mon récit;

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • jéchu

    Il allait falloir la jouer fine. Cette gonzesse était vraiment trop top pour abandonner maintenant se dit Jéchu. Il l'avait invité à boire un pot dans un bastringue du ghetto et il sentait maintenant tous les regards des lieutenants du caïd le foudroyer comme des tirs de mitraillette. Cette nana était du tonnerre, tant pis si c'était une protégée du boss, pour Jéchu chacun était libre de sa peau. Comme les regards féroces lui avaient troué le dos il décida de l'emmener faire un tour chez lui à quelques stations de métro. Le lecteur des années 2010 sera surpris mais en 2030 nous avions le métro en Guadeloupe, tout finit par arriver. La tenant amoureusement par la main Jéchu emmena Nadette dans le tub et bientôt ils se mélangèrent au flot des voyageurs et se sentirent protégés par un voile d'anonymat. Dans le wagon les gens fixaient leur portable et personne n'osa même les dévisager. Le métro filait sous la terre et ils ressortirent presqu'aussitôt et se retrouvèrent vite blottis au fond des draps ne songeant même pas à se préserver. Le coït fut bestial à la mesure de leur romantisme et quand ce fut terminé Jéchu contempla Nadette avec effusion n'arrêtant d'embrasser le moindre centimètre carré de sa chair. Nadette l'enivrait positivement. Elle lui faisait littéralement tourner la tête. Il se blottissait dans son abondante chevelure crépue et se sentait partir en voyage vers des contrées si douillettes  et si chaleureuses qu'il avait envie de ne jamais en partir et d'y avoir trouvé son Eden. La peau noire de Nadette le confondait de plaisir , il y perdait ses repères habituels , elle lui semblait vaste comme l'obscurité mystérieuse de la nuit où tous les rêves sont permis. Nadette avait de l'affection pour Jéchu mais elle ne se doutait pas des torts qu'elle allait lui causer sinon elle lui aurait déjà conseillé de partir loin d'elle car elle avait pactisé avec le Diable même si ce n'était pas tout à fait formulé.

    Quand Jéchu la raccompagna dans le ghetto il se sentait invincible si tellement rempli d'amour. C'est dans ces états la qu'on est le plus fragile. L'amour rend aveugle surtout au danger!

  • On va niquer ta race

    Pas facile de se positionner dans cet échiquier étriqué où tout se joue déjà à l'avance. Bernardo contemplait son copain complétement défoncé , rempli de bosses et d'ouvertures multiples après un tabassage en règle. Il en avait fallu de peu pour qu'il y passe aussi. Sa chance? Avoir été pisser cinq minutes avant le drame. Jéchu n'avait plus de dents, la batte de base-ball qui l'avait corrigé s'était elle même pétée en deux, elle gisait encore à ses pieds dans son logis violé. Son tort? Avoir baisé la nana d'un caîd du Carrénage. Yourdy avait plusieurs femmes sur le trottoir mais pas question de s'en payer une à l'oeil, la réponse avait été immédiate. Bernardo avait tout juste pu appeler une ambulance à peine arrivé chez son copain qu'il avait d'abord cru mort avant de se rendre compte qu'il respirait encore , puis de se jeter sur le téléphone pour appeler des secours. Jéchu n'était pas prêt d'aller encore à la plage! C'était là où il l'avait pécho. Elle s'appelait Yéchua. Elle arrivait tout juste de Rio. Elle avait cru aux bobards de Jéchu , avait vite baissé le pont levis mais n'avait pas pu s'empêcher de tout raconter à ses amies. Peu après Jéchu prenait sa raclée.

     

    Quand le téléphone sonna, une voix menaçante lui intima l'ordre de foutre le camp. Décidément ce n'était pas son jour de chance. Il laissa son flingue sous l'oreiller de Jéchu et lui assura qu'il allait vite revenir. Il était minuit moins dix, cette histoire n'arrivait pas à démarrer , je posais mon stylo pour aller pioncer un coup.

     

  • Boum boum tchak!

    Putain c'était pas vrai! La bombe avait explosé en plein marché de Pointe à Pitre. Des morceaux de cadavres décoraient encore les grilles du marché couvert quand je me pointai vers 10h30. Les touristes avaient morflé un max. L'explosion les avait choppé à la descente du bateau après la collation d'usage, sûr qu'ils ne viendraient pas réclamer une deuxième tournée! Des sirènes hurlantes balisaient l'espace sonore de la place de la Victoire qui ressemblait davantage à une défaite aujourd'hui. Tony le policier remit pour la ènième fois sa mèche sur son front , s'efforçant de rester calme malgré les mégères en pleurs qui gémissaient prostrées sur le trottoirs avec toutes ces mouches rendues folles par l'odeur du sang frais.

    -Patron dit-il en s'adressant à son supérieur qui suçautait un cigare pour essayer de s'évader de ce carnage, j'ai trouvé un truc qui pourrait vous intéresser. Il brandit un poing américain tout tordu où l'on pouvait lire: " Pour la France pacifiée".

    -Donne lui intima Parker en jetant son cigare d'impatience. Examinant le morceau de métal il expliqua à Tony que c'était une arme des "combattants de la Liberté", une secte d'extrême droite nostalgique du Klu klux klan. Elle était apparue aux Antilles dès les années 2020 après les premières insurrections pour l'indépendance.

    _On dirait que cet attentat est signé patron, si la bombe est une bombe à clous comme l'autre fois on peut être sûr que ce sont les fchos qui ont fait le coup!

    -T'emporte pas dans les conclusions Tony, tout le monde s'amuse à fausser les pistes dans cette histoire. Qui sait si le gouvernement n'a pas intérêt à lâcher les Iles? Les Renois sont de moins en moins tolérés là-bas. Les ghettos où on les a parqués deviennent de plus en plus criminogènes et l'indépendance de ces cons pourrait rendre un fier service à la France!

    -Patron vous n'y allez pas avec le dos de la cuillère, faudrait voir à cacher vos cartes si un faux jeton de la presse voudrait vous interwiouver!

    -T'inquiète pas Robert ( ça l'énervait Tony qu'on l'appelle Robert. Avec son teint basané i faisait plutôt rebeux que français) on n'est probablement pas là pour très longtemps, après le dernier feu d'artifice les planqués en auront tellement marre qu'ils nous feront gicler d'ici!

    J'entendais toute leur conversation et m'étonnais de leur capacité à s'extraire le temps d'une discussion de toute cette urgence. Il y avait de la barbaque partout sur la chaussée et les deux fliques se payaient une bonne tranche de bavette comme s'ils sirotaient leur bibine au fond d'un bar affreux des bas fonds.

    Je me demandais qu'est-ce que je foutais encore ici, je projettais même de m'inscrire musiquer dans une troupe de carnaval, j'étais complétement barré à l'époque. J'avais le sentiment que rien ne pourrait jamais m'arriver. Ignorance ou inconscience je pensais que ma bonne amie antillaise était mopn certificat de bonne conduite et je prenais les regards haineux des antillais pour de l'admiration et de la jalousie...

     

     

  • carnaval rivé

    On m'avait parlé d'une troupe de carnaval sympa dans le bourg de Vieux-Habitant, je m'ennuyais tellement! Bien sûr les blancs n'étaient pas bienvenus mais j'étais un peu bronzé et puis mes copains étaient des vrais antillais alors comme j'étais musiciens tous les espoirs m'étaient permis. Il paraît que certains membres de la troupe étaient recherchés par les autorités. Le groupe aurait des activités parallèles peu avouables mais les terroristes d'aujourd'hui seraient les héros de demain...

     

  • Bon ben j'y vais

    Il ne fallait suretout pas que je stagne dans le septicisme ambiant de cette île psychotique!Je décidais de m'en sortir, il devait bien y avoir une petite antillaise à qui je plairais et qui voudrait boen de moi. Puisque je me retrouvais seul désormais, je décidais d'aller vers les autres, je fréquenterai une troupe de carnaval et j'y rencontrerai tout un tas de connaissances qui me tirerait de mon ennui.

    Le problème c'était le couvre feu. Depuis les évènements révolutionnaires du 20 janvier 2039 la Guadeloupe n'était plus française que de nom. Il y règnait une loi martiale d'exception notamment l'extinction des feux à partir de 20 heures. Certaines sections faisaient fi de cette contrainte et des militants pour la liberté tenaient en armes les accès et les parages interdisant aux soldats colons toutes possibilités d'exercer leur autorité. Cependant cette contrainte supplémentaire avec le jour qui se coiuchait dès 19 heures rendait ma quête difficile et je passais plusieurs jours à trouver la troupe Tambou-la qui serait mon hôte. Je connaissais Philbert le responsable de la troupe. Il tenait un bureau dans ce qui restait de l'administration coloniale communale. La plupart des agents de la mairie avaient rejoint le maquis et le peu qui restait fidèle à leur poste se voyait traité de collabo par la population en situation de pré-révolte. Parmi toute cette agitation la tradition du carnaval se maintenait et Philbert arrivait à réunir des jeunes autour de ce projet. Plutôt que de les voir filer vers des combats de rue armés pour servir les intérêts des chefs de guerre en gestation, il préférait les fédérer autour du thème central du carnaval dans lequel il pouvait éveiller aussi les conscience par des sujets toujours d'actualité.

     

    -Entre, tu disposes ici d'une oreille attentive m'avait-il lancé lors de notre première entrevue.

    -Je viens vous voir afin d'avoir des nouvelles de Sam mon collègue qui a été arrété récemment par les policiers municipaux, je suis depuis sans nouvelles.

    -Sam comment?

    -Sam Vachelski, je suis envoyé par sa famille également; il a trois filles encore très jeunes qui n'arrêtent pas de le pleurer depuis son absence. Avoir des nouvelles de lui serait une bénédiction!

     

    J'avais fait pas de chemin depuis. Aller à Tambou-la serait une riche expérience!

  • rosarum

    Pfff!Le local puait le rhum et le shit! Dans la pénombre je distingue deux ou trois gus assis sur un petit banc en train de décorer leur tee-shirt de paille de bananier pour le prochain défilé. Elton le chef de section n'est pas encore là. Les carnavaliers en profitent pour se défoncer au tosh et à la bibine. Dans ce batiment désafecté qu'ils squattent avec la bénédiction du maire, ils sont les seuls à occuper les lieux. Il y règne un désordre indescriptible. Le sol est jonché de détritus et les strates d'ordures successives racontent l'histoire des derniers costumes utilisés. Les derniers évènements révolutionnaires ont mis la majeur partie des "étrangers" dehors et la matière première des déguisements provient de la récup' que les membres du groupe arrivent encore à faire.

    -Qu'est-ce que tu fous ducon de blanc chez nous? Tu viens inspecter les travaux? me demande un jeune guoguenard, trouvznt sans doute que je ne manque pas de culot Les autres me regardent avec agressivité, en ces périodes troublées il ne fait pas bon d'être un peu pâle et je me sens soudain comme un canard boiteux!

     

     

  • Rosa t'es rosse

    Rosa était la mère d'un de mes compagnons de carnaval. Après quelques séances de répétitions j'avais commencé à sympathiser avec quelques membres de l'équipe de Tanboula.

    Rosen était un p'tit gars bien sympathique, le digne fils de sa mère. Elancé et costaud il paraissait encore un jeune adolescent imberbe et solitaire. Comme tous les solitaires se rencontrent, il m'avait pris en sympathie peut-être parce qu'il n'avait rien d'autre à se mettre sous la dent. Son plus grand jeu consistait à me piquer avec ses baguettes de tambour pendant les défilés. Il était un peu taquin et c'est un peu par jeu qu'il m'invita à un diner d'amis chez lui où je rencontrais Rosa.

    Elle virevoltait autour des tables qu'elle avait dressées autour desquels papillonnaient toute une escouade de beaux jeunes gens. Les ailes de dinde crépitaient sur la grille du barbecue et les bouteilles de vin n'étaient pas en reste. Malgré les événements qui secouaient la Guadeloupe, la petite section de Trois Rivière semblaient épargnée par la violence qui frappait les communautés. On ne me regardait plus comme un martien et maintenant que la maîtresse de maison me regardait avec attention sachant que j'étais célibataire, les yeux des hôtes pétillaient de malice et chacun se demandait comment allait être le dénouement de cette affaire. Rosa avait le verbe haut et le rire décomplexé. Comme il n'y avait pas de mari à la maison elle remplissait les deux rôles de père et mère et personne ne la contredisait. C'est en petite tenue légère qu'elle ouvrit la porte quand je vins à son rendez-vous au milieu de la nuit. Notre étreinte fut immédiate car je n'avais pas fréquenté de femme depuis longtemps. Elle répondit sans retenue à mon désir que je m'endormis dans ses bras et je me réveillais encore tout étonné le lendemain dans son lit.

  • confidences et confitures

    Rosa me faisait penser à un silex noir comme on en trouve enfoui dans le sol, parfois taillé depuis la préhistoire comme une lame inaltérable qui aurait survécu aux vicissitudes au delà des temps. Elle gardait en elle le savoir ancien de ses aïeux et me tenait par son corps  et sa cuisine. Ses matétés à Pâques réchauffaient le coeur et ses tripes et poyos me gardaient en forme pour toute la journée. Sa façon de danser si souple et naturelle me faisait comprendre quelle science du corps et de l'esprit alliée à un amour si grand de la musique me serait toujours nécessaire pour me parfaire. Je m'abreuvais d'elle, de ses gestes et de son parfum. Elle se voulait plus black que ses concitoyens , elle était ma clé, mon passe-partout et je pénétrais toutes les strates cachées de mes semblables de la société guadeloupéenne.

     

    Puis l'espagnole arriva. D'abord timide, discrète parmi tous les autres, je ne tardais pas pourtant à la repérer avec mes instincts de libertin. J'y gagnerai un herpes qui ne me quittera plus. Toutes ses confidences m'auront creusé l'appétit et je me précipiterai sur de la confiture! Miam, miam! 

  • Rosa rosarum

    Les enfants de Rosa n'étaient pas tendres avec moi. Depuis que le gouvernement provisoire mais qui restait inexpugnable depuis près d'un an d'indépendance avait décidé de changer les programmes scolaires de façon à mieux conscientiser les jeunes sur les méfaits de la néo-colonisation, les enfants regardaient tout étranger un peu pâle comme un esclavagiste en puissance. Les rares français qui étaient restés comme moi par hasard ou par oubli étaient la cible privilégiée de leurs attaques. Ils restaient cantonnés chez eux et calfeutrant portes et fenêtres. Les forces de l'ordre se laissait facilement corrompre et on pouvait encore se déplacer librement si on distribuait de l'argent liquide autour de sois. Raizu le premier fils de Rosa me regardait comme celui qui abusait de la crédulité de sa mère. Il ne manquait pas une occasion de me faire du mal sois pour me taquiner ou bien pour compromettre tous les efforts que je pouvais faire pour trouver leur affection à défaut de leur amour. J'avais toujours aimé les enfants mais là , la bonne volonté commençait à me manquer et nous partions souvent sans les enfants Rosa et moi pour échapper à leur rancoeur quotidienne dont le soif insatiable de m'accabler ne connaissait pas de fin. Nous finîmes par ne plus les voir ne conservant avec nous que le plus petit Rozin qui était encore trop malléable pour se laisser façonner par la propagande officielle. Des slogans hostiles aux français étaient placardés sur tous les murs de Pointe à Pitre et la jeunesse inoccupée, vaincue par l'inaction prenait sur nous sa revanche. Il y eut plusieurs blancs qui finirent un pneu en feu autour du cou. Le climat devenait d'autant plus explosif que les conditions de vie s'étaient détériorées avec la disparition des industries et des commerces détenus par les étrangers en fuite.

    Les services d'entretien urbains ne fonctionnaient plus et la ville prenait une allure de guerre avec ses monceaux d'ordures à tous les coins de rue. Mais il fallait tenir et je tenais. J'avais souvent l'impression de tenir la branche cassée qui m'avait précipité dans le vide!

     

  • Et moi danstout ça?

    Rosa elle ferait date dans ma vie. Une belle créole qui voulait "sauver la peau" de ses enfants. Qui se laissa prendre ou plutôt qui me prit. Sa peau couleur d'ambre, ses yeux de jais, sa poitrine ovale et son corps d'ébène, sa malice de tous les jours, mon bonheur!

    On nous apostrophait dans le sud de l'île en Basse- Terre où les habitants sont plus roots:" où vas-tu avec ma sister?" quand on ne disait pas tout haut pute à blanc. Les chemins étaient remplis d'épine et on pouvait se faire agresser à tous moments. Un incident de voitures avec une éraflure pouvait se transformer en attroupement monstre où l'on aurait volontiers lynché du blanc. En ces temps de révolution culturelle, nous étions quant même en 2020, la gauche avait donné de gré ou de force l'indépendance aux indépendants, ceux qui n'en voulaient pas avaient du la prendre quant même. Et les masques étaient tombés, la nuit primait sur le jour, ce qui devait rester caché s'était révélé. Moi je devais dormir parce que quand tout fût accompli, j'étais encore ici et il avait bien fallu continuer à vivre.

     

     

  • Néanmoins tout de même

    Rien à faire, je n'arrivais pas à me décider à faire quelque chose, je ne faisais même pas mon âge. Il était cinq heure du mat' et depuis que j'étais rentré chez moi je n'arrivais pas à fermer l'oeil. Il devenait risqué de rester à Pointe à Pitre. L'agression dont je venais d'être victime était un signal d'alerte. Les blancs comme moi avaient déjà fui le climat de terreur qui commençait à s'installer ici, je me demandais bien pourquoi je ne me décidais pas à partir. La douceur du climat bien sûr, mais un sabre brandi vous réchauffait les sangs bien plus que le soleil. Je me retournais dans mon lit et pensais à la belle créole que j'avais croisé hier après mon évasion.

    - Vous sous promenez à une heure bien tardive ou bien matinale , vous avez donc peur du soleil? La petite ne manquait pas de répartie et malgré mes tribulations toutes récentes, je ne pu réprimer un sourire qui se transforma en rire nerveux, en fou rire qu'elle calma en tapant dans mon dos puis en y appuyant sa poitrine ce qui me calma tout à coup.

     

    -Vous avez l'art et la manière de soigner tous les maux , pouvez vous soigner ma maladie d'amour? je répondis un peu goguenard.

    Elle se laissa prendre par la taille en riant , je retrouvais enfin le vrai monde des vivants. Nous nous promenâmes un peu et nous pûmes apprécier l'aurore qui se levait. Puis elle prétexta une course à faire et s'éclipsa, je n'avais même pas son numéro de téléphone , son souvenir m'empêchait de rien faire . Je s'avais seulement qu'elle s'appelait Rosa.

     

     

  • Les chinois

    L'atelier clandestin était près du cimetière, une ampoule jaunie scintillait sur la rue tandis que de larges flaques d'eau en rendaient l'accès périlleux. La porte d'entrée était ouverte et permettait d'observer toute une agitation à l'intérieur. Elle donnait sur un couloir autour duquel étaient distribuées tout un tas de portes aussi variées les unes que les autres. i

    - Allez hisse ce fagot et mets-y du courage éructa Mao le patron de la boîte. Un empilement de ballots créait un embouteillage indescriptible dans le calme relatif de l'endroit. Des sacs sortaient tout un bric à brac de chemises et pantalons dans un fouillis gargantuesque et anarchique. Un enfant aidait l'ouvrier à pousser les paquets mais bientôt il s'assit discrètement sur une caisse et se laissa treuiller à l'étage où les employés comptaient l'argent de la journée

    Fuang le plus jeune fils de Mao attachait des liasses de billets avec un contentement difficilement dissimulé. Décidément la Guadeloupe devenait un nouvel eldorado pour les asiatiques. Ils y émigraient en masse et achetaient la terre à qui mieux mieux.  Les Guadeloupéens vendaient à tour de bras pour investir ailleurs. Le coût de la vie avait monté en flèche et les Antillais quittaient le navire avant le naufrage. Fuang était habitué à la pauvreté. Il savait le prix à payer. 

  • Cauchemar

    Je n'étais plus dans les vapes et je voyais très bien mon gardien par la fissure de mes paupières qui me faisait les poches les yeux allumés par le crack. 

    -Celui-ci a eu sa dose , il a tout dépensé, pas un fichu billet dans ses affaires, que de la caillasse!

    Le réduit où on m'avait déposé ressemblait à une arrière boutique , on sentait le parfum de la coriandre et des aromates antillais. Je n'étais pas ligoté mais toutes les issues étaient fermées. L'unique soupirail était grillagé et la porte d'entrée fermée à clef. Mon gardien détrousseur venait de rentrer et je n'étais redevenu conscient que depuis peu de temps. J'entendais les vibrations graves d'une musique de boîte de nuit qui suintaient à travers les murs. Les murs humides me faisait trembler de froid mais je réprimais mes mouvements pour ne éveiller les soupçons de mon visiteur. Bientôt il s'éclipsa sans fermer la porte à clef et je réussis à m'enfuir. Sûrement des voleurs m'avaient-ils enfermé là pour se désintéresser de moi voyant que j'étais sans le sous. 

    Je reconnaissais maintenant les rues de Pointe à Pitre avec ses maisons borgnes aux balcons rouillés et en ruine. Les voitures étaient carbonisées et les les rares magasins avaient leur devanture défoncée. Personne n'était dehors à ce milieu de la nuit et j'errai comme un fantôme accompagné du hurlement des chiens.

     

     

    Au coin d'une rue de Boissard je surpris un atelier clandestin qui s'agitait dans le jour naissant. Des chinois fourbissaient leurs armes dans la nuit déclinante. Un camion chargé de caisses siégeait à l'entrée

     

  • tant pis tout de même!

    Le flic en civil ne veut pas me lâcher. J'ai beau lui dire que je n'y suis pour rien, que j'ai rien fait à sa voiture qui fume comme           une saucisse qui brûle .

    _ Tes papiers  . Il a le temps de me coller une mandale qui m'éclate l'arcade sourcillaire. Un attroupement s'est formé. A côté de moi, une jeune homme allongé à terre baigne dans son sang. Un lampadaire abattu clignote de ses dernières forces.

    -Comment veux- tu qu'il te sorte ses papiers si tu lui éclate la gueule dit le collègue de mon policier.

    - J'ai cru qu'il sortait une arme de son sac de sport, pas tellement rassurant ces "yaourts" qui ne veulent pas se tirer, on les aura donc toujours au cul ces blancos?

    Je me demande comment je peux lui paraître aussi blanc dans un pénombre pareille mais il parait que ce sont nos cheveux qui nous trahissent et je regrette de ne pas m'être fait raser le crâne pour mieux passer inaperçu. Puis on me traîne dans une voiture  de  particulier, tous les cars de police sont pleins à craquer  . On entend une femme crier puis plus rien , je suis tombé dans les pommes! 

  • Premier jour

    ça y était la révolution des parloirs avait eu lieu. La Guadeloupe était indépendante, l'armée française avait dégagé, le peuple était souverain, les premiers américains faisaient leur apparition concurrencés par les Chinois qui offraient plein de cadeaux. On était en Février et le carnaval battait son plein. Le gouvernement avait décidé de ne reprendre l'école que lors de la prochaine rentrée de Septembre car les livres devaient être révisés de fond en comble. La rue était en liesse et la fête battait son plein. Ce n'était que rire et joie. On promenait les rares français qui étaient restés sur des chars comme des butins de guerre en exhibant les seins des femmes qu'on glorifiait de fortifier le sang nouveau du peuple libéré. Les compagnes de ces belles étaient peinturlurés de noirs pour montrer leur adhésion au nouveau slogan: "le blanc est salissant". Les commères pouffaient sous leur voilette en jugeant les pénis de ces messieurs nus pour l'occasion. Ce n'était que déchaînement de jouissance et libération des entraves du carcan judéo- chrétien de l'Occident colonisateur. Les forces du vaudou refaisaient surface et les trottoirs étaient gorgés du sang des poulets qu'on y avait sacrifié. Dans la clameur de la foule je me faufilais avec précaution car le rhum coulait à flot et les esprits étaient échauffés. On déplorait quelques lynchages car on réglait ses comptes et il ne faisait pas bon avoir pactisé avec l'ennemi. Les boutiques étaient dévastées , on ne voulait plus des syriens qui faisaient du commerce. Les statues étaient renversées , à mort les anciennes icônes! Je jugeais plus prudent de rentrer chez moi en attendant que les évènements se tassent et qu'on commence à y voir clair. Des fractions armées contestaient le nouveau gouvernement et se promener les soir devenait risqué. Les communautés se rassemblaient autour des lieux de culte de la ville et des murs s'étaient déjà dressé pour mieux les séparer. La télévision et la radio étaient muette car comme tout le monde voulait s'en emparer , certains avaient cru bon de les dynamiter tout bonnement. Le pays était en pleine effervescence et des barrages avaient été établi , on devait payer pour passer. L'électricité et l'eau commençaient à manquer. Demain serait sûrement un jour meilleur!t